CAN 2023. L’équipe nationale jouit d’un large éventail de milieux axiaux (Data)
Avec le retour d’Amine Harit et l’avènement d’Ismael Saibari, le Maroc dispose d’une pléiade de milieux relayeurs et offensifs à même de déstabiliser les blocs défensifs adverses par la passe, le contrôle orienté ou le dribble. Explications dans le 5e épisode de notre série consacrée aux performances statistiques des internationaux marocains.
Parmi les internationaux amenés à accompagner Sofyan Amrabat au sein du triangle à pointe basse du milieu de terrain de l’équipe nationale, Walid Regragui a le choix entre deux milieux relayeurs (Ounahi, El Khannouss), deux milieux offensifs (Harit, Saibari) et Selim Amallah, dont les qualités techniques et la culture tactique lui permettent de couvrir les deux postes.
Un quintuplé d’internationaux talentueux qui symbolisent à leur manière une position stratégique et hybride. En effet, dans le football contemporain, les milieux de terrain ont l’obligation d’attaquer comme de défendre.
S’exprimant dans les colonnes du magazine The Blizzard, Roberto Martinez, actuel sélectionneur du Portugal, souligne que "l’importance de la conscience tactique varie en fonction du poste du joueur. Les milieux doivent être capables de lire le jeu".
Les milieux axiaux ont donc aussi la mission de réguler le tempo du match de par leur position au cœur du jeu. Ils animent, inspirent et sont les détonateurs de l’animation offensive de leur équipe.
Altruiste par nature, le milieu de terrain axial pense d’abord aux autres avant de penser à lui. Et pour cause, les meilleurs relayeurs possèdent un sens du sacrifice aiguisé. Ils sont donc les éléments clés pour la bataille de la possession et de la récupération, ceux qui protègent la défense et alimentent les attaquants.
Justement, la disparition du poste de meneur de jeu (Riquelme, Rui Costa, Zidane) trouve sa source dans le besoin de polyvalence sur le terrain. De nos jours, il est impossible pour une équipe de ne dépendre que d’un seul joueur isolé, comme le fut Maradona à son époque par exemple. Une sorte de chef d’orchestre entre les lignes, qui marche pour se replacer et rechigne à se replier pour aider défensivement ses coéquipiers.
Bilal El Khannouss, une culture tactique au-dessus de la moyenne
Aujourd’hui, mener le jeu demande non seulement de redescendre d’un cran sur le terrain, mais aussi de s’acquitter d’une part de travail défensif via un bon positionnement.
Autrement dit, c’est dans l’entrejeu que sont placés les joueurs les plus intelligents tactiquement. Selim Amallah est l’un des ambassadeurs de cette vision.
Le milieu de terrain du Valence F.C. brille par sa sobriété balle au pied, mais aussi par sa faculté à enrayer les attaques adverses par un placement efficace. En conséquence, il arrive à gratter et intercepter plusieurs ballons par match.
Dans le système défensif en 4-1-4-1 privilégié par Walid Regragui, le droitier a prouvé lors de la Coupe du monde 2022 son goût pour le combat et les replis défensifs. Tactiquement, il avait pour mission de fermer les lignes de passes intérieures en vue d’orienter le jeu adverse sur les côtés.
Dans la même veine, Bilal El Khannouss a lui aussi une culture tactique au-dessus de la moyenne, en dépit de son jeune âge. Sa technique sûre réduit ses pertes de balles dans les zones dangereuses et lui offre une panoplie individuelle pour se sortir des pièges tendus par les organisations défensives adverses.
Toutefois, le pensionnaire du KRC Genk doit s’améliorer dans la prise de décision par abus de précipitation. C’est également le cas de Azzedine Ounahi, qui a de très fortes chances d’être titulaire face à la Tanzanie, le mercredi 17 janvier à 18 h.
Des similitudes entre Amine Harit et Ismael Saibari
Rapide, technique, doté d’une bonne frappe, Azzedine Ounahi a beaucoup plus de qualités que de défauts. S’ils ne sont pas trop exposés défensivement, ces sauts de concentration lui valent quelques mauvais placements défensifs.
Toutefois, son maniement du ballon et ses dribbles sont d’une redoutable efficacité et lui ouvre des espaces qu’il dévore par des courses progressives rapides.
À moins que le sélectionneur national ne décide de titulariser Amine Harit en tant qu’attaquant sur l’aile gauche, le milieu offensif marseillais possède d’indéniables qualités pour déséquilibrer les blocs défensifs compacts qui tenteraient d’enrayer la mécanique offensive de l’équipe nationale. Grâce à sa vision de jeu périphérique, à sa qualité de passe, mais aussi à ses dribbles et à ses chevauchées balle au pied. De prime abord, le profil d’Amine Harit semble identique à celui d’Ismael Saibari.
Il y a effectivement plusieurs similitudes entre les deux joueurs. En revanche, le milieu du PSV Eindhoven se démarque d’abord par sa qualité d’appel entre les lignes, et surtout ses contrôles orientés.
Des contrôles toujours bien sentis et dans le sens du but qui, de surcroît, lui permettent d’éliminer toute une ligne défensive. En sus, Ismael Saibari est plus décisif dans le dernier geste, que ce soit à la passe ou au tir.
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