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À Casablanca, la campagne de libération de l’espace public se poursuit

Dans la métropole, de nombreuses artères continuent d’être libérées des marchands ambulants et des "ferrachas" notamment. Selon nos informations, cette campagne, lancée par le nouveau wali Mohamed Mhidia, se poursuivait ces derniers jours à Benjdia, sur le boulevard Mohammed VI et du côté du souk d’El Korea. Médias24 s’est rendu sur place.

À Casablanca, la campagne de libération de l’espace public se poursuit
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Le 30 janvier 2024 à 19h09 | Modifié 31 janvier 2024 à 10h13

Les autorités locales, sous les ordres du gouverneur de la préfecture de Casablanca, Mohamed Mhidia, continuent de libérer plusieurs artères casablancaises des marchands ambulants, des ferrachas et des charrettes. L’impact positif est visible, pour les habitants de la ville, les riverains et les commerçants soumis précédemment à une concurrence déloyale. Mais quid de l’impact social ?

Une campagne de grande ampleur

Cette campagne, lancée par le nouveau wali de la région Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, quelques jours après sa nomination, a déjà concerné plusieurs arrondissements, notamment ceux d’Anfa et de Moulay Rachid, mais aussi différents quartiers comme celui de Tacharouk, Hay Hassani, Sidi Moumen et Sbata. Elle s’est poursuivie ces derniers jours, selon nos informations, dans d’autres zones de la ville, notamment sur le boulevard Mohammed VI, aux alentours du souk d’El Korea et à Benjdia.

Le boulevard Mohammed VI était historiquement occupé par les marchands ambulants, malgré les nombreuses tentatives des autorités publiques, depuis plusieurs années, de l’en libérer.

Médias24 s’est rendu sur place ce lundi 29 janvier et a constaté une certaine remise en ordre sur ce boulevard mythique. Comme le montrent les photos ci-dessous, que nous avons prises, ses artères sont relativement vides. Même constat aux alentours du souk d’El Korea, où nous nous sommes rendus le même jour.

Nous avons également constaté, dans les deux endroits cités, la présence d’agents d’autorité locale qui veillent à faire respecter les consignes du nouveau wali. Des opérations de peinture des façades sont également en cours.

À Casablanca, la campagne de libération de l’espace public se poursuit

Boulevard Mohammed VI

À Casablanca, la campagne de libération de l’espace public se poursuit

Boulevard Mohammed VI

À Casablanca, la campagne de libération de l’espace public se poursuit

Boulevard Mohammed VI

À Casablanca, la campagne de libération de l’espace public se poursuit

Vers le souk d’El Korea, près de l’avenue Mohammed VI

À Casablanca, la campagne de libération de l’espace public se poursuit

 Souk d’El Korea

À Casablanca, la campagne de libération de l’espace public se poursuit

Souk d’El Korea

Mettre fin à l’exploitation illégale du domaine public

Pour rappel, lors de l’une de ses premières sorties publiques après sa nomination en novembre 2023, à l’occasion d’une session extraordinaire du conseil régional de Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia était revenu sur les problématiques majeures du Grand Casablanca, pour en faire sa priorité. Il s’agit de la rareté de l’eau, de la mobilité, de l’emploi des jeunes et de la libération de la métropole des bidonvilles et des bâtiments menaçant ruine.

À ce jour, la libération de l’espace public, qui n’a peut-être pas été annoncée clairement par le nouveau wali, ainsi que celle de la ville des bidonvilles et des bâtiments menaçant ruine, font partie de ses premières actions visibles sur le terrain, notamment sur les réseaux sociaux.

Mettre fin à l’exploitation illégale du domaine public à Casablanca est donc l’une de ses priorités. Par ces opérations, Mohamed Mhidia ambitionne, entre autres, de libérer les trottoirs pour faciliter la circulation des piétons et fluidifier la circulation sur les routes. Mais aucune communication officielle n’a été faite autour de ces actions.

