En cartes, comment les territoires palestiniens sont constamment rognés, entre annexions et colonies
Le conflit israélo-palestinien est l'une des luttes géopolitiques les plus durables et complexes de l'histoire moderne. Découvrons les dates clés de ce conflit au moyen de cartes géographiques.
1917 : La Déclaration Balfour de 1917 marque un tournant dans la région en favorisant la création d'un foyer national juif en Palestine. Cela conduit à une augmentation significative de l'immigration juive et à la fondation de nouvelles communautés, modifiant ainsi la composition démographique et les caractéristiques territoriales de la région.
1930 : La région est sous contrôle britannique, une situation résultant du mandat confié par la Société des Nations (ancêtre de l'ONU) après la Première Guerre mondiale. Les tensions entre les communautés juive et arabe en Palestine ont été alimentées par divers facteurs, notamment l'immigration juive, les achats de terres et les différences culturelles et nationalistes. Ces éléments ont créé un climat de méfiance, et parfois de confrontation.
1948 : Le Plan de Partage de l'ONU entraîne une réorganisation territoriale majeure, proposant de diviser la Palestine mandataire en deux États distincts, l'un juif et l'autre arabe, et donnant une forme internationalement reconnue aux frontières politiques dans la région. La proclamation de la création de l'État d'Israël en 1948 conduit à la première guerre israélo-arabe. La guerre se termine avec des lignes d'armistice, laissant Israël avec plus de territoire que prévu initialement. Plus de 700.000 Palestiniens fuient ou sont expulsés, un événement connu sous le nom de Nakba ("catastrophe" en arabe). En réalité, juridiquement parlant, Israël est le frère jumeau de la Palestine, puisque son bulletin de naissance prévoit également un Etat dit arabe.
1967 : La Guerre des Six Jours voit Israël s'emparer de la bande de Gaza, de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est, des hauteurs du Golan et de la péninsule du Sinaï. Cela marque le début de l'occupation israélienne des territoires palestiniens, un point central du contentieux dans le conflit. Cette défaite porte le nom de Naksa ("revers" en arabe), et verra l'exode de plus de 300.000 Palestiniens.
1993 et 1995 : Les accords d'Oslo de 1993 et 1995, signés entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), visent à mettre fin au conflit israélo-palestinien. Ils conduisent à la reconnaissance mutuelle des deux parties et à la création de l'Autorité palestinienne, prévoyant une autonomie limitée dans certaines parties de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les accords marquent un moment significatif, mais restent incomplets et contestés. Peu à peu, Israël commencera à grignoter les terres dont elle a reconnu le caractère palestinien, et ce, en créant des colonies.
2007 : À la suite d'une lutte de pouvoir entre le Fatah et le Hamas, ce dernier, qui a remporté les élections législatives de , gouverne la bande de Gaza, évinçant totalement son rival du territoire. En guise de sanction collective, Israël impose, à partir du , un siège sans précédent aux quelque deux millions d’habitants de ce territoire.
Ci-dessous, l'évolution de la carte de la Cisjordanie, et la prolifération des colonies israéliennes de 1970 à 2018 :
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