Mobilité : l’hydrogène vert bien parti pour doubler l’électrique dans la course à la durabilité
Nombreux sont les spécialistes des énergies renouvelables et experts en mobilité qui estiment que l'hydrogène vert fait partie de l'une des principales solutions d'avenir pour la mobilité de demain.
"L’enjeu de notre siècle est de produire massivement de l’hydrogène bas carbone". Cette assertion est du Franco-Marocain Faouzi Annajah, président-fondateur de NAM-X. Une startup qui a lancé en mai 2022 le prototype d’une voiture SUV roulant avec des capsules à hydrogène. L’intervention du jeune entrepreneur, lors du panel intitulé L’hydrogène vert, enjeu prioritaire pour le Maroc, à l’occasion de la 5e édition de l’Industry Meeting Days qui s’est déroulée les 28 et 29 avril 2023 à Tanger, a permis à l’assistance de mieux cerner les enjeux inhérents à la mobilité et à l’hydrogène vert.
L’avantage comparatif du Royaume
"La production d’un kg d’hydrogène, qui permet de parcourir 100 km en voiture, génère 10 kg de co2, ce qui très préjudiciable pour l’environnement. Tout l’enjeu est de produire massivement l’hydrogène bas carbone, issu d’énergies renouvelables. Le Maroc est bien parti pour constituer une partie de la solution à ce niveau", a déclaré le jeune entrepreneur, âgé d’une trentaine d’années seulement, qui nourrit l’ambition de produire une partie de la voiture de série dans une usine marocaine.
En termes d’opportunités et de bon positionnement du Royaume, Saïd Mouline, directeur général de l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE) abonde dans le même sens. "Aujourd’hui, 1,6% de l’énergie consommée au niveau mondial provient de l’hydrogène (gris). L’hydrogène vert constitue une alternative, car les énergies renouvelables sont devenues très compétitives. Le Maroc affiche un prix exceptionnel du kWh de l’énergie verte, en raison de son grand potentiel solaire et éolien", a rappelé le patron de l’AMEE.
En 2030, les bateaux fonctionneront à l'hydrogène et aux carburants verts
Aujourd’hui, l’utilisation de l’hydrogène, dont la marge de progression est encore grande, est une réalité, avec un marché qui pèse près de 70 millions de tonnes. Toutefois, 95% de cette production sont d’origine fossile. "En 2030, les bateaux fonctionneront à l’hydrogène et aux carburants verts. A l’Exposition Universelle de Dubaï (2020), des avions de 2050 qui fonctionneront à l’électricité (avions régionaux) et d'autres avions hypersoniques à hydrogène avaient été exposés", a rappelé Mouline.
Le directeur général de l’AMEE est persuadé que les produits énergétiques verts (y compris l’hydrogène vert) permettront au Maroc de réduire drastiquement sa facture énergétique, laquelle a culminé à 15 milliards de dollars d’importations de produits énergétiques en 2022. D’ailleurs, OCP a résolument décidé de prendre le lead dans la production de dérivés d’hydrogène vert en projetant une production d'un million de tonnes d’ammoniac vert en 2027 et de 3 millions de tonnes d’ici 2032. Une telle initiative affranchira le leader mondial des phosphates, des contraintes inhérentes à la forte dépendance étrangère (Russie et Trinité-et-Tobago).
Par ailleurs, au registre des gains projetés, rappelons que la feuille de route nationale portant sur l’hydrogène vert relève en substance : "Les revenus annuels indicatifs associés à la demande pourraient atteindre, dans le scénario optimiste, jusqu’à 22 milliards de dirhams en 2030, et 330 milliards de dirhams en 2050, en valorisant l’hydrogène vert et ses dérivés au prix de leurs alternatives conventionnelles."
Il ressort des échanges et des différentes interventions que l’hydrogène vert constituera, à terme, l’une des solutions de choix à même de réduire l’empreinte de la mobilité sur le réchauffement climatique. Et ce, face aux contraintes de l’électrique dont le fonctionnement est jusque-là assuré par les batteries, et dont la fabrication nécessite l’utilisation des métaux rares tels que le cobalt, le nickel, le manganèse et le lithium.
Au final, le foisonnement des partenariats nationaux et internationaux, la volonté politique ainsi qu'une forte implication des instituts de recherche et du monde universitaire (IRESEN, UM6P, Fondation MAScIR, etc.) et celle des milieux d'affaires, permettront au Maroc de compter parmi les leaders de l’hydrogène vert de demain.
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