Aïd al-Adha : selon les professionnels, l'offre sera suffisante et les prix en hausse de 10% à 15%
Contrairement aux rumeurs sur les réseaux sociaux, Aïd al-Adha sera bel et bien maintenu cette année selon nos interlocuteurs. À ce jour, près de 4 millions de têtes ont déjà été identifiées. Ce chiffre atteindra 6 à 7 millions de têtes. Les prix pourraient connaître une hausse de 10% à 15% maximum.
- Il n'y a aucune inquiétude à avoir quant à la disponibilité du cheptel destiné à l'abattage.
- L'offre dépassera la demande selon les professionnels du secteur.
- Le cheptel national est en bonne santé et les contrôles de l'ONSSA se poursuivent avant Aïd al-Adha.
L’opération d’identification des ovins et caprins destinés à Aïd al-Adha, menée par le ministère de l’Agriculture en coordination avec la Fédération interprofessionnelles des viandes rouges (FIVIAR) et l’Association nationale ovine et caprine (ANOC), est toujours en cours. "Près de 3,8 millions de têtes ont déjà été identifiées à ce jour", apprend-on auprès de l’ANOC.
"Nous sommes proches d’atteindre 4 millions de têtes", ajoute notre source, notant que "l’identification se poursuit à raison d’environ 100.000 têtes par jour. L’ANOC enregistre à elle seule environ 60.000 têtes par jour, en plus de 40.000 à 50.000 têtes par la FIVIAR".
L’offre dépassera le besoin
"En dix jours, nous atteindrons un million de têtes supplémentaires", ajoute notre source. "Il n’y aura donc pas d'inquiétude à avoir, sachant que la consommation s’établit entre 5,2 et 5,4 millions de têtes, selon les années."
"Une quarantaine de jours nous séparent de Aïd al-Adha. L’opération d’identification s’achève environ dix jours avant. D’ici là, si nous faisons le calcul, nous atteindrons 3 millions de têtes supplémentaires. L’objectif minimal est d’atteindre 2 millions de têtes supplémentaires."
"L’offre sera donc suffisante", rassure notre interlocuteur. "Elle tournera autour de 6 à 7 millions de têtes."
Ainsi, "malgré toutes les problématiques du secteur des viandes rouges, relatives notamment à la hausse des prix des aliments composés, des rumeurs autour du maintien de Aïd al-Adha et des importations, les éleveurs prennent le risque d'investir et de poursuivre leur activité".
Rappelons par ailleurs que le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a rassuré le lundi 8 mai en séance plénière de la Chambre des représentants quant à la tenue du sacrifice, déclarant qu’elle aura bel et bien lieu.
L’état de santé du cheptel est bon
Notre interlocuteur souligne toutefois que certaines bêtes ne sont pas encore numérotées. "Certains éleveurs n’ont pas encore identifié leur cheptel, ou refusent de le faire. Dans ce sens, l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a adressé des circulaires aux walis et gouverneurs pour sensibiliser ces éleveurs et resserrer le contrôle, l’objectif étant d’éviter de fausser les calculs de l'Office en termes de disponibilité."
Notre interlocuteur au sein de l’ANOC rassure également sur la qualité des bêtes. "Il y a de la disponibilité, et l’état de santé du cheptel national est bon."
Notons que parallèlement à l’opération d’identification du cheptel, l’ONSSA contrôle le fourrage, les médicaments utilisés au niveau des unités d’élevage, l’eau destinée à l’abreuvement et l’opération de transport des fientes de volaille.
Les importateurs confrontés à une hausse des prix
En ce qui concerne l’opération d’importation des ovins, "elle est toujours ouverte, mais les importateurs sont confrontés à une hausse des prix, lesquels dépassent même ceux pratiqués au Maroc".
"Les producteurs en Espagne, par exemple, ont augmenté leurs prix de 1 à 2 euros par kilogramme, après l’annonce par les médias locaux de l’intention du Royaume d’importer un million de têtes d'ovins pour l’Aïd."
"En réalité, la production nationale est suffisante. L’importation servira à se préparer à toute éventualité. En plus, contrairement à l’an passé, les Marocains résidant à l’étranger (MRE) ne seront pas encore rentrés. Généralement, ils n’arrivent au Maroc qu’à partir de juin."
"Par ailleurs, il ne reste plus beaucoup de temps pour en importer autant. L'opération d’importation n’est pas facile. Elle nécessite du temps et plusieurs contrôles. Les importateurs doivent respecter les mesures sanitaires du pays exportateur ainsi que celles du Maroc, en plus des analyses à effectuer et de la mise en quarantaine."
Quid des prix ?
"Pour l’instant, tout ce que l’on peut dire, c’est que les prix pourraient connaître une augmentation de 10% à 15% au maximum. Je viens à peine de recevoir les prix de différents souks, et les augmentations par tête sont légères par rapport aux prix habituels."
"A titre d’exemple, le prix de l'agneau peut varier entre 400 et 800 DH par tête, selon son poids. Il y a également des chevreaux qui coûtent 800 DH par tête."
"A ce jour, nous ne pouvons pas encore nous prononcer sur le prix au kilogramme des différentes races les plus consommées", conclut note interlocuteur.
Rappelons que le ministre de l'Agriculture, Mohammed Sadiki, table, lui, sur une baisse des prix à l’approche de l’Aïd.
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