Les détails du premier appel à projets lancé par la Banque allemande de développement au Maroc
Ouvert aux entreprises privées, aux entités publiques et aux organisations à but non lucratif, ce mécanisme prévoit l’octroi de subventions sous forme de dons, d’un montant allant de 1 à 10 millions d’euros par projet. Une première étape de sélection sera ouverte du 1er au 30 juin 2023.
La Banque allemande de développement (KfW) et sa filiale, la Facilité Investissements pour l’emploi (IFE), ont annoncé, jeudi 25 mai, le lancement officiel de leur premier appel à propositions de projets d’investissement créateurs d’emplois stables et de qualité au Maroc.
"Cette initiative, qui opère sous l’appellation Invest for Jobs, concerne, outre le Maroc, sept autres pays partenaires : la Côte d’Ivoire, l’Égypte, l’Éthiopie, le Ghana, le Rwanda, le Sénégal et la Tunisie. Elle est déployée par le ministère allemand de la Coopération économique et du développement à travers deux principales institutions : la GIZ, qui assure l’assistance technique, et la KfW, qui s’occupe de l’appui financier", explique à Médias24 Hicham Chahir, directeur pays Maroc et Sénégal de l’IFE.
Objectif : contribuer à supprimer les barrières à l’investissement et à créer des emplois et des formations de qualité.
Cet appel à propositions de projets s’adresse à tous les acteurs : entreprises privées, entités publiques et organisations à but non lucratif, aussi bien en tant qu’entité individuelle que dans le cadre d’un consortium. "Il n’y a pas de secteur préférentiel, l’alpha et l’oméga de ce programme étant la création d’emplois", précise Hicham Chahir.
Critères d’éligibilité
Quatre catégories de projets sont éligibles :
- des projets à but non lucratif ayant un impact sur la création d’emplois ne générant pas de revenus, dont le coût total d’investissement est couvert jusqu’à 90% par l’IFE ;
- des projets à but non lucratif ayant un impact sur la création d’emplois générant des revenus (couverture à hauteur de 75% des coûts par l’IFE) ;
- des projets à but lucratif ayant un impact plus large sur la création d’emplois (couverture à hauteur de 35% des coûts par l’IFE) ;
- des projets à but lucratif ayant un impact sur la création d’emploi (couverture à hauteur de 25% des coûts par l’IFE).
Les subventions proposées par l’IFE vont de 1 à 10 millions d’euros par projet. Tout candidat est tenu d’apporter des fonds propres afin de compléter le financement du projet. Le pourcentage requis de contribution propre est défini en fonction de la catégorie du projet. Les décaissements de l’IFE sont effectués pendant la phase d’investissement et sous réserve de la réalisation d’étapes prédéfinies.
"Nous nous basons sur trois critères pour la sélection des projets : les critères de conformité (ex : le candidat doit être en activité pendant une période d’au moins trois ans), les critères qualitatifs (la maturité du projet ; l’IFE cherche en effet à identifier des projets qui sont à un stade avancé de préparation et sont prêts à être lancés, dans un délai qui ne dépasse pas les 24 mois) et les critères quantitatifs (ex : plus le projet est générateur d’emplois, plus il a de chances d’être retenu)", souligne Hicham Chahir.
"Nous prenons également en considération la condition de l’additionnalité. La subvention de l’IFE doit être nécessaire pour la mise en œuvre du projet. Le candidat doit démontrer qu’il a essayé, sans succès, d’obtenir les fonds requis. La subvention de l’IFE ne remplace donc pas, mais complète d’autres options de financement disponibles pour le candidat", poursuit notre interlocuteur.
Le potentiel minimum de création d’emplois est fixé à 125 nouveaux emplois par subvention de 1 million d'euros. Notons que la IFE n’a pas arrêté un seuil de sélection. "Nous n’avons pas fixé de quotas. Nous sélectionnerons tous les projets prometteurs. L’enjeu, c’est d’avoir des propositions de projets de qualité", conclut notre interlocuteur.
Processus de candidature
Le processus de sélection compétitif sera ouvert du 1er au 30 juin 2023 sur une plateforme électronique dédiée. Lors de cette première étape, les candidats soumettent une note de concept en utilisant le système de candidature en ligne. Les concepts doivent être à un stade avancé de la planification. Le processus est ouvert aux soumissionnaires individuels et aux consortiums de candidats.
Ces derniers doivent être enregistrés soit dans un pays d’Afrique, de l’Union européenne ou de l’Association européenne de libre-échange (AELE). Pour chaque candidature, au moins un partenaire doit être enregistré dans le pays partenaire, en l’occurrence au Maroc. La première étape s’achève par une présélection des candidatures les plus prometteuses.
Dans le cadre de la deuxième étape, dont le délai est fixé à 45 jours, les candidats présélectionnés sont invités à soumettre des propositions de projets complètes. Ils doivent démontrer en détail comment le financement sera utilisé, quelles seront leurs propres contributions et quelles mesures de mise en œuvre sont prévues pour garantir la création d’emplois et de places de formation. L’IFE proposera ensuite un contrat de financement aux candidats lauréats.
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