img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
AGRICULTURE

Malgré les conditions climatiques défavorables, une amélioration de la production oléicole est espérée

En dépit des fortes températures qui sévissent au Maroc, les professionnels de la filière oléicole s’attendent à une amélioration de la production, surtout si les précipitations sont suffisantes lors des deux prochains mois. La filière avait particulièrement souffert de la sécheresse lors de la précédente campagne.

Malgré les conditions climatiques défavorables, une amélioration de la production oléicole est espérée
Chady Chaabi
Le 30 août 2023 à 17h41 | Modifié 30 août 2023 à 18h02

L’arboriculture a subi de plein fouet les fortes chaleurs enregistrées cette année au Maroc. La filière oléicole est particulièrement concernée. Néanmoins, "nous nous attendons à une production supérieure à celle de l’année dernière qui a été catastrophique", confie à Médias24 Rachid Benali, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de l’olive (Interprolive).

Ce scénario optimiste reste tout de même largement tributaire des précipitations lors des deux prochains mois. Car à l'instar d'autres cultures, maraîchères en l'occurrence, les oliviers du Royaume ont souffert des conditions climatiques extrêmes.

Une floraison perturbée 

Répartis sur une superficie de 1,2 million d’hectares, représentant 65% de l'arboriculture nationale, les oliviers n’ont pas été épargnés par la canicule, aussi bien en bour (750.000 ha) qu’en irrigué (450.000 ha). Ces derniers sont à l’origine de 50% à 60% de la production nationale. 

La campagne 2021-2022 avait été plutôt morose pour la filière oléicole, avec une faible production (1,5 million de tonnes), au point que les prix du litre d’huile d’olive avaient atteint des sommets (jusqu’à 80 DH/litre). Malgré des épisodes climatiques extrêmes, les professionnels s’attendent à une augmentation de la production. En année normale, celle-ci se situe autour de 1,7 million de tonnes. 

Pourtant, au mois d’avril, 60% à 70% des oliviers ont subi les affres des fortes chaleurs. "Normalement, c’est à cette époque de l’année que les oliviers fleurissent. Mais il a fait inhabituellement chaud, et les températures ont énormément augmenté pendant une quinzaine de jours", précise le président d'Interprolive.

"La fleur d’olivier a brûlé à cause de ce phénomène climatique qui est généralisé. Le monde entier en a souffert, pas uniquement le Maroc", ajoute Rachid Benali, également président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural.

Une diminution de la taille des fruits 

Quelques mois plus tard, c’est un nouvel épisode caniculaire, renforcé par un vent chergui, qui a fait craindre le pire. Dans la région de Fès-Meknès, qui concentre environ le tiers de la superficie nationale, "les oliviers en irrigué n'ont pas subi de dégâts significatifs, contrairement à ceux dans le bour", précise à Médias24, Mostapha Mrhari, chef de division des filières de productions agricoles à la Direction régionale de l'agriculture de Fès-Meknès. "Dans le bour, le stress hydrique, le chergui et la canicule ont causé une diminution de la taille du fruit, mais qui n'est pas généralisée".

Plus loin, dans la région de Souss-Massa, une amélioration de la production est également attendue. Toutefois, "les conditions climatiques extrêmes ont eu un impact négatif sur les oliviers, notamment en matière d’assèchement des fruits, aussi bien dans le bour que dans l'irrigué", déplore une source professionnelle.  

Pour faire simple, quand l’olivier est en stress hydrique, "il ne survit pas grâce à l’eau qui se trouve dans les feuilles, mais plutôt en s’hydratant à travers l’eau contenue dans les fruits. Ces derniers s’assèchent et se contractent", explique notre interlocuteur. 

Malgré les conditions climatiques défavorables, une amélioration de la production oléicole est espérée

Cela dit, nos interlocuteurs affirment à l’unisson que s’il y a des précipitations suffisantes lors des deux prochains mois, les olives vont pouvoir récupérer l’eau qu’elles ont perdue et assurer une production satisfaisante, à défaut d’être abondante.   

Le réchauffement climatique souligne l’importance d’équiper les exploitations en systèmes d’irrigation. C'est justement l’un des objectifs du contrat-programme signé par l’Etat et la Fédération interprofessionnelle marocaine de l'olive (Interprolive), le jeudi 4 mai à Meknès, en marge du SIAM. Ce n’est pas un hasard si cet accord est celui qui mobilise le plus de fonds (16,9 milliards de DH) parmi les 19 contrats-programmes.  

La filière remplit des fonctions multiples de lutte contre l’érosion, de valorisation des terres agricoles et de fixation des populations dans les zones de montagne et d’adaptation aux impacts des changements climatiques. C’est aussi une source importante d’emplois, avec 51 millions de journées de travail par an, soit 13% de l'ensemble des journées de travail offertes par le secteur agricole. Elle permet de couvrir 19% des besoins totaux en huiles alimentaires.

Près de 17 MMDH pour améliorer les performances de la filière oléicole

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Chady Chaabi
Le 30 août 2023 à 17h41

à lire aussi

Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
BUSINESS

Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca

Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.

Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Mines

Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère

Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.

Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Quoi de neuf

Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage

Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.

Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
DIPLOMATIE

Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes

Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.

En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Quoi de neuf

Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises

Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.

Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
POLITIQUE

Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD

C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité