Casablanca : un troisième casier pour la décharge de Médiouna, le blocage sur l’usine de valorisation persiste
La SDL Casa Baiaa a lancé un nouveau marché relatif à la réalisation des travaux d’aménagement de l’extension des casiers de la décharge contrôlée de Médiouna. Il s’agit du troisième casier de cette décharge.
Le lancement de cet appel d’offres démontre que le blocage persiste quant au dossier relatif à la mise en place de l’usine de valorisation des déchets.
Lors de l’ouverture de la nouvelle décharge contrôlée en novembre 2021, la commune de Casablanca s’était engagée à la fermer trois ans après, estimant que son casier de 11 ha ne pouvait être exploité plus longtemps.
En juin 2022, un appel d’offres avait été lancé pour doter la décharge d’un second casier , le casier initial étant quasiment plein. Le casier objet du marché qui vient d'être lancé est le troisième de la décharge.
L’aménagement de l’extension des deux casiers existants traduit le retard du projet de mise en place de l’usine d’enfouissement et de valorisation des déchets, prévu pour début 2025.
7,5 hectares supplémentaires
Le coût de réalisation de ce nouveau casier, d’une surface de 7,5 ha subdivisée en deux alvéoles, est estimé à 31,5 millions de DH (31.182.862,97 DH). Le délai de son aménagement est fixé à six mois et l’ouverture des plis est prévue pour le 23 novembre prochain.
Les travaux d’aménagement de ce nouveau casier portent notamment sur :
- Le raccordement (soudure) du nouveau dispositif d’étanchéité de l’extension à celui des casiers en cours d’exploitation :
- Le raccordement du réseau de drainage des lixiviats à la bâche de lixiviats ;
- La mise en place d’un réseau de gestion des eaux pluviales ;
- L’aménagement de la voie périphérique d’accès au casier ;
- La fourniture et la mise en place de projecteurs d’éclairage du casier d’extension n°3.
Plan du troisième casier de la décharge contrôlée
Un dossier politisé
Le projet de réalisation de l’usine d’enfouissement et de valorisation de déchets de Médiouna a suscité un long débat lors de la dernière session ordinaire du Conseil régional de Casablanca-Settat, tenue début octobre. Il y avait eu plusieurs passages critiques d’élus de la majorité, notamment du PAM et de la province de Médiouna, qui avaient dénoncé le fait que la province a toujours été désignée pour accueillir ce genre de projets, mais aussi le flou qui persiste autour du foncier qui devra abriter cette usine.
En effet, dans un courrier adressé en mai 2023 à la maire de Casablanca, le ministère de l’Intérieur l’avait informée que la commune d’Al Majjatia Oulad Taleb ne pouvait accueillir le futur ce futur centre d’enfouissement et de valorisation des déchets car il ne correspondait pas aux orientations du plan d’aménagement de celle-ci, adopté en 2019.
Pour apaiser les tensions, Abdellatif Maâzouz, président de la région, avait alors suspendu la session pour se réunir avec les membres du conseil. A sa reprise, il avait annoncé avoir trouvé un arrangement avec les élus. Il a ainsi été décidé d’ajouter deux conditions au déblocage de la participation de la région à ce projet :
- Le foncier doit d’abord être identifié ;
- Le centre d’enfouissement et de valorisation des déchets peut être construit dans la province de Médiouna ou toute autre province du Grand Casablanca.
La convention relative à la réalisation de cette usine a par la suite été adoptée par le Conseil régional, après son adoption par le Conseil de la ville de Casablanca, mais le blocage semble persister, retardant ainsi sa mise en œuvre.
Pour éviter de se retrouver avec des montagnes de déchets, comme ce fut le cas dans l’ancienne décharge sauvage, la SDL lance alors le présent appel d’offres.
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