Les conditions sociale, économique et professionnelle de la femme marocaine en chiffres (HCP)
Santé, éducation, insertion au marché du travail, emploi du temps quotidien... Le haut-commissariat au Plan vient de publier son rapport annuel sur la condition des femmes au Maroc en 2022. Infographie.
Il ressort de cette étude, actualisée à l'occasion de la Journée nationale de la femme marocaine (10 octobre), la persistance des inégalités de genre dans plusieurs aspects de la vie quotidienne.
Intitulé "La femme marocaine en chiffres, 2023", le rapport annuel met à jour les chiffres relatifs à la santé de la femme marocaine, son éducation et formation, son insertion sur le marché du travail, son emploi du temps quotidien, son rapport à la vie publique ainsi qu’à la vulnérabilité et à la pauvreté. Une partie du rapport est par ailleurs consacrée à la prévalence de la violence à l'égard des femmes.
"Les informations contenues dans ce recueil, disponible sur le site web institutionnel du HCP, sont ventilées par sexe aussi bien pour l’ensemble du Maroc que pour le milieu de résidence urbain et rural", lit-on dans le rapport du haut-commissariat au Plan (HCP).
Notons que les données ne sont pas toutes actualisées et certaines statistiques datent de 2019, notamment celles concernant la pauvreté et la violence à l'égard des femmes, tandis que les informations relatives à la part du temps professionnel et du temps domestique dans la charge du travail productif datent de 2012.
Santé, bien-être et espérance de vie
En 2022, l'espérance de vie des femmes à la naissance est nettement supérieure à celle des hommes, se situant aux alentours de 78,6 ans, soit 3,4 ans plus que les hommes.
Par ailleurs, le taux de fécondité des adolescentes (15-19 ans) est de 18,8 % au niveau national, avec une répartition inégale entre l’urbain (15,4) et le rural (23,5). Celui des femmes âgées entre 20 et 24 ans s'élève à 84,5% contre 105,9% pour les (25-29 ans). Par rapport aux années 2004 et 2014, les taux de fécondité sont en baisse pour toutes les tranches d'âge.
En 2022, le mariage des mineurs a connu une augmentation (14.971 cas) par rapport à 2020 (12.600), tandis que la proportion de mariages polygames n'a pas évolué depuis 2010, représentant 0,3% des actes de mariages établis. Le nombre de divorces judiciaires prononcés a, pour sa part, quasi-doublé entre 2020 (38.884 cas) et 2022 (61.147 cas)
Le rapport rappelle qu'en 2019, 56,5% des femmes étaient victimes de violences (tous contextes confondus). Dans le détail, 15,4% des femmes étaient victimes de violences sur le lieu du travail et 52,1% victimes de violences domestiques (familiale ou conjugale).
Accès inégalitaire à l'éducation et la formation
En 2022, la proportion des jeunes (15-24 ans) alphabétisés s'élevait à 95,4% pour les femmes contre 97,9% pour les hommes. La disparité au niveau des sexes est toutefois constatée au niveau de l'accès à la formation. En effet, 30,8% de la population de 25 ans et plus ayant au moins le niveau secondaire collégiale sont des femmes, contre 45,5% d'hommes.
Le rapport fait également ressortir une inégalité territoriale en matière de scolarisation. Dans le milieu urbain, le taux de scolarisation des filles âgées entre 15 et 17 ans (96,1%) est deux fois supérieur à celui des filles scolarisées dans le milieu rural (47,6%).
Marginalisation des femmes dans le marché du travail
La femme active marocaine, jusqu'à nos jours, n'arrive toujours pas à connaître sa meilleure place dans la société. Elle est d’avantage marginalisée du marché du travail, selon les derniers chiffres du rapport annuel du HCP.
La participation au marché du travail des femmes diplômées âgées entre 25 et 59 ans (33,3%) demeure faible et largement en deçà de celle des hommes diplômés et de la même tranche d’âge (92,2%). Par conséquent, le chômage affecte plus les femmes marocaines que les hommes. En 2022, 34,8% des femmes diplômées du supérieur étaient au chômage, contre 20,8% des hommes diplômés du supérieur.
Une autre donnée qui marque le hiatus qui existe entre les femmes et les hommes au niveau de l’intégration dans le marché de l’emploi, concerne les jeunes âgés de (15-24 ans) qui ne sont ni en éducation, ni en emploi, ni en formation (NEET) : 37,3% d’entre eux sont des femmes contre 13,5% d’hommes.
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