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Relations Maroc-UK : le potentiel inexploité mis en avant au Parlement britannique

Amélioration de l’accord d’association, investissements dans les provinces du Sud, collaborations et facilitations commerciales… Voici ce que propose l’Institut britannique pour le libre-échange dans un rapport présenté à la Chambre haute du Parlement britannique.

Relations Maroc-UK : le potentiel inexploité mis en avant au Parlement britannique
Présentation du rapport de l’IFT sur les relations Maroc - UK, à la haute chambre du Parlement britannique
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Le 5 mars 2024 à 16h15 | Modifié 5 mars 2024 à 17h09

Mises en avant à Londres, les opportunités d’investissement et de collaboration entre le Maroc et le Royaume-Uni sont nombreuses et de natures diverses. Un rapport établi par l’Institut britannique pour le libre-échange (Institute for Free Trade - IFT) en a consigné plusieurs dans le cadre de recommandations visant à améliorer les relations entre les deux royaumes pour “libérer un potentiel inexploité”, comme l’indique le titre du document.

Ce dernier a été présenté le 26 février dernier devant la Chambre haute du Parlement britannique, en présence du ministre britannique de l’Investissement, Lord Dominic Johnson, de l’ambassadeur du Maroc au Royaume-Uni, Hakim Hajoui, et de responsables politiques, diplomates et chefs d’entreprises.

Ce rapport, dont l’auteur est Shanker Singham, expert en commerce international, est établi par l’Institut britannique pour le libre-échange ; un organisme de recherche présidé par Daniel Hannan, lord de Kingsclere. Celui-ci a accordé une récente interview à Médias24, à l’occasion d’une visite au Maroc en janvier dernier, au sujet des axes de collaboration et des opportunités de développement des relations bilatérales entre les deux royaumes.

“Une destination évidente pour les investissements”

Plus détaillé, ce rapport évoque les pistes d’amélioration de l’accord d’association entre le Maroc et le Royaume-Uni, et propose aussi des mesures qui peuvent être prises immédiatement, sans attendre un accord bilatéral renforcé.

S’il y a autant d’opportunités de collaboration entre les deux royaumes, c’est notamment en raison du potentiel marocain et de sa position stratégique en tant que “gateway to Africa” que le rapport met justement en exergue. Celui-ci considère que le Maroc “n’est pas seulement un super hub logistique, mais une destination évidente pour les investissements, notamment pour les secteurs de l'électro-voltaïque, de l’hydrogène et de l’automobile”.

“Dans un monde idéal, nous aurions déjà signé un véritable accord de libre-échange”. Mais, “compte tenu des contraintes de temps et de ressources”, l’Institut concentre son rapport sur des mesures dont la mise en place est plus rapide. Il s’agit notamment de :

  • “profiter des zones économiques spéciales réservées aux investisseurs britanniques” ;
  • “créer un club d’affaires Maroc-Royaume-Uni”;
  •  “assouplir les règles de visa pour les voyageurs d’affaires” ;
  • supprimer des restrictions sur les exportations de produits alimentaires marocains qui ne sont pas produits en Grande-Bretagne” ;
  • “permettre aux exportateurs britanniques de profiter pleinement du financement des exportations britanniques” en traitant le Sahara ”comme le reste du territoire douanier du Maroc”.

Région du Sahara, “déjà reconnue comme partie du territoire douanier du Maroc”

Dans ce sens, le rapport de IFT vise à ce que UK-Export Finance soit autorisé à fournir une assistance aux investisseurs britanniques dans la région du Sahara, “déjà reconnue au Royaume-Uni comme faisant partie du territoire douanier du Maroc”.

À ce sujet, le rapport présenté par le ministre britannique de l’Investissement, rappelle la décision de la Haute Cour britannique de 2023, qui a confirmé le rejet irrévocable de la requête du polisario contre l'accord d'association Maroc-UK.

