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ECONOMIE

L’organisation de la Coupe du monde 2030 coûterait au Maroc entre 50 et 60 MMDH (étude)

Le document intitulé "Candidature Coupe du monde 2030 : impacts budgétaires et marchés financiers", rendu public par Sogécapital Gestion, décortique, outre les implications macroéconomiques et financières, les points forts de la candidature ibéro-marocaine, les zones à risque ainsi que les impacts sectoriels liés à l'organisation de la compétition internationale.

L’organisation de la Coupe du monde 2030 coûterait au Maroc entre 50 et 60 MMDH (étude)
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Le 16 juin 2023 à 16h57 | Modifié 16 juin 2023 à 17h02

Sur le plan méthodologique, il est précisé que les informations contenues dans le nouveau document proviennent de sources publiques sélectionnées par Sogécapital Gestion.

"Pour l’édition de 2030 de la Coupe du monde, nous avons essayé de quantifier l’enveloppe budgétaire que le Royaume devra mobiliser pour faire face à ces investissements, intégrant un certain nombre d’hypothèses, notamment celles relatives à la modernisation des normes de construction, aux eff­ets de l’inflation, et aux attentes plus importantes en termes de budget suite à l’édition de Qatar 2022", indique la documentation de la société de gestion d’actifs.

Coût d’organisation : entre 15 et 20 milliards de dollars pour le trio Maroc-Espagne-Portugal

"Sur la base du déroulement du match d’ouverture au Maroc, celui de la finale en Espagne et de 30 matchs disputés dans le pays (Rabat, Casablanca, Tanger et Marrakech), et en tenant compte de la moyenne du coût d’organisation d’une Coupe du monde, et de nos prévisions, ce dernier pourrait se situer entre 15 et 20 milliards de dollars pour le trio Maroc-Espagne-Portugal", lit-on dans le le document.

Selon la même source, la part du Maroc dans ce budget d’organisation se situera aux alentours de 5 à 6 milliards de dollars (soit entre 50 et 60 milliards de DH). Sur le volet du financement, il est mentionné que le coût total d’organisation serait pris en charge à hauteur de 23 MMDH par le Budget de l’Etat (2024-2030), 17 MMDH par les entreprises publiques et 10 MMDH par les autres financements.

Notons que les auteurs de la publication suggèrent que le financement des projets relatifs à l’infrastructure et au réseau de transport serait supporté par les SEGMA (ADM, ONDA, ONCF) à travers des crédits bancaires et/ou recours au marché de la dette privée. En ce qui concerne les autres financements, le rapport mentionne en substance que des prêts concessionnels extérieurs et des dons et aides d’autres pays pourront permettre de financer les autres coûts inhérents à l’organisation.

Dégradation du compte courant

Au niveau du solde budgétaire, la source susmentionnée fait savoir que le financement de ce solde sera, en principe, sans pression haussière sur les taux sur l’horizon 2024-2030.

En clair, il ressort de l’analyse de Sogécapital Gestion que le solde budgétaire pourrait se détériorer légèrement, mais que le financement se fera sans pression supplémentaire sur les finances publiques.

En revanche, pour le compte courant, les auteurs de la documentation estiment que le déficit devrait se creuser sur l’horizon 2030, en lien avec l’augmentation des importations de produits finis et semi-finis (aux alentours de 25 MMDH, soit 1,5% du PIB).

L’organisation de la compétition internationale est également propice à la demande de crédits bancaires, et donc au secteur bancaire, à travers le financement de projets de construction et d’infrastructure.

Points forts et zones à risque

La proximité géographique des trois pays et la similitude du fuseau horaire font partie des points forts de la candidature commune du Maroc, de l’Espagne et du Portugal, selon les auteurs du document cité plus haut.

L’expertise de l’Espagne en matière d’organisation d’une Coupe du monde est considérée par Sogécapital Gestion comme un bon point. De plus, les trois pays, qui représentent des destinations touristiques, sont bien dotés en capacité hôtelière.

Notons également que la candidature tripartite a déjà suscité le soutien de la CAF et de l'UEFA.

Au niveau des zones à risque, les auteurs du document évoquent le risque de perte de voix de certains pays arabes et européens, en cas de candidature du trio composé de l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Grèce, ou encore celle du quatuor Argentine, Paraguay, Uruguay et Chili pour la célébration des cent ans de la Coupe du monde en Uruguay.

Impacts positifs sur le BTP, le tourisme et les télécoms

Au registre des impacts positifs de la candidature ibéro-marocaine, notons que la publication de la société de gestion d'actifs fait observer que le secteur du BTP sera drivé pendant plusieurs mois, voire des années par les projets d’envergure (stades, infrastructures, routes, etc.), renforçant ainsi le taux d’utilisation des opérateurs.

"Les capacités installées pour la production de ciment (22 Mt contre 14 Mt de consommation actuelle) et de fer à béton seraient suff­isantes pour satisfaire la demande", prédit-on. Selon la même source, les diff­érents projets devront accroître le carnet de commandes des sociétés du BTP cotées en bourse (Aluminium du Maroc, TGCC, Jet Contractors, etc).

"Une grande partie des 50 MMDH du coût d’organisation devraient se diriger vers le secteur des BTP (construction des stades, centres...)", mentionnent les rédacteurs du document précité. À titre indicatif, précisons que ce sont 40.000 tonnes de ciments qui sont nécessaires pour la construction d’un stade d’une capacité moyenne de 40.000 places.

L’autre secteur qui tirerait profit de l’organisation de la Coupe du monde 2030 est le tourisme. Selon les projections de la société de gestion d’actifs, le secteur touristique marocain, sur le court et moyen terme, bénéficierait d’un flux de touristes significatif lors de l’année de la compétition et des années qui suivront. Sogécapital Gestion table sur une amélioration de l’off­re hôtelière nationale pour atteindre les objectifs du secteur touristique à moyen et long terme, avec 100.000 lits supplémentaires et 120 MMDH de recettes pour l’année 2030.

En conclusion, il ressort du rapport de Sogécapital Gestion que le secteur des télécoms également bénéficierait de l’organisation de la Coupe du monde 2030 à travers la hausse du trafic voix et data, et une amélioration des taux de pénétration au niveau national. Des investissements pour l’extension et l’amélioration des infrastructures réseau du pays ainsi que l’accélération de la mise en place de la 5G seraient profitables au secteur des télécoms.

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Le 16 juin 2023 à 16h57

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