Le Maroc stagne au 97e rang de l’indice mondial de la perception de la corruption en 2023
En 2023, le Maroc a obtenu une note de 38 sur 100 dans l’index international de la perception de la corruption élaboré par Transparency International, en stagnation par rapport à 2022 mais en détérioration par rapport à 2018.
Transparency Maroc, l’association marocaine de lutte contre la corruption, suit depuis plus de deux décennies plusieurs indicateurs relatifs à la transparence et à la bonne gouvernance des affaires publiques. Elle a organisé ce mardi 30 janvier une conférence pour présenter les résultats de l’année 2023.
Après une lueur d’espoir en 2018, alors que le pays occupait le 73e rang parmi 180 pays dans l’indice de perception de la corruption, publié annuellement par Transparency International, avec une note de 43 sur 100 "en relation avec l’adoption de la loi du droit d’accès à l’information et l’adhésion au partenariat pour le gouvernement ouvert, le pays est revenu sur une pente descendante", souligne l’association.
En 2023, le Maroc obtient une note de 38 sur 100 et occupe le 97e rang, soit un recul de 5 points et 24 places en cinq ans. En 2022, le Royaume avait obtenu la même note et s’était établi au même rang qu’en 2023, selon les données de Transparency International.
Dans la région MENA, les pays arabes ayant les meilleurs scores sont les Émirats arabes unis (score IPC : 68), Israël (62) et le Qatar (58), tandis que les scores les plus faibles sont obtenus par la Libye (18), le Yémen (16) et la Syrie (13). La moyenne régionale est de 38, égale au score du Maroc.
Au niveau international, la moyenne mondiale est de 43 sur 100. Pour la sixième année consécutive, le Danemark est en tête du classement, avec un score de 90. La Finlande et la Nouvelle-Zélande suivent de près avec des scores respectifs de 87 et 85.
En face, les pays en proie à des conflits ou à des conditions très restreintes de liberté et à une faible démocratie. Ainsi, en 2023, la Somalie (11), le Venezuela (13), la Syrie (13) et le Soudan du Sud (13) se situent en bas de l’index.
La corruption d’élus marocains, un indice "très inquiétant"
Au Maroc, "ce recul dans l’indice de perception de la corruption est accompagné d’un autre recul aussi important dans l’indice de la liberté d’expression, le Maroc ayant occupé le rang 144 en 2023 comparé au rang 135 en 2022, soit un recul de 9 places", note l’association marocaine.
"Les affaires de corruption présentées devant les tribunaux durant les dernières années, parmi lesquelles 29 parlementaires des deux chambres, soit 5% de l’effectif des parlementaires, est un indice très inquiétant du niveau de corruption atteint par notre pays, particulièrement en raison des attributions du Parlement en matière de législation et de contrôle de l’exécutif", poursuit la même source dans un communiqué.
Ces indicateurs, à côté d’autres non moins alarmants, dressent le contour d’un Maroc englué dans la corruption systémique et endémique qui menace la stabilité sociale, économique et politique de notre pays et encourage l’économie de rente et la protection des activités illicites.
Pour lutter contre la corruption systémique à laquelle fait face le Maroc, Transparency Maroc recommande de mettre en place des actions en urgence :
- actualiser et mettre en œuvre la Stratégie nationale de lutte contre la corruption, gelée malgré sa validation depuis décembre 2015, et adopter le corpus juridique anticorruption stipulé par la Constitution de 2011, particulièrement la loi de régulation du conflit d’intérêt et la loi de criminalisation de l’enrichissement illicite débattue durant six ans au cours de la précédente législature et retirée par l’actuel gouvernement ;
- réviser la loi du droit d’accès à l’information, la loi de déclaration du patrimoine et la loi de protection des dénonciateurs de la corruption.
Transparency International est une organisation non gouvernementale internationale d’origine allemande ayant pour principale vocation la lutte contre la corruption des gouvernements et institutions gouvernementales mondiaux.
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