Affaire du jeune Badr : le principal suspect déjà impliqué dans un homicide en 2018
Le principal mis en cause dans la mort du jeune Badr, le 30 juillet 2023 à Casablanca, avait été condamné à une année de prison par défaut (en l'absence de l'accusé), par la cour d’appel de Casablanca en 2019.
Cette affaire a été jugée en 2019, mais les faits se sont déroulés en 2018. Dans des conditions qui ne sont pas sans rappeler l’homicide du jeune Badr, une personne avait en effet trouvé la mort en 2018. Les faits avaient été qualifiés en homicide involontaire dans un accident de la circulation et jugés en première instance selon les dispositions du Code de la route. Le mis en cause est le même, Achraf Sadiqui, actuellement en détention provisoire dans le cadre de l’affaire Badr. L’essentiel de la sentence consistait en une amende de 7.500 DH, décision rendue en mars 2019 (ci-dessous).

Cette décision, rendue par le tribunal de première instance à Casablanca, avait fait l’objet d’un appel par le ministère public auprès du tribunal de première instance de Casablanca, a indiqué le procureur général du Roi près la Cour d’appel de la métropole, dans un communiqué rendu public ce lundi 7 juillet.
En appel, Achraf Sadiqui a été condamné en juin 2019, notamment à un an de prison ferme et deux années de suspension du permis de conduire − une condamnation par défaut, il n’était pas présent à l’audience (voir ci-dessous).

Cette précision intervient dans un contexte d’indignation générale après l’identification par les internautes du responsable de l’assassinat du jeune Badr et la mise en relation des faits récents avec ceux de 2018.
En 2018 donc, deux voitures − une Porsche Cayenne (dans laquelle se trouvait le responsable de l’accident) et une Peugeot 207 − entrent en collision au croisement de la route côtière avec le boulevard de l’Electricité, dans l’arrondissement de Sidi Bernoussi, faisant une victime décédée, peut-on lire dans le jugement rendu par le tribunal de première instance le 12 mars 2019, consulté par nos soins.
A en croire les débats virtuels sur l’impunité, une partie de l’opinion publique déplorait le fait que le jugement "n’a pas fait l’objet d’appel du ministère public", d’autant plus que le coupable vient de récidiver en faisant d’autres victimes. Une information démentie par le procureur général du Roi qui a assuré dans un communiqué que "le jugement (...) a fait l’objet d’un appel introduit par le ministère public, contrairement à ce qui a circulé sur les réseaux sociaux".
Selon le jugement de première instance, Achraf Sadiqui, qui a déclaré rouler à une vitesse ne dépassant pas les 60 km/h, et ne pouvant pas éviter la collision car surpris par la voiture (de la victime), avait été condamné à payer des amendes de 7.500 dirhams pour homicide involontaire, de 300 dirhams pour manque de contrôle et de 300 dirhams pour non-prise des mesures nécessaires à l’évitement de l’accident.
Un recours en appel a alors été introduit par le ministère public. Le deuxième procès a confirmé la culpabilité et la peine a été revue à la hausse. Achraf Sadiqui a ainsi été condamné, par défaut, à un an de prison ferme et à une amende de 30.000 dirhams avec suspension du permis de conduire pour une durée de deux ans.
Une peine qui n’a pas (encore) été appliquée, si l’on se fie à la dernière phrase du communiqué du procureur du Roi, dans laquelle il assure que "le ministère public veillera à exécuter ladite décision après qu’elle soit devenue définitive".
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