Le plan d'action déployé par l'ONSSA contre la maladie des fruits bruns et rugueux de la tomate
L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires a élaboré un plan d’action pour la prévention et la lutte contre la maladie des fruits bruns et rugueux de la tomate (ToBRFV), tout au long du processus de production.
Dans le Souss, les producteurs de tomates s'inquiètent de la prolifération d'un virus qui impacte la croissance des cultures. Apparue pour la première fois au Moyen-Orient en 2014, la maladie des fruits bruns et rugueux de la tomate (ToBRFV) a été détectée au Maroc en octobre 2021, notamment dans la région de Souss-Massa.
Il s'agit d'une maladie qui "n’est transmissible ni à l’homme ni à l’animal, et dont la consommation des fruits n’a aucun effet sur la santé humaine et animale", nous précise d'emblée l’ONSSA. Si la santé humaine ou animale n'est pas concernée, il y a toutefois un risque sur les cultures.
Des mesures préventives mises en place en 2018
Dès 2018, l’ONSSA avait mis en place des mesures phytosanitaires pour empêcher l’introduction et la dissémination du ToBRFV dans le pays, nous explique l'Office en réponse à nos questions à ce sujet.
Parmi les mesures, limiter l'importation des semences des plantes hôtes (tomate, poivron, piment) uniquement à partir de pays ou de zones indemnes. En outre, des analyses des semences à importer ont été effectuées "dans le pays d’origine" et même au "niveau des points d’entrée au Maroc pour celles importées", assure l'ONSSA à Médias24.
En 2019, ces actions ont été renforcées par l’instauration du contrôle analytique systématique à l’importation des semences, l’analyse des stocks de semences au niveau national et l’obligation d’obtenir l’autorisation ou le bulletin d’analyse de l’ONSSA avant le semis.
Un plan d'action depuis 2021
En dépit de ces mesures, le virus a réussi à toucher le Maroc comme d'autres pays dans le monde. Depuis 2021, date de sa détection dans le Royaume, l’ONSSA a renforcé la surveillance dans la région de Souss-Massa pour éviter la dissémination de cette maladie spécifique aux plantes.
Parmi les actions entreprises par l’Office, la sensibilisation des opérateurs concernés et l’élaboration et la diffusion d’un plan d’action pour la prévention et la lutte contre ce virus tout au long du processus de production.
Ces mesures reposent sur l’application des règles d’hygiène et de biosécurité, aussi bien au niveau des pépinières, des sites de production que des stations de conditionnement. Sans oublier la mise en place d’un système de traçabilité.
Le plan d’action à déployer pour freiner cette maladie se décline comme suit :
- désinfecter les structures et les installations avant la période de production par des produits virucides ;
- respecter un vide sanitaire d’au moins 3 mois après la fin de la période de production ;
- utiliser les semences contrôlées par l’ONSSA et d’origine connue (variété et porte-greffe) ;
- appliquer les mesures d’hygiène à toutes les étapes de production en s’inspirant des bonnes pratiques appliquées aux semences et plants (GSPP) ;
- désinfecter régulièrement les mains et les outils de travail par des produits virucides ;
- instaurer un système d’autocontrôle analytique des lots de production (les semences de variétés et de porte-greffe et les plants) ;
- limiter et contrôler l’accès des personnes et du matériel aux différentes zones de production ;
- affecter une tenue de travail au personnel et procéder à sa désinfection régulièrement ;
- attribuer un équipement de protection propre ou jetable (blouses, charlottes, gants, etc.) au personnel et à tout visiteur pour accéder aux serres ;
- installer des rotoluves à l’entrée de la pépinière et des pédiluves à l’entrée des différentes zones de production avec des produits virucides autorisés et veiller à leur entretien régulier ;
- arracher et enfouir in situ les plants infestés dans une fosse préparée à cet effet, et les couvrir d'une couche de chaux vive et d'une couche du sol ;
- détruire in situ du paillage, de la ficelle et tout autre matériel ayant été en contact avec la culture et éliminer les substrats hors sol par enfouissement.
Dans les serres de Chtouka, les producteurs pris en étau entre rareté de l’eau et virus de la tomate
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