Textile marocain : croissance encourageante début 2023 malgré des défis économiques persistants
L'industrie textile marocaine se porte bien en ce début d'année 2023, malgré une conjoncture compliquée liée à la baisse des commandes et la détérioration du pouvoir d'achat sur les marchés internationaux. Pour renforcer sa résilience, l'industrie cherche à diversifier ses marchés et à renforcer sa compétitivité et son intégration locale.
L’année 2023 démarre de manière positive pour l’industrie textile, affirme le président de l’Association marocaine de l’industrie du textile et de l’habillement (AMITH), Anass El Ansari, à Médias24.
Comme le confirment les chiffres des échanges extérieurs de l’Office des changes, les exportations marocaines de textile et cuir ont connu un bond de 15% lors des deux premiers mois de 2023 par rapport à la même période de l’année précédente.
"Il est vrai que le dernier trimestre de 2022 a été marqué par une faible croissance due à la baisse des commandes, mais cette situation a été compensée par la reprise des commandes en provenance d’autres clients et de nouveaux marchés", explique-t-il.
En effet, comme nous l’avait expliqué le président de l’AMITH dans une interview en janvier dernier, malgré la progression importante des exportations sur toute l’année 2022 (+21%), le dernier trimestre a été marqué par une très faible croissance. Celle-ci s’explique par une baisse des commandes du groupe Inditex, le principal donneur d’ordre de l’industrie textile marocaine, justifiée par une "politique d’achat plus prudente face à la baisse de consommation en habillement à l’échelle internationale", comme nous l’indiquait Anass El Ansari.
La conjoncture internationale jette un doute sur les perspectives de 2023
Malgré cette hausse des exportations enregistrée en ce début d’année, les perspectives pour l’année 2023 ne sont pas roses selon le président des acteurs du textile. "Le secteur connaît actuellement une période difficile, marquée par une baisse des commandes et des ventes. Cette situation est aggravée par l’augmentation des stocks chez les principaux acheteurs étrangers, en raison de la faible demande des consommateurs qui réduisent leurs achats à cause de l’inflation", signale-t-il.
"Il est donc difficile de prédire les perspectives pour l’année en cours. Pour faire face à cette situation, l’accent sera mis sur la flexibilité des usines en termes de volumes de commandes, ainsi que sur la rapidité en matière de production et de livraison. Le Maroc, qui fait partie des pays du bassin méditerranéen, dispose des atouts nécessaires pour répondre à cette mutation de la demande", poursuit-il.
"De plus, l'industrie textile marocaine a démontré au fil du temps sa capacité à créer, à se développer et à livrer une qualité reconnue de produits, que ce soit au niveau national ou à l'international, ce qui en fait aujourd'hui une plateforme de référence dans l'approvisionnement mondial", insiste-t-il.
Mais d’après lui, malgré cette conjoncture difficile, il existe des signes encourageants, laissant ainsi présager une relance de l’investissement dans le secteur textile. "Le gouvernement marocain, sous les directives du Roi Mohammed VI, a mis en place plusieurs mesures pour stimuler l'investissement, notamment dans l’industrie. Nous savons tous que l'investissement dans l'amont dans le secteur du textile est crucial pour renforcer la compétitivité et la souveraineté industrielle du Maroc dans ce domaine, ainsi que pour réduire la dépendance aux importations des intrants", déclare-t-il.
"De plus, il y a un intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le secteur textile marocain, avec des marques mondiales qui cherchent à réduire leur dépendance aux fabricants asiatiques. Enfin, les acteurs locaux du secteur textile ont également pris des initiatives pour encourager l'investissement", conclue-t-il.
L’AMITH vise plus de compétitivité pour l’industrie textile
Dans ce contexte, l’AMITH se donne comme priorités le renforcement de la souveraineté industrielle, l’investissement dans l’intégration du secteur, le renforcement de sa compétitivité, l’extension sur de nouveaux marchés internationaux et la formation dans les nouvelles technologies qui transforment l’industrie.
"L'AMITH poursuit son engagement à soutenir la souveraineté industrielle du Maroc et à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations textiles. L'objectif est de développer l'industrie textile marocaine pour la rendre plus compétitive, tout en créant des emplois locaux", souligne Anass El Ansari .
"En effet, le développement des exportations est un pilier essentiel de l'industrie textile marocaine. L'AMITH travaille pour conquérir de nouveaux marchés et de nouveaux clients. Cette stratégie permet de stimuler la croissance des exportations et de diversifier les marchés, tout en renforçant la position de leader du Maroc dans le bassin méditerranéen."
"La promotion de la formation et du développement des compétences est également une priorité pour l'AMITH. Le secteur textile évolue rapidement, notamment avec l'avènement des nouvelles technologies. Il est donc crucial de former les collaborateurs du secteur pour qu'ils puissent suivre le rythme des changements technologiques et rester compétitifs sur le marché mondial."
"Par ailleurs, l'AMITH s'engage à développer l'industrialisation et l'intégration du secteur. Il est important de renforcer l'ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production de matières premières jusqu'à la fabrication des produits finis. Enfin, l'AMITH travaille également à faciliter l'implantation et la régionalisation du secteur, notamment dans les provinces du Sud marocain", conclue le président de l’AMITH.
Reprise du secteur textile, concurrence étrangère, informel... Le point avec Anass El Ansari (AMITH)
À découvrir
à lire aussi
Article : Bilan de fin de saison. Fortunes diverses, mais dynamique positive pour les internationaux marocains
Alors que la majorité des championnats touchent à leur fin, les internationaux marocains ont pour la plupart signé des saisons de haute volée. Un constat qui s’applique également à ceux qui n’ont rien gagné, mais dont les prestations ont été unanimement saluées. De bon augure en perspective du Mondial 2026.
Article : Criquets pèlerins aux portes du Souss : quel risque pour l'agriculture ?
Ils sont jaunes, parfois rosâtres, et inquiètent les agriculteurs du Souss. Des criquets pèlerins ont été observés à proximité des champs agricoles de Chtouka Aït Baha. Voici ce qu'il faut savoir sur la situation.
Article : En 2025, l’aggravation du déficit extérieur en biens et services retire 3,8 points à la croissance
Au-delà de la sécheresse, la croissance au Maroc est aussi affaiblie par une fuite importante de la demande vers les importations. En 2024, le solde extérieur a retiré 2,5 points à la croissance. En 2025, selon nos calculs, cette perte atteint 3,8 points. Une partie de l’effort d’investissement et de consommation se transforme ainsi en production étrangère, plutôt qu’en valeur ajoutée locale.
Article : Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché
Avec plus de 11% du MASI et une contribution de +656 points de base depuis le début de l’année, les minières prennent une place centrale dans les mouvements de la Bourse de Casablanca.
Article : SkyStriker : le drone “précis, silencieux et mortel” rejoint l’arsenal des FAR
Précis, silencieux et dopé à l'intelligence artificielle, ce nouveau vecteur de frappe à bas coût renforce considérablement la résilience et la réactivité du dispositif de défense marocain.
Article : GST Rabat-Salé-Kénitra : un budget de 1,8 milliard de DH en 2026, le CHU Ibn Sina au cœur des investissements
Un budget 2026 estimé à plus de 1,8 milliard de DH traduisant l’ampleur des investissements engagés dans la région Rabat-Salé-Kénitra, un démarrage progressif du CHU Ibn Sina prévu en deux phases avec une montée en charge, et une feuille de route sanitaire qui vise à réduire les disparités territoriales et à renforcer l’offre de soins.