Importations de blé tendre : plus de trois mois de consommation sécurisés à des prix raisonnables
Les importations de blé tendre se poursuivent. Le stock actuel couvre plus de trois mois de consommation. Les opérateurs ont jusqu’à la fin du mois courant pour stocker une quantité maximale de 25 millions de quintaux, soit six mois de consommation.
"La situation est très confortable aujourd’hui", apprend Médias24 auprès d’un opérateur du secteur. "Les importations se poursuivent toujours, dans de bonnes conditions", précise-t-il.
Plus de trois mois de consommation sécurisés
"A ce jour, nous disposons d’un stock qui couvre plus de trois mois de consommation au niveau des unités industrielles. Nous sommes donc à l’abri", rassure notre source.
"Nous attendons encore le blé argentin, qui arrive sur le marché durant les mois d’octobre et novembre, et d’autres bateaux qui viennent de Russie", les importations depuis ce pays ayant repris il y a quelques semaines dans le but de sécuriser une quantité de 25 millions de quintaux, pour laquelle les importateurs profitent d’une prime forfaitaire de l’Etat dans le cas où le prix de revient sorti port serait supérieur à 270 DH le quintal.
Les 25 millions de quintaux en passe d’être sécurisés ?
Pour rappel, vers la fin du mois de juin dernier, l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses (ONICL) avait annoncé la mise en place d’un système de restitution à l’importation du blé tendre entre le 1er juillet et le 30 septembre 2023, pour une quantité maximale de 25 millions de quintaux.
"Cette quantité correspond à six mois de consommation. Ce stock pourrait être sécurisé, comme il pourrait ne pas l’être, en raison de plusieurs facteurs limitants", nous explique-t-il, assurant toutefois que les opérateurs "font de leur mieux".
"Importer une quantité aussi importante en trois mois revient à exercer une pression sur les ports, ce qui peut causer des problèmes d’ordre logistique. Les banques ne facilitent pas non plus la tâche. 25 millions de quintaux, c’est l’équivalent de 7,5 milliards de DH, qu’il faut mobiliser avec un taux de financement qui atteint 7 à 8%. Ce n’est pas évident ; le volet financier pose problème en effet".
Toujours concernant l’aspect financier, notre source indique que "le retard de remboursement des restitutions sur le prix du blé tendre importé auparavant s’élève à près de 1,7 MMDH", ce qui place les opérateurs dans une situation financière délicate.
Cependant, "ceci n’empêche pas la poursuite des importations durant les mois d’octobre et novembre prochains pour y parvenir. Nous continuons d’importer d’Europe également, notamment de France, de Roumanie, de Pologne et d’Allemagne, et allons bientôt nous orienter vers l’origine d’Amérique latine".
Du blé à un prix référentiel de Russie ?
Notre interlocuteur de rappeler : "Nous avons lu ces derniers jours dans les médias que la Russie compte fournir le Maroc en blé tendre à un prix référentiel. Reste à savoir quelles sont les quantités prévues, quel est le type de blé qui sera importé et quelle est sa qualité. Ce sont des questions qui restent, à ce jour, sans réponse".
En effet, Vladimir Baibakov, ambassadeur de Russie au Maroc, a récemment déclaré à l’agence de presse russe TASS que son pays est prêt à fournir du blé au Maroc à un prix raisonnable.
"La Russie et le Maroc s’achètent mutuellement les produits les plus demandés sur leurs marchés respectifs. Le charbon et les produits pétroliers représentent une grande partie des importations marocaines, tandis que la Russie achète des agrumes et du poisson. Nous sommes prêts à fournir du blé à un prix raisonnable au marché marocain. Dans un contexte de nouvelles conditions géopolitiques et d’exacerbation des crises énergétique et alimentaire, un tel partenariat est particulièrement important", a-t-il indiqué.
Quid des prix ?
"Le niveau de prix est très intéressant", confirme notre opérateur, "en comparaison avec les autres marchés. L’Etat égyptien, à titre d’exemple, importe du blé tendre à 270 dollars le quintal, tandis que nos opérateurs l’importent à 240 dollars/q. Le gap est très important, ce qui démontre que notre système est performant."
Et de conclure : "Actuellement, le coût de marchandise, avec toutes les charges, départ port de Casablanca, se situe aux alentours de 285 DH le quintal, ce qui reste raisonnable" au vu des rebondissements à l’échelle internationale.
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