Un nouveau décryptage scientifique révèle les secrets de la sismicité profonde dans l’Arc de Gibraltar
Une récente étude scientifique revient sur la structure de la microplaque d’Alboran et les mécanismes pouvant générer des séismes profonds.
Située à l'ouest de la mer Méditerranée, la mer d’Alboran est très connue pour son activité sismique fréquente et intense. L'Arc de Gibraltar dessine les contours de cette mer, bordée au nord par les cordillères bétiques et au sud par le massif du Rif.

Au Maroc, Al Hoceima et ses environs enregistrent annuellement un nombre important de secousses. Cette activité est due à l’existence à proximité de la ville d’un nombre important de failles situés dans la mer d’Alboran. Historiquement, la ville a connu plusieurs séismes destructeurs, dont les plus intenses sont ceux de 1994 (magnitude de 5,8 à l’échelle de Richter), 2004 (magnitude 6,2 à l’échelle de Richter) et 2016 (magnitude de 6,3, mais situé au large dans la mer).
Outre ces séismes, la région de l’Arc de Gibraltar enregistre de manière sporadique un nombre important de séismes profonds, dont les épicentres sont alignés des côtes marocaines aux côtes espagnoles. Or, ce nombre important de séismes a donné naissance à diverses théories sur lesquelles il n'y a actuellement pas d’unanimité.
Une récente étude scientifique a essayé de déchiffrer la structure de la microplaque d’Alboran et les origines de la séismicité profonde de la région.
La subduction de la microplaque d’Alboran
La subduction est un phénomène géologique indiquant l’enfoncement d’une plaque tectonique sous une autre plaque tectonique de densité plus faible. Au niveau de ces zones, les séismes enregistrés sont les plus violents (ex. : séisme du Chili d’une magnitude de 9,5 à l’échelle Richter).

Sur le plan géologique, le système étudié est principalement le résultat de la migration, durant les temps géologiques, de la microplaque d’Alboran vers l’ouest et sa collision avec la plaque ibérique tangentiellement avec la convergence de la plaque africaine et euroasiatique.
Afin de modéliser le mécanisme physique du tremblement de terre et la structure détaillée de la plaque tectonique, ces scientifiques ont utilisé les formes d'ondes enregistrées par les stations sismiques situées dans le nord du Maroc et le sud de l’Espagne. Principalement, il s’agit des ondes de la coda (ondes résiduelles observés à la fin du sismogramme) et les arrivées des ondes primaires supplémentaires.
Les origines de la séismicité profonde
Par rapport aux stations sismique de l’Atlas, les stations du Rif enregistrent de fortes et longues ondes de coda après les ondes primaires et secondaires. Par la modélisation de ces ondes, ces chercheurs supposent qu’une structure anormale du manteau le long du trajet des ondes est capable de produire des codas longues et fortes. Il s’agit d’une couche à faible vélocité le long de la surface supérieure de la plaque plongeante.
Ces couches à faible vélocité témoignent de la présence de silicates de magnésium hydratés s'étendant jusqu'à environ 600 km de profondeur, ce qui peut conduire à ce que la fragilisation par déshydratation favorise l'apparition de séismes profonds.
À la fin de leur modélisation, les auteurs ont noté que la position de la fosse de subduction (ligne rouge) a changé. De même, les lignes pointillées magenta et cyan, représentant respectivement la surface de la plaque aux profondeurs de 200 et 600 km, ont également changé.

Pour expliquer ce phénomène, la couche à faible vélocité s’est située au-dessous de la surface de la plaque plongeante, contrairement aux zones de subduction classique où cette couche est située au-dessus de la surface de la plaque. Dans ces conditions, ils supposent que la plaque enfoncée dans les cordillères bétiques soit inversée, ce qui fait que la surface supérieure de la plaque et la couche à faible vitesse apparaissent comme la base de la plaque actuelle.
Il y a cinq millions d’années, cette plaque aurait initialement subducté vers le nord, puis se serait formée ultérieurement à la suite d'un retrait de la plaque et d'un ancrage sur les marges continentales ibérique et africaines.
À découvrir
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.