Malgré les conditions climatiques défavorables, une amélioration de la production oléicole est espérée
En dépit des fortes températures qui sévissent au Maroc, les professionnels de la filière oléicole s’attendent à une amélioration de la production, surtout si les précipitations sont suffisantes lors des deux prochains mois. La filière avait particulièrement souffert de la sécheresse lors de la précédente campagne.
L’arboriculture a subi de plein fouet les fortes chaleurs enregistrées cette année au Maroc. La filière oléicole est particulièrement concernée. Néanmoins, "nous nous attendons à une production supérieure à celle de l’année dernière qui a été catastrophique", confie à Médias24 Rachid Benali, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de l’olive (Interprolive).
Ce scénario optimiste reste tout de même largement tributaire des précipitations lors des deux prochains mois. Car à l'instar d'autres cultures, maraîchères en l'occurrence, les oliviers du Royaume ont souffert des conditions climatiques extrêmes.
Une floraison perturbée
Répartis sur une superficie de 1,2 million d’hectares, représentant 65% de l'arboriculture nationale, les oliviers n’ont pas été épargnés par la canicule, aussi bien en bour (750.000 ha) qu’en irrigué (450.000 ha). Ces derniers sont à l’origine de 50% à 60% de la production nationale.
La campagne 2021-2022 avait été plutôt morose pour la filière oléicole, avec une faible production (1,5 million de tonnes), au point que les prix du litre d’huile d’olive avaient atteint des sommets (jusqu’à 80 DH/litre). Malgré des épisodes climatiques extrêmes, les professionnels s’attendent à une augmentation de la production. En année normale, celle-ci se situe autour de 1,7 million de tonnes.
Pourtant, au mois d’avril, 60% à 70% des oliviers ont subi les affres des fortes chaleurs. "Normalement, c’est à cette époque de l’année que les oliviers fleurissent. Mais il a fait inhabituellement chaud, et les températures ont énormément augmenté pendant une quinzaine de jours", précise le président d'Interprolive.
"La fleur d’olivier a brûlé à cause de ce phénomène climatique qui est généralisé. Le monde entier en a souffert, pas uniquement le Maroc", ajoute Rachid Benali, également président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural.
Une diminution de la taille des fruits
Quelques mois plus tard, c’est un nouvel épisode caniculaire, renforcé par un vent chergui, qui a fait craindre le pire. Dans la région de Fès-Meknès, qui concentre environ le tiers de la superficie nationale, "les oliviers en irrigué n'ont pas subi de dégâts significatifs, contrairement à ceux dans le bour", précise à Médias24, Mostapha Mrhari, chef de division des filières de productions agricoles à la Direction régionale de l'agriculture de Fès-Meknès. "Dans le bour, le stress hydrique, le chergui et la canicule ont causé une diminution de la taille du fruit, mais qui n'est pas généralisée".
Plus loin, dans la région de Souss-Massa, une amélioration de la production est également attendue. Toutefois, "les conditions climatiques extrêmes ont eu un impact négatif sur les oliviers, notamment en matière d’assèchement des fruits, aussi bien dans le bour que dans l'irrigué", déplore une source professionnelle.
Pour faire simple, quand l’olivier est en stress hydrique, "il ne survit pas grâce à l’eau qui se trouve dans les feuilles, mais plutôt en s’hydratant à travers l’eau contenue dans les fruits. Ces derniers s’assèchent et se contractent", explique notre interlocuteur.

Cela dit, nos interlocuteurs affirment à l’unisson que s’il y a des précipitations suffisantes lors des deux prochains mois, les olives vont pouvoir récupérer l’eau qu’elles ont perdue et assurer une production satisfaisante, à défaut d’être abondante.
Le réchauffement climatique souligne l’importance d’équiper les exploitations en systèmes d’irrigation. C'est justement l’un des objectifs du contrat-programme signé par l’Etat et la Fédération interprofessionnelle marocaine de l'olive (Interprolive), le jeudi 4 mai à Meknès, en marge du SIAM. Ce n’est pas un hasard si cet accord est celui qui mobilise le plus de fonds (16,9 milliards de DH) parmi les 19 contrats-programmes.
La filière remplit des fonctions multiples de lutte contre l’érosion, de valorisation des terres agricoles et de fixation des populations dans les zones de montagne et d’adaptation aux impacts des changements climatiques. C’est aussi une source importante d’emplois, avec 51 millions de journées de travail par an, soit 13% de l'ensemble des journées de travail offertes par le secteur agricole. Elle permet de couvrir 19% des besoins totaux en huiles alimentaires.
Près de 17 MMDH pour améliorer les performances de la filière oléicole
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