Cette décision, en défaveur d’une association pro-polisario, a “de profondes implications”, lit-on dans le rapport. “Elle consolide les relations commerciales post-Brexit du Royaume-Uni avec le Maroc, notamment en ce qui concerne le Sahara. Et soutient implicitement les revendications territoriales du Maroc au Sahara ; en reconnaissant les préférences tarifaires de l’accord à appliquer aux produits en provenance du Sahara, la Cour a reconnu que cette zone fait partie du territoire douanier du Maroc”.

Le rapport souligne également que “les exportations britanniques vers le Maroc sont relativement faibles et stagnantes”, tout en rappelant que “le Maroc promeut activement les investissements au Sahara”.

“Bien que les tribunaux de l’UE ne soient pas allés aussi loin que les tribunaux britanniques, l’UE a mis en place un processus garantissant que les préférences commerciales accordées au Maroc dans le cadre de l’accord d’association avec l’UE sont également accordées aux produits en provenance du Sahara occidental”, souligne l’organisme de recherche.

La suppression des quotas commerciaux, un “avantage instantané pour le consommateur britannique”

Ce dernier s’arrête également sur les opérations stratégiques à mettre en place de part et d’autre. En matière de diversification et de résilience des chaînes d’approvisionnement, l’IFT rappelle que le Royaume-Uni est très dépendant des importations agroalimentaires en provenance de l’UE. Il estime donc que le pays “peut certainement bénéficier d’achats supplémentaires de tomates et d’oranges du Maroc”.

À ce sujet, l’IFT rappelle que “les termes actuels de l'accord Maroc-Royaume-Uni prévoient la suppression des droits de douane sur les produits agricoles et les produits agricoles transformés, le poisson et les produits de la pêche originaires du Maroc, à l'exception d'une liste limitée de produits (tomates, concombre, etc.) dont l'exonération douanière reste conditionnée au respect de contingents et/ou de calendriers”.

Or, “compte tenu du faible risque de concurrence directe entre producteurs marocains et britanniques”, l’Institut recommande “la suppression de ces quotas”. Et ce, “surtout que même si les exportations marocaines de tomates ont augmenté, elles sont toujours soumises à des quotas commerciaux”. L’élimination de ces derniers “apportera un avantage instantané aux consommateurs britanniques en baissant les prix dans un contexte de crise du coût de la vie”.

Du côté marocain, l’IFT propose que le Royaume “diversifie son portefeuille d'investissement en augmentant le nombre des investissements britanniques”.

Autres pistes d’investissement à prioriser selon le document : celle de l’écosystème de fabrication automobile au Maroc, capable de produire plus de 700.00 véhicules par an, et qui projette d’atteindre 1 million de véhicules par an d’ici 2025 ; mais aussi le projet de “gigafactory” pour la production de batteries pour véhicules électriques, qui “place le Maroc en leader de la mobilité verte dans la région MENA”.

Par ailleurs, le rapport rappelle que le Royaume-Uni se préoccupe des restrictions en matière d’assurance pour les entreprises britanniques. C’est pourquoi les deux pays “doivent convenir de dispositions” pour supprimer ces restrictions.

“Il existe actuellement des restrictions sur le paiement anticipé des importations jusqu'à 30% de la valeur, que les entreprises britanniques souhaiteraient voir supprimées. Le Royaume-Uni souhaiterait qu’il n’y ait aucune exigence de paiement anticipé pour les importations. Tout paiement doit être soumis uniquement aux conditions contractuelles et à l’accord des commerçants. Le Royaume-Uni souhaiterait également voir la suppression de la TVA sur certains produits alimentaires auxquels elle est actuellement liée”, lit-on dans ledit rapport.

En tout cas, l’Institut à l'initiative de ce document estime que les deux royaumes “sont à la veille d’une opportunité de consolider une relation géostratégique importante pour le monde”. Pour l’IFT, “le destin de la relation Maroc-UK est la géographie”.

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Le 5 mars 2024 à 16h15

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