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Ferid Belhaj : “L’un des défis les plus importants au Maroc c’est d’instiller encore plus de concurrence dans l’économie“

Organisation “impeccable” des AA2023, conjoncture économique de la région MENA, l’exemple du Maroc “à répliquer”… Voici les principaux sujets abordés avec Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, lors d’une interview accordée à Médias24.

Ferid Belhaj : “L’un des défis les plus importants au Maroc c’est d’instiller encore plus de concurrence dans l’économie“
Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA - Médias24
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Le 14 octobre 2023 à 15h31 | Modifié 15 octobre 2023 à 11h44

Reçu sur le plateau de Médias24 à Bab Ighli, où se tiennent les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale 2023, Ferid Belhaj, vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA a commenté l’organisation des AA2023 par le Maroc qui est, selon lui, “unique”, ainsi que la conjoncture économique et les réformes futures dans la région, en particulier pour le Maroc qu’il considère comme exemplaire dans bien des domaines.

Voici ses principales déclarations. L’intégralité de l’entretien en vidéo est à visionner ci-dessous :

Des assemblées “uniques”

Ferid Belhaj a tenu, en premier lieu, à féliciter le Maroc pour l’organisation de ces assemblées annuelles “de façon impeccable”, avant de présenter ses condoléances “à toute la famille du Maroc”, suite au séisme du 8 septembre.

Il estime que malgré cet événement tragique, ou peut-être même, à cause de ce drame, le Maroc a connu un “renouvellement d’énergie qui a fait que nous nous retrouvons aujourd’hui, en conclusion des réunions annuelles, qui ont été absolument uniques en termes d’organisation. C’est le sentiment que tous ceux qui ont participé gardent de ces assemblées. Je n’ai pas entendu une seule critique. Tout ce que j’ai entendu, c’était beaucoup d’admiration pour la manière dont tout cela a été mis en place, à la fois en termes de substance que de la manière dont le Maroc a encadré ces discussions, conversations et dialogues”.

Interrogé sur les conclusions importantes à retenir de cette semaine d’échanges et de débat, Ferid Belhaj, a indiqué que l’impact des poly-crises qui ont frappé le monde depuis 3 - 4 ans “se trouve clair sur les débats menés ici”.

“Il y a eu une volonté d’adapter les institutions internationales, notamment le FMI et la Banque mondiale, à pouvoir répondre à ces crises de la manière la plus efficace et la plus affirmative. C’est dans cette conjoncture-là que la Banque mondiale est venue ici avec la feuille de route qui mènera vers plus d’évolution. L’institution n’a jamais cessé d’évoluer. La Banque mondiale que j’ai intégré en 1996 n’a plus rien à voir avec celle de 2023. Il y a eu une adaptation aux nouveaux défis qui s’opposent à nous”, explique Ferid Belhaj.

Et d’ajouter : “Aujourd’hui, nous sommes dans une période d’accélération. Une période, où nous sommes en train de voir l’institution se mettre au diapason de tous ces changements et ensuite essayer d’être dans l’anticipation”.

Le privé : solution pour la jeunesse de la région MENA

Selon Ferid Belhaj, la région MENA se caractérise par sa jeunesse. “Il y a un bourgeonnement de jeunesse ouverte au monde, éduquée et ambitieuse. Cette jeunesse est en train de chercher ses points de repères, notamment en termes d’emploi pour contribuer à la croissance économique de cette région. Si on fait une projection de croissance démographique, d’ici 2050 il y aura 300 millions de jeunes sur le marché du travail. Aujourd’hui, les économies de notre région ne peuvent pas être en capacité de tous les absorber”, prévoit-il.

Il précise que “ce qui est sûr c’est que ces 300 millions de jeunes ne vont pas être absorbés par le secteur public. Il faut un élargissement d’une plateforme qui permette au secteur privé de mieux s’exprimer et d’être dans une situation de dynamique beaucoup plus positive. C’est pour cela que le rôle de l’Etat dans l’économie doit être revu. Il doit passer d’un État qui est dans une situation d’entreprise à un État qui est plutôt dans une situation d’encadrement, qui propose des visions mais laisse ensuite à l’entreprise privée l’espace de s’exprimer. C’est l’entreprise privée qui sera la seule en mesure de générer la croissance”.

L’un des défis les plus importants au Maroc c’est d’instiller encore plus de concurrence dans l’économie

Maroc : “Les politiques et réformes sur la table mèneront vers plus de croissance”

Concernant le Maroc, Ferid Belhaj souligne que “le pays n’est pas en train de somnoler. Au contraire, il y a toujours cette disposition d’être alerte aux nouveaux défis qui se présentent. Il y a ce nouveau modèle de développement, même si les choses ne se font pas du jour au lendemain ; ce qui a été mis sur la table par cette équipe (CSMD, ndlr) est aujourd’hui en train de mener des politiques et des réformes qui mèneront vers plus de croissance”.

Le Maroc est en train de ‘boxer’ au-dessus de sa catégorie

“Il est important de prendre en compte que l’un des défis les plus importants au Maroc c’est d’instiller encore plus de concurrence dans l’économie. L’autorité de la concurrence travaille mais elle doit faire plus. Le pays travaille déjà sur les entreprises publiques, à travers une réforme qui est en train de bouger. Quant à la question de développement humain, ce que fait le ministre de l’Éducation nationale est remarquable en termes d’engagement. Ce sont des résultats qui ne se feront pas voir dans un an mais c’est un investissement très fort et profond sur l’avenir du Maroc qui va dans la bonne direction”, poursuit le vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA.

Il ajoute également, en commentant le cas particulier du Royaume que “l’exemple du Maroc est très important. Ce que fait le Maroc sur le plan de la protection sociale, l’assurance maladie obligatoire et toutes les questions de ciblage, montre que le Maroc est en train de ‘boxer’ au-dessus de sa catégorie. Ce sont des choses qui se font à des niveaux de pays à revenus intermédiaires hauts ou supérieurs. Il y a un excellent travail qui est fait à ce niveau-là et nous le saluons. Nous souhaitons aussi accompagner ce travail et nous le ferons. Nous avons déjà entamé cette conversation avec le gouvernement avec qui nous sommes (engagés, ndlr) sur le long terme”.

Ferid Belhaj précise même que l’exemple du Maroc sera “répliqué dans d’autres pays similaires”. C’est un travail sur lequel va se pencher la Banque mondiale car “l’essai du Maroc est en train d’être transformé et d’être réussi”.

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