Canicule. Dans le Souss, les dégâts sur les cultures de tomates sont moins graves que ce que l'on craignait
La canicule du mois d'août a fait moins de ravages sur les cultures de tomates dans le Souss que redouté par les professionnels. Selon les dernières estimations, 7% à 10% des plants repiqués en juillet n’ont pas résisté aux fortes chaleurs. La majorité des semis sont programmés d’ici le début du mois de septembre.
Après les conditions météorologiques dantesques et les températures record dans la région d’Agadir, les producteurs notamment de tomates rondes sous serre se sont plaints des conséquences de la canicule sur leurs cultures. D’après une récente évaluation, les dégâts sont moins importants que ce qui était redouté, apprend Médias24 de source sûre.
Dans le cadre du semis précoce, une importante superficie de tomates rondes sous serre a été semée entre juillet et début août par certains agriculteurs, "tandis que d’autres, qui constituent la majorité, vont à peine lancer leur cycle de production", explique à Médias24 une source professionnelle. Ainsi, les exploitants qui ont opté pour le semis précoce ont été impactés par les effets de la canicule.
Selon les dernières estimations, "seulement 7% à 10% des plants repiqués (la plantule prélevée est replantée en plein sol, ndlr) ont été perdus à cause des fortes températures", affirme une source sure.
Néanmoins, il est toujours difficile de déterminer avec exactitude l'étendue des dégâts. "Il y a des agriculteurs qui ont vu une partie de leur production détruite, ceux qui ont perdu la totalité de leurs plants repiqués. D’autres ont déploré la perte d’une serre parmi toutes celles qu’ils possèdent", précise la même source.
Le prix de vente au gros est stable
Ces pertes, certes moins importantes que redouté, suscitent tout de même des préoccupations concernant l’approvisionnement du marché national en tomates rondes à partir du mois d’octobre. Sachant qu’il faut entre trois et quatre mois pour produire ce fruit légumier, les semis précoce de juillet sont donc censés alimenter, en partie, le marché national à partir d'octobre 2023.
"Ce n’est qu’une rumeur pour l’instant", nuance une source. "Jusqu'à présent, le prix de vente au gros dans le marché d’Inezgane est stable. Le niveau de mise à disponibilité et l’approvisionnement du marché en tomates est actuellement le même que celui de l’année dernière. Rien n’indique qu’il y ait un risque de pénurie prochainement", ajoute notre interlocuteur.
L’autre problématique qui se pose avec acuité est l'approvisionnement du marché national au début de l’année 2024. Et pour cause, généralement, les producteurs de tomates dans la région d’Agadir ont l’habitude de semer mi-août pour une entrée en production trois ou quatre mois plus tard.
Une production décalée
Cette année, la superficie cultivée dans la région d’Agadir sera sensiblement similaire à celle de l’année dernière. De source officielle, la superficie cultivée de tomates à la date du 24 mars 2023 est de 7.200 hectares, répartis entre la tomate ronde (3.700 ha) et la tomates segmentée (3.500 ha). Cela dit, la production sera sans doute décalée.
Concrètement, un semis de tomates est opéré par les agriculteurs entre juillet et août ; la récolte est possible jusqu’au mois de juin suivant, avec trois à quatre mois d’intervalle en termes d’entrée en production. "Les agriculteurs récoltent la tomate. Puis la même plante est couchée pour produire d’autres tomates plusieurs fois dans l’année. Elle peut atteindre jusqu’à 12 mètres", assure le Dr Rachid Bouharroud, chercheur et expert en entomologie et lutte intégrée des cultures.
Mais comme nous l’expliquions dans un précédent article, une partie des agriculteurs attendaient la commercialisation de semences tolérantes, mais pas encore résistantes à 100% au virus des fruits bruns et rugueux de la tomate (ToBRFV), afin de lancer leur campagne.
D’où un décalage qui peut amener à des difficultés en termes de mise à disposition des tomates sur le marché en janvier 2024. Car à cette époque, les basses températures n’aident pas le mûrissement des tomates. D’autres raisons ont été avancées pour expliquer ce décalage, notamment le fait que certains exploitants ont décalé les semis pour éviter les fortes températures favorisant la prolifération du ToBRFV.
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