ISM : la refonte actée, l’accès à la magistrature sera plus sélectif
La loi portant refonte de l’Institut supérieur de la magistrature a été publiée au Bulletin officiel. En voici les principales nouveautés.
La refonte de l’Institut supérieur de la magistrature (ISM) est désormais officielle. La loi y afférente a été publiée au Bulletin officiel du 7 décembre 2023. Ce texte acte une transformation substantielle de cet établissement chargé de former les magistrats, et qui s’apprête à subir une profonde transformation.
La loi vient remplacer un texte datant de 2002. Un cadre tombé en désuétude depuis la Constitution de 2011, la Charte de la réforme de la justice de 2013 et le lot de bouleversements qui en ont découlé sur la magistrature, aujourd’hui érigée en pouvoir indépendant.
L’ISM est désormais considéré comme un établissement public "stratégique". Ce basculement de statut va de pair avec un changement de gouvernance. La présidence de son conseil d’administration est confiée à Mohamed Abdennaboui, président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Et ce, au détriment du ministre de la Justice, qui se contentera d’un statut de membre.
Le ministère perd au passage l’initiative des concours d’accès au corps de la magistrature (attachés de justice). Ces prérogatives seront transférées au président-délégué du CSPJ. Il décidera de la périodicité de l’examen, de son lieu et même du nombre de postes ouverts.
Ce transfert d’attributions s’étendra à la supervision et à l’organisation du concours. Le président-délégué nommera une commission chargée de prendre toutes les mesures y afférentes, de la présélection aux résultats aux convocations en passant par la correction des épreuves.
Pour accéder à la magistrature, le niveau de diplôme revu à la hausse
Les concours et leurs modalités subissent eux-mêmes d’importantes modifications. Le CSPJ sera en mesure de cantonner ces recrutements à des "spécialités judiciaires" spécifiques (commercial, administratif, famille, etc.), en tenant compte des besoins. Les candidats seront ainsi sélectionnés sur la base de leur diplôme.
Le niveau du diplôme scientifique requis pour la participation aux concours est lui-même revu, et à la hausse. Il ne s’agira plus d’une licence mais bien d’un master ou d’un master spécialisé en droit privé ou en études islamiques. L’ancien cadre juridique permettait d’ouvrir, par arrêté, la voie à des candidats non-juristes, notamment aux étudiants détenteurs d’une licence en économie.
En cas d’insuffisance du nombre de candidats détenteurs de masters, le projet de loi prévoit la possibilité d’ouvrir le concours aux licenciés.
Les candidats ne doivent pas dépasser 45 ans d’âge au 1er janvier de l’année du concours. Une fois admis, ils seront soumis à un stage de deux ans à l’issu duquel ils devront passer un "examen de fin de formation". Le président-délégué pourra proroger d’une année la durée du stage pour les candidats n’ayant pas réussi l’examen.
Le projet prévoit un régime spécifique à certaines catégories professionnelles intéressées par la magistrature. Il s’agit, entre autres, des avocats ou de certains fonctionnaires du greffe ou du CSPJ. Ces candidats ne doivent pas dépasser les 55 ans au moment de la présentation de la demande. Ils doivent également avoir exercé leur profession ou fonctions de manière effective pendant au moins dix ans.
Pour ces catégories, le concours est ouvert sur une décision spécifique. Il sont admis aux termes d’une formation de six mois à l’ISM. Il en est de même pour les candidats dispensés du concours (certains doctorants en droit ou dans la charia parmi les enseignants-chercheurs, avocats ou fonctionnaires du greffe avec dix ans d’ancienneté, etc.).
À découvrir
à lire aussi
Article : Ligue des champions de la CAF : l’AS FAR élimine la RS Berkane et rejoint Mamelodi Sundowns en finale
Battu 1-0 à l’extérieur, le club rbati a validé son billet grâce à son succès 2-0 à l’aller, retrouvant l’ultime rendez-vous continental pour la première fois depuis 1985, où il avait été sacré.
Article : Éducation : le Maroc renforce sa coopération avec l’université chinoise Beihang
Le ministère marocain de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a signé vendredi 17 avril à Rabat une convention de partenariat avec l’université chinoise Beihang University, visant à renforcer la coopération bilatérale en matière d’enseignement, de recherche scientifique et d’innovation technologique.
Article : Sahara : Bruxelles se projette déjà sur l’investissement
Sur Medi1TV, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères a présenté l’issue "politique" du différend autour des provinces du Sud comme un facteur d’accélération d’une dynamique européenne déjà amorcée sur le terrain.
Article : Agents de gardiennage : vers la fin des journées de 12 heures payées seulement 8
Le gouvernement, en concertation avec les partenaires sociaux, veut corriger une situation persistante en revoyant le cadre légal applicable aux amplitudes horaires dans la sécurité privée.
Article : Cinéma. Dans “Calle Málaga”, Maryam Touzani célèbre la vie et lève le tabou de la vieillesse
Né de la douleur, de la perte et du besoin de garder vivant le souvenir de sa mère, le nouveau film de Maryam Touzani se veut un hommage à la renaissance. Dans les rues de Tanger, la réalisatrice nous confie son souhait de transformer la vieillesse en un privilège et de faire de la fiction un espace de liberté pour filmer la persistance de l'être et l'amour de la vie.
Article : Race to the bunkers: Algiers rattled by the FAR’s technological rise
Satellite images circulating on social media point to unusual activity across the border. The Algerian army appears to be stepping up the construction of underground structures, underscoring its concern over the precision of Moroccan strike systems.