Les raisons de la hausse des prix de la viande de volaille
Tout comme les viandes rouges, le prix de la viande de volaille a augmenté durant les deux derniers mois et devrait rester élevé jusqu’en janvier. Un retour aux prix normaux est prévu vers les mois de février - mars, si la demande est au rendez-vous.
Les prix de la viande de volaille sont en hausse . Contactée par Médias24, l’Association nationale des producteurs des viandes de volailles (APV), qui relève de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole au Maroc (FISA), nous le confirme.
"Il y a deux mois, on tournait autour de 15 DH/kg, prix sortie ferme. Si l’on ajoute les frais de transport et d’abattage, estimés à 3 DH/kg, le prix de vente au consommateur final s’élevait à 18 DH/kg", explique notre source.
"Aujourd’hui, on tourne autour de 17,5 à 18 DH/kg, prix sortie ferme, soit un prix de vente de 20 à 21 DH/kg au consommateur final", poursuit-elle.
Les importations de poussins impactées par la détection d’un foyer de grippe aviaire en Espagne
En plus de la cyclicité du secteur, qui explique habituellement les hausses de prix de la viande de volaille, s’est ajoutée ces derniers mois une variable exogène : un foyer de grippe aviaire détecté en Espagne en février 2023, qui a lourdement impacté les importations marocaines.
"Un foyer de grippe aviaire fortement pathogène en Espagne a été détecté et il se situait à environ 80 km d’un grand couvain qui livre 80% des reproducteurs marocains", poursuit notre interlocuteur.
"La politique marocaine est telle que l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires interdit tout approvisionnement de volaille, d’œuf ou de viande de la zone impactée. Ainsi, au lieu d’importer 300.000 à 400.000 poussins reproducteurs par mois, comme à notre habitude, le Royaume n’en a importé que 60.000 en février dernier."
"Il n’y a donc pas eu de poules durant février, et la compensation n’a commencé qu’en avril. Si l’on prend en considération le fait qu’un poussin a besoin de 6 à 7 mois pour atteindre le pic de production d’œufs, en plus de 4 semaines environ de stockage au couvain, ce n’est que 8 mois après qu’il peut être en pleine production en termes de viande, ce qui coïncide avec les mois d’octobre - novembre."
Retour prévu à une situation normale vers février - mars
D'autres facteurs s'ajoutent à cela. "La faiblesse actuelle de l’offre s’explique aussi par le retrait du marché de plusieurs acteurs. Les prix de vente de la viande de volaille étaient très faibles durant les mois de juillet et août. En plus des chaleurs qui ont impacté la production, et des charges élevées, plusieurs éleveurs ont perdu de l’argent."
"Certains ont été contraints d’arrêter leur activité et d’autres de réduire leur capacité. Ils ont donc entamé le quatrième trimestre de l’année avec moins de mise en place. Les fournisseurs ne voulaient pas non plus fournir d’intrants à plusieurs d’entre eux, qui étaient incapables de payer leurs charges accumulées durant l’été."
"L’offre est donc faible durant ce quatrième trimestre de l’année, ce qui entraîne une hausse des prix", ajoute notre source, qui souligne qu’"elle le restera jusqu’en janvier prochain. Ce n’est qu’à partir de février - mars que l’on pourrait retrouver une situation normale, si la demande est au rendez-vous."
"On pourrait même connaître une surproduction, accompagnée d’un effondrement des prix, puisque tous les éleveurs qui n’avaient pas importé en février l’ont fait en avril", conclut notre interlocuteur à l’APV.
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