Aziz Daouda commente les derniers mondiaux : “L'athlétisme marocain reprend son élan”
L'athlétisme marocain prend de l'élan après la victoire de Soufiane El Bakkali (3.000 m steeple) et celle de Fatima Ezzahra Gardadi (marathon), lors des Mondiaux d'athlétisme de Budapest. Aziz Daouda, directeur technique et du développement de la Confédération africaine d’athlétisme (CAA), revient pour Médias24 sur les performances de ces deux athlètes et la particularité de l'école marocaine d'athlétisme.
Le Maroc s’est distingué lors des Mondiaux d’athlétisme de Budapest qui se sont déroulés du 19 au 27 août, avec deux trophées : une médaille d’or de l’athlète Soufiane El Bakkali au "3.000 m steeple" et une médaille de bronze de Fatima Ezzahra Gardadi au "marathon".
Si la victoire d'El Bakkali était "attendue", selon Aziz Daouda, celle de Gardadi "a surpris tout le monde". L’athlète de 31 ans a brillé lors de l’épreuve du marathon (42,195 km).
Avec un chrono de 2 h 25 min 17 s, elle se classe à la 3e place du podium ; deux Ethiopiennes, Amane Beriso Shankule et Gotytom Gebreslase, ayant pris l’avantage de cette course, avec respectivement un chrono de 2 h 24 min 23 s et 2 h 24 min 34 s.

Aziz Daouda a apporté une contribution essentielle au parcours mondial de plusieurs champions marocains
Dans un échange avec Médias24, Aziz Daouda revient sur la qualité de la tactique et la performance de Gardadi lors de la course. "Les athlètes avaient une avance considérable sur elle et, à 3 km de la fin de la course, elle a changé de rythme et dépassé l'athlète éthiopienne sur les derniers mètres, faisant sensation dans le public".
"C’est un résultat extraordinaire, d’autant plus que personne ne s’y attendait. C'est aussi la première fois qu’une femme marocaine arrive à un tel niveau à l’épreuve du marathon". Rappelons que la dernière médaille marocaine lors de cette épreuve remonte à 2005, aux Mondiaux d’athlétisme de Helsinki, lorsque Jaouad Gharib avait remporté une médaille d’or.
Quant à la performance de Soufiane El Bakkali, Aziz Daouda souligne qu'elle combine talent et qualité de l’entraînement. "L’athlète fait preuve de beaucoup de maturité, et a suivi un entraînement intelligent avec l’un des meilleurs entraîneurs du monde, d’où sa réussite dont tous les Marocains avaient la certitude".
Représenté aux Championnats du monde de Budapest par 17 athlètes (12 hommes et 5 femmes), le Maroc a fini la compétition à la 13e place au tableau des médailles, ex æquo avec le Japon et la Grèce, grâce aux médailles remportées par Soufiane El Bakkali et Fatima Ezzahra Gardadi.
"Ce n’est pas la chance qui fait les champions"
Notre interlocuteur note que les performances d'El Bakkali et Gardadi reposent sur des stratégies similaires à celles de l’époque où il était lui-même entraîneur, notamment "la maturité avec laquelle ils ont géré leur course".
"L’entraînement ne repose pas uniquement sur la technique. Il faut adapter cette dernière à la particularité socioculturelle marocaine et réfléchir à ce qui convient le mieux comme méthode, intensité et volume de travail aux athlètes marocains".
"Ce n’est pas possible de s’entraîner en copiant les autres. C’est dans ce sens qu’on a mis au point une méthode de travail qui a une empreinte marocaine et qui a d'ailleurs révolutionné par la suite les méthodes d’entraînement : l'école marocaine d'athlétisme", tient à préciser Aziz Daouda.
"On a mis au point, entre autres, une façon de travailler avec nos athlètes qui repose sur des entraînements en altitude et en bord de mer". D’ailleurs, les caméras étrangères sont souvent braquées sur les performances marocaines et mettent en avant l'école nationale d’athlétisme avec ses spécificités, ajoute-t-il.
"La performance est un art, et les entraîneurs ne sont pas tous capables de former des sportifs de haut niveau". Aziz Daouda rappelle dans ce sens les trois fondamentaux d’une bonne performance en athlétisme : la formation des cadres pour un entraînement de qualité, la disponibilité des moyens matériels ainsi que celle des infrastructures.
Aujourd’hui, "le manque de formation de qualité pour le métier d’entraîneur est palpable. Au niveau de l'Institut royal de formation des cadres de la jeunesse et des sports, les programmes ne sont pas ce qu'ils doivent être, et le nombre d'étudiants est anecdotique".
"Les Marocains aiment la course"
"Le Maroc a dominé depuis très longtemps les compétitions mondiales d’athlétisme. Il y a eu de très bons coureurs et il est important de se souvenir des pionniers qui ont eu des résultats remarquables, à une époque difficile où les moyens n’étaient pas aussi importants qu’aujourd’hui", fait remarquer Aziz Daouda.
Il nous rappelle également ce qu’il considère comme étant "le geste fondateur de l’athlétisme au Maroc". En 1983, lors de la cérémonie après la finale de la Coupe du Trône, feu Hassan II avait mis Nawal El Moutawakel et Saïd Aouita à l’écart des autres personnes qui devaient être décorées ce jour-là. Le roi s'est ensuite placé entre les deux, puis s'est tourné vers la tribune officielle en soulevant le bras des deux athlètes. "Cette anecdote en or marquera à jamais l’histoire de l’athlétisme marocain et propulsera les athlètes sur la scène internationale".
Ce sont, rappelons-le, des athlètes qui, aux côtés d'autres champions marocains, ont fait la gloire du Maroc en remportant au total 33 médailles depuis la 1re édition des Championnats du monde d’athlétisme en 1983. L’athlète Said Aouita sera le premier Marocain médaillé d’or olympique de l’histoire, et Nawal Moutawakel la première athlète arabe à remporter une médaille d’or.
Dans le top 3 des athlètes marocains les plus titrés, Hicham El Guerrouj est en haut du podium. Ce quadruple champion du monde (1.500 m) et double champion olympique (1.500 m et 5.000 m), compte à son palmarès 6 médailles aux Mondiaux : 4 d'or (1.500 m) et 2 d'argent (1.500 m et 5.000 m).
Soufiane El Bakkali est le deuxième athlète marocain le plus titré avec 4 médailles (2 d'or, 1 d'argent et 1 de bronze), et Nezha Bidouane arrive en troisième position avec 2 médailles d'or et 1 médaille d'argent au 400 m haies.
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