Des médicaments anti-rhume à éviter par voie orale selon une recommandation française
L’Agence nationale de sécurité du médicament en France a déconseillé l’utilisation de certains médicaments anti-rhume à base de pseudoéphédrine, une substance active que l’on retrouve dans des médicaments commercialisés au Maroc. Quels sont ces produits pharmaceutiques concernés ? Risquent-ils un retrait du marché ?
Au Maroc, les autorités sanitaires n’ont pas réagi à l’alerte de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), du moins au moment où nous écrivions ces lignes. Cinq médicaments anti-rhume à base de pseudoéphédrine sont en vente au Maroc : Dolirhume, Ephedryl (en solution buvable et en comprimés), Humex Rhume, Rhumagrip et Rhumix, apprend-on sur le site médicaments.ma. Communément recommandés en cas de rhume, ces derniers sont vendus en pharmacie sans ordonnance et leur prix n’excède pas 24 DH.

La pseudoéphédrine est présente dans certains médicaments pointés du doigt par l’ANSM. "Des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux peuvent se produire après utilisation par voie orale de médicaments vasoconstricteurs (pseudoéphédrine) destinés à soulager les symptômes du rhume. Le risque est très faible mais ces événements peuvent se produire quelles que soient la dose et la durée du traitement", peut-on lire dans un communiqué de l’ANSM publié le 22 octobre dernier.
Sollicité par Médias24, le médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé Tayeb Hamdi souligne que "jusqu’à présent, on ne parle que de recommandations. Une décision concernant le retrait de ces médicaments au Maroc n’a pas été prise, mais les données présentées par l’ANSM démontrent clairement qu’il faut éviter l’utilisation de ces médicaments en cas de simple rhume".
De la pseudoéphédrine pour déboucher le nez
Les médicaments anti-rhume contiennent généralement un cocktail de trois à quatre composantes : paracétamol, antihistaminique, ibuprofène et pseudoéphédrine, explique Tayeb Hamdi.
"Parmi ces quatre substances citées, c’est la pseudoéphédrine qui pose problème, car elle agit de façon à rétrécir les vaisseaux sanguins (vasoconstriction). En cas de rhume, elle permet donc de désencombrer le nez bouché", poursuit-il.
"Cette action n’est pas localisée uniquement au niveau du nez. La vasoconstriction peut avoir lieu au niveau du cerveau et conduire à un AVC ; au niveau du cœur également, comme elle peut provoquer des convulsions et des troubles de la vue ainsi que des troubles psychiatriques".
Une balance effets-risques déséquilibrée
Pour Tayeb Hamdi, si de tels effets secondaires se produisent rarement, cela ne signifie pas pour autant qu’il faut prendre ces risques à la légère, surtout que la balance effets-risques est déséquilibrée quand il s’agit d’administrer de la pseudoéphédrine pour traiter un simple rhume.
Il précise les éléments suivants :
- le rhume est une infection fréquente, certes, mais bénigne et ne peut pas être comparée à la grippe saisonnière ;
- la substance active (pseudoéphédrine) ne traite pas le rhume mais un seul symptôme de cette infection des voies respiratoires supérieures : le nez bouché ;
- il existe des solutions naturelles et alternatives à ces médicaments qui comportent des risques réels. Parmi ces solutions, le sérum physiologique, les sprays d’eau thermale ou d’eau de mer.
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.