La transformation de l'ONDA en S.A. est dans le pipe, voici à quoi ressemblera le nouvel ensemble
Selon une source autorisée, la forme actuelle de l’Office, qui ne répond plus à ses besoins croissants de développement, passera bientôt à celle de société anonyme. Ce changement qui devrait être effectif d’ici 2024 permettra de filialiser la gestion de ses aéroports pour les rendre plus rentables, tout en gardant le contrôle des activités souveraines comme la sécurité et le contrôle aérien.
Lors de la récente présentation au Parlement d’un point d’étape des activités de l’Office national des aéroports (ONDA) devant la Commission des infrastructures, la directrice générale, Habiba Laklalech, est revenue sur les raisons de la future transformation de l'Office en société anonyme et sur les avantages du changement de statut.
L’occasion de solliciter une source autorisée qui a rappelé à Médias24 que le discours royal d’octobre 2010 avait appelé à une réforme profonde des entreprises publiques comme l’ONDA, pour qu’elles puissent agir comme un levier de développement, sous la supervision de la nouvelle Agence des participations de l’Etat, chargée du suivi de leurs performances.
Objectifs fondamentaux de la loi-cadre 50-21 relative à la réforme des EEP
S’inscrivant dans la loi-cadre 50-21 relative à la réforme des entreprises et établissements publics, la future transformation en société anonyme de l’ONDA lui permettra de "rationaliser ses dépenses, d’améliorer sa gouvernance, de renforcer ses performances et enfin de développer ses ressources".
En outre, le désengagement d’activités qui ne relèvent pas directement ou indirectement de ses missions principales devrait également ouvrir la voie à la mutualisation de ses moyens, dans une perspective d’amélioration de la qualité, de rationalisation des charges et d’accroissement de ses performances.
Selon notre source proche de ce dossier de changement de statut, le scénario en cours d’approfondissement, qui devra être validé par le Parlement, consistera à transformer l’Office actuel en une société anonyme à isopérimètre d’activité qui sera toujours contrôlée par l’Etat, avec une ouverture éventuelle de son capital à des fonds publics, et une filialisation des grands aéroports et de certaines activités qui permettra d’ouvrir leur capital à des fonds privés.
“Des fonds publics souverains seront autorisés à investir dans la future société anonyme”
"Alors que du fait de la lourdeur des nombreuses procédures administratives d’un établissement public, l’Office national des aéroports commençait à s'essouffler et qu'il était même arrivé à ses limites, la priorité de Habiba Laklalech a été de préparer le changement statutaire de l’ONDA dont le capital pourra, à l'avenir, être ouvert à des fonds (uniquement) publics souverains comme le Fonds Hassan II ou le nouveau Fonds Mohammed VI", nous révèle notre interlocuteur avant d’expliquer pourquoi le secteur privé ne peut pas y investir.
Cette restriction à des fonds publics découle de certaines activités de l’ONDA, comme la surveillance des entrées et sorties des aéroports ou la sécurité du contrôle aérien, qui relèvent directement de la souveraineté de l’Etat et ne peuvent être confiées à des sociétés privées.
“Des investisseurs privés marocains ou étrangers pourront entrer dans le capital des aéroports”
A contrario, une fois transformé en société anonyme, l’ONDA aura le droit d’avoir des filiales, comme par exemple ses aéroports, dont le capital pourra être ouvert à des fonds privés aussi bien locaux qu’internationaux.
En effet, comme il ne s’agira que de gestion et de rentabilité financière, rien ne pourra s'opposer à ce que des entreprises spécialisées entrent dans le tour de table de ces aéroports.
C'est la raison pour laquelle une réflexion a été initiée par la directrice générale pour faire en sorte de transformer les grands aéroports du Maroc en business unit ou centre de profit, avec à la tête de chacun d’eux un responsable chargé de le développer financièrement pour mieux le rentabiliser.
L’objectif étant de doter les directeurs des grands aéroports internationaux de plus de souplesse et de marge de manœuvre. Ils pourront ainsi décider des choix stratégiques de gestion (masse salariale…), mais pas de la sécurité qui continuera à relever des attributions de l’Etat.
De manière non exhaustive, ces futurs dirigeants auront une autonomie accrue pour promouvoir certaines lignes aériennes et pour s’impliquer davantage dans la réalisation des programmes d’investissement.
“Les grands aéroports internationaux deviendront des centres de profit”
Cela dit, leurs décisions de gestion devront tenir compte des orientations stratégiques top down et de la vision opérationnelle bottom up afin d'être en mesure de créer une cohésion totale autour des actes de gestion et des objectifs de l’ONDA, mais aussi pour prendre pleinement en considération les contraintes émanant du terrain.
Cette transformation institutionnelle permettra à l’ONDA de se réinventer dans le cadre d’un nouveau business model à même de réaliser ses ambitions, de relever ses défis, de développer son agilité et, enfin, de jouer un rôle stratégique dans le développement économique et social du pays.
Le dernier conseil d’administration de l’Office a d’ailleurs donné son feu vert pour que l’aéroport international de Marrakech devienne le premier pilote de la transformation à venir en business unit.
Sachant qu’en théorie, un aéroport international qui accueille au moins un million de passagers par an peut devenir rentable, l’objectif de cette filialisation sera justement de développer la rentabilité d'un maximum d'aéroports marocains, à l’image de ceux de Casablanca et Marrakech qui sont déjà lucratifs.
Changement statutaire à l'automne ?
Sur le délai nécessaire pour transformer l’Office en société anonyme, notre source avance que le projet de changement statutaire, qui nécessitera une nouvelle loi, sera finalisé sous peu par le ministère de tutelle (Transport), puis adopté par le Parlement, dans l’idéal lors de la prochaine session d’automne qui commencera en octobre 2023.
La conséquence directe de ce changement statutaire sera que son conseil d’administration, jusqu’ici dirigé par le ministre du Transport, sera alors présidé par la directrice générale, à l’instar de la RAM qui est régie par la loi 17-95 relative aux sociétés anonymes.
Logiquement, Habiba Laklalech devrait devenir le PDG de la future entité qui changera certainement d’appellation juridique après sa transformation en société anonyme, dont les objectifs seront d’améliorer le développement commercial, la gouvernance et l’efficacité du contrôle financier de l’Etat, mais aussi l'excellence opérationnelle.
Une autre source ministérielle nous a confirmé que le calendrier du changement de statut, qui nécessitera le vote d’une loi au Parlement, dépendra des priorités législatives des élus, mais que l’ONDA devrait se transformer en société anonyme au plus tard à l’horizon 2024…
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