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Round up. Comment les besoins en eau potable du Grand Casablanca ont été assurés

L’approvisionnement en eau potable du Grand Casablanca à l’occasion de Aïd al-Adha et de la saison estivale est garanti, affirment Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’eau, et Abderrahim El Hafidi, directeur général de l’Office national de l’électricité et de l'eau potable.

Round up. Comment les besoins en eau potable du Grand Casablanca ont été assurés
Chady Chaabi
Le 20 juin 2023 à 17h56 | Modifié 20 juin 2023 à 18h19

En dépit de la pénurie d’eau qui sévit au Maroc, l’approvisionnement en eau potable du Grand Casablanca lors de Aïd al-Adha est assuré, souligne Abderrahim El Hafidi, directeur général de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).

Deuxième échéance où le pic de consommation d’eau potable est atteint, la saison estivale n’est pas non plus en danger, puisque tous les moyens ont été mis en place pour garantir l’approvisionnement en eau potable "au moins jusqu’au mois de novembre", affirme Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’eau. 

Deux bonnes nouvelles annoncées lors de la présentation des avancées du Programme national de l’eau, ce mardi 20 juin, à la wilaya de Casablanca. La région la plus peuplée du Royaume représente en effet un enjeu majeur en termes de gestion hydrique.  

Et pour cause, en attendant que la future station de dessalement d’eau de mer, attendue fin 2026, métamorphose le système hydrique du Grand Casablanca, l’approvisionnement en eau potable est tributaire de ressources dont seulement une partie est renouvelable, mais certainement pas à la demande.   

À Casablanca, "la consommation peut atteindre des pics de 650.000 m3 par jour, à l’image de ce qui est attendu lors du prochain Aïd al-Adha", révèle Abderrahim Hafidi, indiquant que la capacité de production actuelle est de 900.000 m3 par jour. Autrement dit, l’approvisionnement en eau potable à l’heure de l’Aïd ne présente aucun écueil.

"La véritable problématique", reprend-il, "réside dans la gestion de cette eau, car les ressources ne sont pas disponibles à la demande." En effet, le ministre de l’Equipement et de l’eau a révélé que la situation hydrique du Grand Casablanca ne laissait aucune marge au gaspillage. 

Plusieurs épisodes de sécheresse consécutifs

S’agissant des eaux de surface dans la région de Casablanca-Settat, sur la période 2018-2023, un recul important en termes de ressources en eau a été constaté. En détail, "le niveau des précipitations est quasiment le même que celui de l’année dernière (176 mm en 2022, et 200 mm en 2023). Mais l’année 2022 est la plus sèche qu’a connue le Maroc depuis 1945", déplore Nizar Baraka. En somme, les précipitations enregistrées cette année ne sont pas moins faibles.

Le déficit dans la région a atteint 41% en comparaison à une année normale. Soit la cinquième année consécutive de sécheresse. "En plus, nous avons constaté une inquiétante hausse des températures, de l’ordre d’un à un degré et demi par rapport à la moyenne annuelle. Ce qui implique une plus grande évaporation de l’eau et une consommation plus importante d’eau potable", déplore Nizar Baraka. 

En conséquence, les ressources en eau de surface mobilisables ont été réduites comme peau de chagrin ces dernières années. En effet, la région de Casablanca-Settat est alimentée par deux bassins hydrauliques : Oum Errabia et Bouregreg Chaouia.

Concernant le bassin hydraulique de Bouregreg-Chaouia, les ressources en eau disponibles sont estimées à 258 Mm3, soit 24% de la capacité de remplissage disponible. Pour ce qui est du bassin hydraulique d’Oum Errabia, les ressources sont de 523 Mm3, soit 11% de la capacité de remplissage. "À noter que le complexe d’Al Massira ne dispose que de 155 Mm3", a souligné Nizar Baraka.

Concernant les eaux souterraines, leur baisse s’accélère à cause du manque de précipitations, combiné à une forte demande. De janvier à début juin 2023, le niveau piézométrique de la nappe de Berrechid a baissé de 4,4 mètres, contre 3 mètres sur l’ensemble de l’année 2022. Une baisse estimée cette année à 37 Mm3 des ressources en eaux non renouvelables. De son côté, la nappe de la Chaouia côtière a connu une diminution de 9,60 mètres en 2023, l’équivalent de 6 Mm3.

Réduire la pression sur le barrage Al Massira

Afin de faire face à cette situation hydrique, le ministère de l’Equipement et de l’eau a mis en place plusieurs mesures. Dans un premier temps, deux lâchers d’eau d’un total de 150 Mm3 ont été opérés à partir des barrages de Bin El Ouidane (120 Mm3) et d’Ahmed El Hansali (30 Mm3), en direction du barrage d’Al Massira, qui alimente plusieurs villes à raison de 300 Mm3 par an.

"Ces lâchers vont permettre en partie d’assurer l’approvisionnement en eau potable jusqu’au mois de novembre au niveau de la région Casablanca-Settat", a indiqué Nizar Baraka. D’ailleurs, pour alléger la pression sur la deuxième plus grande retenue d’eau artificielle du Royaume, le groupe OCP va contribuer à l'alimentation en eau potable des villes d’El Jadida et Safi.

Grâce à des unités de dessalement, Safi sera alimentée en eau potable dès fin juillet et El Jadida fin août, ce qui va permettre de réduire la pression sur le barrage Al Massira à raison de 40 Mm3. En plus, OCP n’utilise plus les eaux de cet ouvrage à des fins industrielles. Une avancée qui correspond à une économie d’eau de 90 Mm3.

En outre, le projet d’interconnexion entre le barrage de Sebou et Sidi Mohamed Ben Abdellah (Rabat) permettra de réduire davantage la demande sur le barrage d’Al Massira. Entre 300 et 400 Mm3 seront acheminés annuellement le long des 67 km de conduites, ce qui équivaut aux ressources en eau consommées à Rabat et Casablanca. Actuellement, 50 km de conduites ont été installées. La fin des travaux est prévue pour août 2023. Le débit initial sera de 6m3/s avant de passer à 9m3/s, 15m3/s", promet le ministre. 

En ce sens, un programme d’épuration des eaux du bassin de Sebou, d’un montant de 616 MDH, a été lancé pour s’assurer de la bonne qualité des eaux qui vont atteindre le barrage de Sidi Mohamed Benabdellah, "notamment pour éviter que l’eau acheminée ne soit polluée par les margines, issues de l’oléiculture", conclut Nizar Baraka. 

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Chady Chaabi
Le 20 juin 2023 à 17h56

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