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CULTURE

Le Maroc vit une révolution culturelle (Mehdi Qotbi)

Au terme de l’année écoulée, le président de la Fondation nationale des musées du Maroc dresse un bilan positif grâce à une fréquentation croissante qui a permis d’augmenter les recettes de la billetterie des lieux muséaux Pour renforcer leur trésorerie, Mehdi Qotbi révèle avoir de plus en plus recours à des sociétés privées qui louent les espaces d’exposition pour organiser des événements liés à la culture. Explications.

Le Maroc vit une révolution culturelle (Mehdi Qotbi)
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Le 21 janvier 2024 à 11h00 | Modifié 22 janvier 2024 à 8h03

Malgré le tremblement de terre en septembre dernier qui a endommagé plusieurs musées à Marrakech, le président de la fondation a déclaré que 2023 avait été exceptionnelle avec un nombre croissant de visiteurs marocains et de nombreuses ouvertures de lieux muséaux à travers le territoire du Maroc.

"Une fréquentation en hausse de 80% en 2023"

"L’année écoulée a été marquée par une fréquentation muséale en hausse de 80% et plus particulièrement par des Marocains qui sont de plus en plus nombreux à visiter ces lieux de culture", se félicite Mehdi Qotbi en ajoutant que 5 nouveaux musées ont ouvert en 2023.

Et d’ajouter que cette dynamique n’a pas vraiment souffert du séisme qui a endommagé le musée des confluences Dar Bacha, les tombeaux Saâdiens, le palais Badi et le palais Bahia à Marrakech.

Selon notre interlocuteur, la convention signée récemment entre la Fondation et le ministère de l'enseignement supérieur qui offre une gratuité pour les étudiants souhaitant visiter un musée sera bénéfique pour booster leur fréquentation en 2024 qui se présente ainsi sous les meilleurs auspices.

"Le Maroc est en train de vivre une révolution culturelle"

Citant l’élan culturel donné par le souverain, Mehdi Qotbi révèle que certains grands musées comme celui des confluences à Marrakech ou Mohammed VI à Rabat reçoivent de plus en plus de dons d’œuvres d’art qui permettent d'enrichir leur collection et in fine leur programmation.

"Nous sommes en train de vivre une véritable révolution culturelle avec par exemple des œuvres d'art qui ont remplacé les bijoux ou l'argenterie dans les demandes de cadeaux pour les listes de mariage", estime le président pour qui cette transformation des mœurs a permis de booster le marché de l’art.

"Les locations ponctuelles de musées permettent de compléter les recettes de la billetterie"

Pour satisfaire cet appétit culturel des Marocains permettant de renforcer les recettes de la billetterie qui restent cependant insuffisantes pour assurer les frais de fonctionnement des musées, Qotbi nous révèle que la fondation s’est inspirée de l’expérience commerciale du Métropolitain Muséum of Art de New York qui loue ponctuellement son espace à des entreprises privées pour organiser des événements culturels.

Et de citer le groupe Louis Vuitton (LVMH) qui s’est récemment acquitté de la somme de 600.000 dirhams pour organiser deux soirées au musée d’art contemporain de Rabat et d’autres exemples comme la banque française Société Générale ou la fondation Cartier qui a fait découvrir sa collection de bijoux à un panel de journalistes venus du monde entier dans le cadre d’événements privés.

Sans compter les recettes de plus en plus importantes des lieux de restauration comme le Bacha Coffee du musée éponyme de Marrakech devenu, selon lui, mondialement connu avec des files d'attente qui dépassent souvent trois heures.

"Une diversification des ressources pour devenir autonome à terme"

"Ce recours croissant aux entreprises privées marocaines ou étrangères qui utilisent la culture pour renforcer leur image représente l’avenir car il permet de générer des recettes complémentaires importantes pour équilibrer le budget des musées qui dépend souvent de la seule billetterie", avance le président en évoquant un début d’autonomie financière pour certains grands musées.

La diversification des sources de revenus deviendra par conséquent la priorité de la fondation nationale qui vise à terme une autonomie financière pour chaque lieu muséal du Maroc à l’image de la fondation privée Majorelle de Marrakech qui, bien que non lucrative, arrive même à dégager des bénéfices au musée Yves Saint Laurent.

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Le 21 janvier 2024 à 11h00

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