Marché du travail : dégradation des indicateurs d’activité et d’emploi des jeunes
Une note publiée par le haut-commissariat au Plan à l'occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août, analyse en profondeur le poids et l’évolution démographique de la jeunesse au Maroc. Mais pas seulement. Cette nouvelle publication met également en lumière les avancées sur le registre de l'accès à l’éducation, à la formation et à l’emploi de qualité.
Parmi les points saillants de la note du HCP, figure le recul de la part des jeunes dans la population totale au profit de la population du troisième âge. Concrètement, la part des personnes âgées de 60 ans et plus est passée de 9,4% en 2014 à 12,7% en 2023, soit une augmentation de 3,3 points de pourcentage.
"L’effectif des jeunes âgés de 15 à 34 ans demeure important et continuera de s’accroître à l’horizon 2030, mais avec un rythme d’accroissement inférieur à celui de la population totale, soit respectivement 0,3% et 0,9% entre 2023 et 2030", précise la même source. "Cette population des jeunes est passée de 11,5 millions en 2014 à 11,8 millions en 2023 et, en proportion, de 34,2% à 31,9% respectivement. À eux seuls, les jeunes âgés de 15 à 24 ans représentent 16,1% en 2023 contre 18,0% en 2014".
Il est également indiqué que la part des jeunes citadins dans la population des jeunes est passée de 60% à 66,0% entre 2014 et 2023.
Amélioration substantielle du niveau d’éducation et de formation des jeunes
La part des jeunes âgés de 15-34 ans n'ayant aucun niveau scolaire s'est nettement contractée entre 2000 et 2022, selon les données de l’Enquête nationale sur l’emploi. Elle est passée de 35,7% à 8,9%. Ce qui représente un repli de 26,8 points.
Entre 2000 et 2022, la part des jeunes femmes n'ayant aucun niveau scolaire a enregistré une baisse significative (de 47,7% à 12,1%). Il en est de même pour celle des ruraux au cours des deux dernières décennies (de 59,5% à 15,6%).
Dans le même ordre d'idées, notons que la part des jeunes ayant le niveau secondaire ou plus a connu une augmentation importante, passant de 19,7% en 2000 à 42,7% en 2022.
Il ressort également de la note que l’écart entre les jeunes hommes et les jeunes femmes ayant le niveau secondaire ou plus s’est annulé. Sachant que celui-ci était de 5,1 points de pourcentage en 2000.
Dégradation des indicateurs d’activité et d’emploi des jeunes
La nouvelle publication du HCP renseigne aussi sur le recul de la part des jeunes dans le marché du travail entre 2000 et 2022. Le taux d’activité des jeunes âgés de 15-34 ans est passé de 53,5% en 2000 à 41,2% en 2022. Pour sa part, le taux d’emploi de cette frange de la population est passé de 42,8% à 31,8% durant la même période. C'est dire le niveau de dégradation des indicateurs d'emploi de la jeunesse.
La source susmentionnée fait état de l'augmentation du chômage des jeunes de 2,9 points de pourcentage, passant de 20% en 2000 à 22,9% en 2022. Ce qui constitue une nette dégradation par rapport à 2014, année durant laquelle le taux de chômage des jeunes était de 14,8%.
Les principaux concernés par le chômage des jeunes sont les citadins, les femmes et les diplômés. Pour preuve, en 2022, près d’une femme active âgée de 15-34 ans sur trois (32,7%) était en situation de chômage contre 19,8% pour les hommes.
Les auteurs de la publication font savoir que le taux de chômage des jeunes citadins s’élève à 29,9% contre 10,7% parmi les jeunes ruraux.
Autre précision de taille : le taux de chômage des jeunes titulaires d'un diplôme supérieur a culminé à 40,3% en 2022. Ce qui représente le double du taux de chômage des jeunes ayant un diplôme de niveau moyen (20,7%), et plus de cinq fois celui des jeunes sans diplôme (7,9%).
Par ailleurs, la note fait mention d'une amélioration notoire de l'emploi formel pour les jeunes au cours des deux dernières décennies. En 2022, un jeune actif occupé sur quatre (24,7%) exerçait un emploi formel, sachant qu'en 2000, seuls 6,8% des jeunes actifs occupés âgés de 15-34 ans disposaient d’une assurance maladie liée à l’emploi.
Au final, l’exercice d’un emploi formel est plus répandu parmi les jeunes femmes (38,2%) que parmi les hommes (21,1%), et davantage chez les citadins (36,2%) que chez les ruraux (8,9%).
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