Certes, l’exploitation du domaine et de l’espace publics est un fléau qui n’a que trop duré à Casablanca, mais encore faut-il l’aborder de manière à prendre en considération les contraintes des deux parties. D’un côté, les autorités locales et, de l’autre, des populations dont les situations sociale et financière sont, dans la majorité des cas, difficiles.

Il faut des alternatives

Contacté par Médias24, Abdullah Abaakil, représentant du PSU au conseil communal de Casablanca et membre de la commission des infrastructures, nous confirme qu’une campagne de libération de l’espace public de grande ampleur est actuellement en cours à Casablanca, et qu’elle a été ordonnée par le wali.

"De toute façon, de telles opérations ne peuvent être menées que par la force publique, que la commune de Casablanca ne détient pas. Nous avons même appris le démarrage de cette campagne en même temps que la population ! Le conseil de la ville ne dispose pas de l’attribution de la force publique. Selon la loi actuellement en vigueur, on peut édicter des règles, mais les faire appliquer ne relève pas des compétences de la ville".

Notre interlocuteur, qui se dit en faveur de la libération de l’espace public et juge inacceptable son exploitation, pointe toutefois la méthode utilisée, "discutable" selon lui.

"Tout d’abord, il n’y a pas d’alternative. Il y a des gens dont c’est le gagne-pain et qui sont chassés de certains endroits. Ils sont dans l’illégalité, c’est certain, mais il y a ce que l’on appelle 'le droit acquis'. Si les forces publiques ne font rien pour régler une situation illégale qui perdure depuis plusieurs années, elle devient une sorte de droit acquis. De ce fait, une personne prend l’habitude d’occuper illégalement un espace public pendant plusieurs années et n’accepte donc pas que l’on mette un terme à son activité du jour au lendemain."

"Cette campagne doit être générale"

"Ce qui nous distingue un peu du gouvernement, c’est qu’on [les élus, ndlr] connaît les préoccupations des populations. Il faut donc que l’on se penche sur des solutions plus raisonnables qui arrangeraient un peu tout le monde", ajoute Abdullah Abaakil.

"Je conteste la campagne de libération de l’espace public telle qu’elle est présentée. Celle-ci doit être générale et concerner également les restaurants et les cafés dont les terrasses sont, elles aussi, dans l’illégalité. J’aurais aimé qu’elle commence par les gens qui peuvent s’en remettre plus rapidement ; on a beaucoup d’abus dans ce sens qui créent des problèmes de circulation des piétons".

"Ces campagnes ne sont menées que dans les quartiers visibles ; beaucoup moins en périphérie", ajoute le représentant du PSU au conseil communal de Casablanca. "Ce qui m’interpelle le plus, c’est que nous pourrions gérer la situation différemment. Dans notre programme, nous avions d’ailleurs formulé plusieurs propositions pour légaliser et organiser de telles activités, mais la seule alternative apportée et retenue par la ville a été un échec total. C’est celle des marchés de proximité, qui a montré ses limites. Nous pourrions par exemple procéder de la même manière que pour les gens qui vendent les escargots près de la forêt de Bouskoura notamment, qui sont immatriculés", conclut-il.

Ce point de vue est partagé par Houcine Nasrallah, vice-président de la ville chargé de l’urbanisme, qui nous avait confirmé dans un article précédent que pour régler la problématique des marchands ambulants, il faut d’abord réduire le chômage. "Le chômage est endémique au Maroc, les gens essaient de survivre par tous les moyens. On ne peut donc pas les en empêcher", nous avait-il expliqué, insistant sur le fait que la situation sociale "ne s’améliore pas dans le pays".

La ville se retrouve face à un flot ininterrompu de jeunes qui arrivent sur le marché du travail et restent sans emploi. On ne peut donc pas leur en vouloir d’essayer de se débrouiller par tous les moyens. Le gouvernement doit trouver des solutions innovantes pour accompagner ces catégories de personnes.

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