Enseignement public. “Ce trimestre est perdu, une année blanche se profile” (Associations de parents d'élèves)
Les grèves des enseignants protestant contre le nouveau statut unifié se poursuivent. Les premières victimes de ces perturbations sont indéniablement les élèves. La Fédération nationale des associations des parents d'élèves du Maroc estime qu'en cas de maintien du rythme actuel des grèves, une année blanche n'est pas à écarter.
"16 jours" : c'est la durée des grèves annoncées par le corps enseignant depuis la rentrée scolaire 2023-2024, en protestation contre le nouveau statut unifié, à l'origine du remous, depuis son adoption en septembre dernier en Conseil de gouvernement. 16 jours, c'est trois semaines si l'on tient compte des week-ends.
La première grève nationale a démarré le 5 octobre, suivie d'autres manifestations du 9 au 14 octobre. Puis deux grèves nationales de trois jours ont eu lieu, du 24 au 26 octobre et du 7 au 9 novembre.
La Coordination nationale du secteur de l’enseignement et la Coordination nationale des enseignants du secondaire qualifiant appellent par ailleurs à une grève nationale, du 14 au 16 novembre.


Perte de 45 jours du temps scolaire selon les associations de parents d'élèves
Joint par nos soins, Noureddine Akkouri, président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves du Maroc (FNAPEM) fait savoir que les élèves ont perdu approximativement entre 45 et 46 jours du temps scolaire, du fait que les grèves ont été tenues séparément par les enseignants.
"Les grèves se sont ressenties fortement lors de cette rentrée. Les protestations ont impacté la continuité pédagogique elle-même, élément clé permettant l'assimilation des apprentissages chez les élèves. La discontinuité pédagogique constatée peut mener vers le décrochage scolaire", déplore notre interlocuteur.
"Si l'on avait à estimer le nombre d'heures perdues, nous constaterons que des milliers d'heures ont été gaspillées. Plusieurs éléments entrent dans l'équation, notamment le nombre d'heures à enseigner pour chaque enseignant, la fréquence des matières enseignées, le nombre d'élèves dans chaque établissement et le nombre d'élèves à l'échelle nationale", explique notre interlocuteur.
Une année blanche n'est pas à écarter...
Le temps scolaire perdu est difficilement rattrapable, estime Noureddine Akkouri. "Il y a une différence à faire entre le soutien et le rattrapage du temps scolaire. Le soutien ne peut s'appliquer qu'aux apprentissages auxquels les élèves ont déjà été initiés. Nous ne pouvons donc recourir au soutien pour remédier aux cours annulés", souligne-t-il.
Le président de la FNAPEM appelle ainsi le ministère de tutelle à revoir le programme scolaire en cours. Le spectre d'une année blanche n'est pas écarter, en cas de maintien du rythme actuel des grèves, alerte en outre notre interlocuteur, pour qui le trimestre actuel est immanquablement perdu.
"Le temps scolaire est défini par une note ministérielle qui fixe l'organisation de l'année scolaire (date de reprise, date des examens, date de remise des notes, date de fin des cours...). Ce trimestre est indéniablement perdu. Le programme scolaire actuel n'est plus valide. Ce dernier doit être revu par le ministère. Son maintien signifierait que des programmes seront ratés ou bâclés", souligne Noureddine Akkouri.
"Si le rythme des grèves se maintient, le scénario d'une année blanche n'est pas à écarter. La solution serait d'étendre le programme scolaire jusqu'à juillet. Mais là encore, se posera le problème des bacheliers, puisque les établissements d'enseignement supérieur commencent généralement à recevoir les candidatures à partir du mois de mai."
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