Des attaques de lion à Khénifra ? Une hypothèse à écarter selon l'ANEF
Des rumeurs persistantes concernant l'apparition d'un lion dans la région d'Aït Boukhayou, dans la province de Khénifra, ont fait le tour de la toile. Ce mardi 9 janvier, l'Agence nationale des eaux et forêts a rompu le silence après avoir mené des investigations sur le sujet. Verdict : l’hypothèse des attaques de lion est à écarter.
"Suite à de nombreux témoignages signalant l'observation d'un lion dans la région de Khénifra (commune de Sebt Ait Rahou, tribu Ait Boukhayou) et d'Oulmès (forêts de Tifoughaline et de Bouquachmir), l'Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), en collaboration avec les autorités locales et la Gendarmerie royale, ont lancé une mission de prospection approfondie sur le terrain", annonce un communiqué de l'ANEF publié ce mardi 9 janvier.
Au cours des investigations sur le terrain, "les empreintes découvertes dans les espaces naturels limitrophes ont été identifiées comme appartenant à des spécimens de la famille de canidés, probablement un chien ou un loup doré d'Afrique du Nord", précise l'ANEF.
Par ailleurs, l'autopsie effectuée sur une agnelle à Oulmès, présumée avoir été attaquée par le lion selon les témoignages locaux, a révélé que "les traces de morsures ne correspondent pas à celles d'un lion".
"Elles sont relativement petites, écartant ainsi toute implication de la part d'un félin de grande taille et correspondant plutôt à un canidé", ajoute la même source, qui précise "qu'un ratissage par drones a été effectué selon un plan de vol couvrant les forêts limitrophes aux zones de témoignage. Aucune observation ou indice n’ont été soulevés".
Compte tenu des éléments tangibles sur le terrain, l’hypothèse des attaques de lion est à écarter.
Toutefois, les équipes de l’ANEF poursuivent leurs prospections sur le terrain et restent attentives à tout témoignage ou observation d’animaux sauvages en vue de vérifier leur véracité et agir en conséquence, conclut l'Agence.
Aux origines de l'histoire, des témoignages
Le début de cette histoire remonte à environ une dizaine de jours, lorsque des informations ont circulé concernant "l'attaque d'un lion contre une jeune femme dans la vingtaine" à Aït Boukhiyou, relevant de la commune de Sebt Ait Rahou.
À la suite de cet incident, la commune de Sebt Ait Rahou avait émis un communiqué clarifiant que les rumeurs sur la présence du lion de l'Atlas et son attaque contre une jeune fille étaient infondées.
Le communiqué avait également souligné qu'une commission locale mixte, composée de toutes les parties concernées, avait mené une recherche sur le terrain et rencontré certains résidents de la région, confirmant ensuite qu'il n'y avait aucune information sur la présence de cet animal. De plus, les services médicaux spécialisés avaient confirmé que la légère blessure subie par la jeune fille attaquée ne portait pas les traces d'une morsure de lion.
Contacté par Médias24 plus tôt dans la journée de ce mardi 9 janvier, Mohamed Bouftihi, président national de l'Association pour la chasse et le développement durable et la lutte contre la chasse illégale au Maroc, a indiqué que les autorités locales, en présence de la Gendarmerie royale, de la protection civile, des forces auxiliaires et des agents du département des eaux et forêts, ont lancé le lundi 8 janvier, après de nombreux témoignages de villageois attestant la présence d'un lion, de nouvelles opérations de recherche, cette fois à l'aide de drones, dans le secteur d'Amhrouq.
Le président de l'association nous a expliqué qu'à ce jour, aucune trace du lion n'a été trouvée, à l'exception d'un agneau qui a péri après l'attaque d'un animal féroce. D'après Mohamed Bouftihi, cette attaque semble plus celle d'un loup que d'un lion, car l'agneau n'a pas été dévoré. "Un loup peut tuer un troupeau en entier sans dévorer aucune bête", a-t-il souligné.
Toujours à la recherche du lion de l'Atlas
Malgré l'absence de preuves scientifiques de la présence d'un lion, certains ne perdent pas espoir et continuent à scruter les indices.
Lhoucine Faouzi, directeur et producteur du programme Amoudou, dont l'équipe est elle aussi engagée dans les recherches, a affirmé à Médias24 que ce n'était pas la première fois que des personnes déclarent avoir aperçu un lion.
Selon lui, des villageois avaient déjà signalé il y a quelques années la présence de ces fauves dans les régions d'Azilal, Zawyet Cheikh, et Imilchil. Certains témoignages remonteraient même à 1987.
"Nous coordonnons nos efforts avec le Département des eaux et forêts pour mener des recherches conjointes, en utilisant des drones de jour comme de nuit, ainsi que des expéditions sur le terrain pour traquer d'éventuelles empreintes", a-t-il ajouté.
En ce qui concerne le cas de la première jeune fille de Aït Boukhayou qui avait affirmé avoir été attaquée par un lion, Lhoucine Faouzi se montre sceptique quant à sa version des faits : "Nous ne croyons pas qu'un lion l'ait attaquée. Sa description laisse plutôt penser à un sanglier".
Cependant, le chercheur s'est penché sur un second témoignage d'un villageois qui était à dos de mule au moment des faits. "La bête se serait arrêtée à cinq mètres de lui. D'après sa description, sa queue ressemblait à une faucille ou au dard d'un scorpion, avec une touffe de poils à l'extrémité, ce qui correspond à une queue de lion dressée".
Selon des témoignages concordants, certains villageois affirment même avoir entendu dans la soirée du lundi 8 janvier des rugissements qui ressembleraient à ceux d'un lion. "Pour le moment, ne nourrissons pas de faux espoirs, car les témoignages récoltés ne sont pas suffisants. Cependant, tous s'accordent sur un élément crucial : la taille de l'animal rencontré ne correspondait pas à celle des lions que l'on pourrait apercevoir dans les zoos ou les documentaires animaliers", souligne Lhoucine Faouzi.
Léon l'Africain, ou Hassan El Wazzan, avait au XVIe siècle décrit le lion d'Afrique du Nord. Selon lui, il existait deux espèces de lions : l'un, de taille normale, vivant en meute dans la savane, à l'image du lion africain ; et l'autre, de taille moyenne, habitant la montagne. Ce dernier, qui vivait en solitaire ou en couple, était connu pour sa timidité et ne s'en prenait jamais aux humains.
"Si on retrouve un lion dans l'Atlas, il appartiendra sûrement à cette dernière espèce", conclut Lhoucine Faouzi.
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