En images, d'importants vestiges antiques découverts sur le site du Chellah
Des travaux de fouilles et de sondages archéologiques ont été conduits, entre avril et juillet, à Chellah, à l’extérieur de la muraille mérinide. Ils ont abouti à des découvertes fort importantes et inattendues, selon le ministère de la Culture.
Dans le cadre du projet de recherches archéologiques sur le site de Chellah, lancé par le ministère de la Culture en avril dernier, des travaux de fouilles et de sondages archéologiques ont été conduits pendant quatre mois par l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP), dans la zone située à l’est et au sud-est de la muraille mérinide, restée complètement méconnue depuis les années 1960, indique le ministère de la Culture.
Les travaux en question avaient pour objectif de connaître l’étendue et les limites de la ville maurétano-romaine de Sala, d’en identifier le système défensif et de repérer le port antique de la ville.
"Après de vastes opérations de désherbage et d’évacuation de décombres de constructions modernes, les travaux en question réalisés dans quatre secteurs ont permis d’aboutir à des résultats fructueux et à des découvertes fort importantes et inattendues", se félicite le ministère.
L’enceinte de la ville antique de Sala
Dans le premier secteur, des travaux de désherbage et de dégagement ont porté sur un tronçon de mur situé à 130 m à peu près à l’est de la muraille mérinide et bordant le chemin de Robinson sur une longueur d’une cinquantaine de mètres. Mentionné depuis les années 1940 mais sans jamais faire l’objet d’une étude, ce tronçon est entièrement fait en moellons de calcarénite et daté du IIe siècle après J.-C.. Il constitue probablement une partie de l’enceinte qui entourait la ville antique de Sala.
Près de ce tronçon d’enceinte ont été également reconnues des structures en terre bien conservées mais non encore entièrement dégagées. Elles attestent de l’usage de la brique crue à l’époque romaine, fait qui n’a été jusqu’ici que peu documenté, explique le ministère.

Découverte de la première statue au Maroc depuis les années 1960
Dans le deuxième secteur ont été mis au jour, directement à l’ouest du tracé de l’enceinte antique, d’importants vestiges architecturaux appartenant à un grand établissement thermal public construit au plus tard au début du IIe siècle après J.-C.. La partie reconnue de cet établissement couvre une superficie de 2.000 m², ce qui indique que nous avons affaire à l’un des plus grands établissements thermaux du Maroc antique, précise la même source.
D’après des éléments récoltés au cours de la fouille ou de ceux encore in situ, il s’avère que le monument était fort somptueux : les murs en étaient tous recouverts de fresques ; les sols étaient faits en opus spicatum ou revêtus de plaques de marbre ou de mosaïques ; les portes étaient décorées de pilastres. De plus, certaines salles étaient ornées de statues de marbre importées dont témoignent des fragments retrouvés au cours de la fouille, surtout une statue acéphale grandeur nature, représentant probablement une divinité. C’est la première statue découverte au Maroc depuis les années 1960.

Une nécropole repérée
A 160 m à peu près au sud-est de la muraille mérinide, a été repérée une nouvelle zone funéraire (une nécropole) grâce à la découverte de restes d’un tombeau de type "columbarium", le seul en son genre qui soit documenté jusqu’ici dans les alentours de Sala, poursuit le ministère de la Culture. Ce tombeau à incinération construit vraisemblablement au IIe siècle après J.-C. était à l’origine doté de petites niches destinées à abriter des vases cinéraires (contenant des ossements humains brûlés) et du mobilier funéraire.
A l’époque islamique, et à une date qui reste à préciser, le tombeau a servi de lieu d’enfouissement à de nombreux ossements appartenant à une vingtaine d’individus, lesquels sont en cours d’étude, ajoute-t-on de même source.

Le quartier portuaire
Dans la zone la plus basse située à 190 m au nord-est de la muraille mérinide de Chellah, à proximité des marécages, et où l’on plaçait auparavant le port antique de Sala, ont été réalisés plusieurs sondages d’exploration qui ont permis de repérer, partout et à une profondeur importante, des vestiges variés qui attestent de l’existence d’un quartier s’étendant, selon des estimations encore préliminaires, sur une longueur de 230 m environ du nord au sud, précise davantage le ministère de tutelle.
"Vu sa situation, ce quartier était probablement lié au port antique de Sala dont la localisation exacte et les divers aménagements restent à déterminer. La fouille réalisée au sud de la zone en question a permis d’autre part de mettre au jour un grand espace dallé bordé de restes de bâtiments non encore entièrement fouillés mais qui s’avèrent importants à en juger d’après la présence de plusieurs éléments architectoniques et la découverte d’un autel qui témoigne de l’existence de cultes religieux", conclut la même source.

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