La dynamique associative au Maroc en 2019, sous la loupe du HCP
Le Haut-commissariat au plan (HCP) vient de publier les résultats de l’enquête nationale sur les institutions sans but lucratif, au titre de l’année 2019. Les contributions économiques et sociales des ISBL, ainsi que leurs difficultés, y sont détaillées.
Le nombre d’institutions sans but lucratif (ISBL) actives au Maroc a atteint près de 187.834 unités en 2019, contre 44.771 unités en 2007, ressort-il de l’enquête nationale du Haut-commissariat au plan (HCP) sur le secteur des ISBL, communément appelées société civile.
L'enquête a ciblé un échantillon de 14.500 unités, “représentatif des différentes composantes de ce secteur et de l'ensemble du territoire national”, explique-t-on.
Un tissu associatif jeune et très localisé
Le tissu associatif est relativement constitué d'ISBL jeunes :
- 54% de ces institutions ont été créées entre 2011 et 2019.
- L’âge moyen de celles-ci est de 10 ans en 2019.
L’âge moyen des présidents des ISBL varie entre 46 ans et 51 ans, fait-on savoir. Par ailleurs, seules 10,3% d'entre elles sont présidées par des femmes.
Cinq régions du Maroc s’emparent de près des deux tiers (64%) des associations. Les régions Casablanca-Settat et Marrakech-Safi rassemblent à elles seules plus du quart des ISBL (26,3%) actives au niveau national. Elles sont suivies des régions de Fès-Meknès, Rabat-Salé-Kénitra et Souss-Massa.
Selon l'étude du HCP, le champ d’activité des ISBL privilégie une action de proximité. En effet, “près des trois quarts de ces institutions sont à rayonnement local, privilégiant ainsi les actions de proximité au niveau des quartiers, des douars, des communes urbaines ou rurales”.
Quant au réseau de partenaires, il ressort de l’étude que 28,5% des associations entretiennent des relations de partenariat avec d'autres agents économiques pour la réalisation de leurs actions, les partenaires publics étant les plus sollicités :
- Près de 10,7% des associations ont établi un partenariat avec l'Etat.
- 1,9% l’ont réalisé dans le cadre de l’INDH.
S'agissant des partenariats au niveau international, "seules 1,3% des associations sont engagées dans ce type de partenariat”, précise-t-on.
Ressources humaines et financières
Le nombre d’employés engagés à plein temps dans le secteur des ISBL a atteint 116.610 actifs en 2019, souligne le rapport. Dans le détail, les domaines de la "Culture, Sport et Loisirs", du "Développement et Logement" et des "Services sociaux, intermédiaires philanthropiques et promotion du bénévolat" occupent près des deux tiers de l’emploi à plein temps du secteur.
Par ailleurs, 272.000 personnes étaient employées à temps partiel en 2019, et plus d’un million étaient engagées en tant que bénévoles au service des ISBL en 2019.
Si les ressources humaines du secteur sont assez confortables, il n’en est pas de même pour les ressources financières qui s’élevaient à 34,4 milliards de DH en 2019.
Plus précisément :
- Près de 2 ISBL sur 10 fonctionnent avec un budget annuel de moins de 5.000 DH.
- Plus de 6 sur 10 fonctionnent avec moins de 50.000 DH.
- Seules 3% disposent d'un budget de plus de 500.000 DH annuellement.
“Celles, dont le budget dépasse un million de DH, ne représentent que 1,3% des ISBL, mais concentrent 64,3% des ressources globales du tissu associatif”, souligne le rapport.
En 2019, les ISBL ont dépensé 76% de leurs ressources financières, soit 26,2 milliards de DH. Notons que la dépense annuelle moyenne est de l’ordre de 139.500 DH par institution.
“Les dépenses annuelles de la majorité des ISBL restent toutefois faibles”. En effet, près de 27% des unités ont déclaré avoir dépensé moins de 5.000 DH en 2019.
Conditions d’activité et contraintes au développement
“Les conditions dans lesquelles les ISBL fonctionnent sont, souvent, peu propices pour mener à bien leurs activités et en assurer le bon suivi”, souligne l’enquête du HCP.
Plus de la moitié des associations (54,7%) ne possèdent pas de local pour exercer leurs activités. Dans le détail, 9,2% sont locataires, 9,5% propriétaires de leurs locaux et 26,6% sont hébergées à titre gratuit (principalement par des institutions publiques (57,4%) ou par l'un de leurs membres (35%)), selon l’enquête.
La non-disponibilité d’un local est un obstacle, parmi d’autres, au développement des activités des ISBL. D’autres sont mis en avant dans le rapport de l’enquête, à savoir :
- l’accès au financement ;
- le manque ou l’absence d’équipements pour le fonctionnement ;
- la non-disponibilité des bénévoles ;
- des difficultés pour établir des plans pour l’avenir ;
- des difficultés à nouer des partenariats avec d’autres organisations.
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