Sociétés régionales multiservices : L'Intérieur réplique aux idées reçues
A Bouarfa, province de Figuig, une délégation du ministère de l'Intérieur a tenu une rencontre avec les citoyens pour dissiper les inquiétudes au sujet des sociétés régionales multiservices.
Exit les régies communales, les agences autonomes, les gestionnaires délégués... Le Maroc se dirige vers l'instauration d'un système unifié pour la gestion de l'eau, l'électricité et l'assainissement liquide. Ces services seront bientôt gérés, à l'échelle de chaque région, par des sociétés régionales multiservices.
L'arsenal juridique est bouclé. Des projets de "conventions de gestion" ont été peaufinés, des business plans dressés. Le mécanisme sera mis en œuvre dans quatre régions pilotes, Casablanca-Settat, Souss-Massa, Marrakech-Safi et l'Oriental qui ouvriront le bal.
Dans chacune de ces régions, les conseils communaux et provinciaux ont créé des "groupements de collectivités" qui tiendront lieu de "maître de service", tout en détenant 40% des futures sociétés qui seront à capitaux 100% publics.
Officiellement, l'ensemble des communes concernées ont voté en vue de rallier ce nouveau système. Ou presque. A Figuig, l'ambiguïté demeure. Dans cette province de l'Oriental, il y a eu deux séquences contradictoires : Les élus ont d'abord rejeté le ralliement au "groupement Al Sharq Distribution", avant de faire volte face lors d'une session extraordinaire. Cette deuxième séquence fait actuellement l'objet d'un recours devant le tribunal administratif.
Le futur dispositif implique-t-il une privatisation de l'eau ? Une augmentation des tarifs ? Une vampirisation des ressources hydriques ? Lors de l'examen du cadre légal au Parlement, ces interrogations avaient été soulevées à l'échelle nationale. A Figuig, où l'eau revêt une dimension culturelle, ces mêmes inquiétudes sont toujours d'actualité. Et ont même conduit des habitants à manifester contre les SRM.
Des tensions qui ont poussé le ministère de l'Intérieur à organiser, ce jeudi 21 mars à Bouarfa, une rencontre d'information avec la société civile locale, histoire de dissiper les "idées reçues".
Le premier éclairage touche à la politique tarifaire. A ce sujet, on se montre catégorique : "La mise en place des sociétés régionales multiservices n'aura aucun impact sur la tarification", assure Mustapha El Habti, Gouverneur directeur de la Direction des réseaux publics locaux.
"La tarification est une question sensible, qui a un impact social. Tout changement ne pourra avoir lieu qu'après l'accord du propriétaire du service et du ministère de l'Intérieur", explique le Gouverneur.
Des précautions juridiques ont été prises au niveau de la convention de gestion. Elle prévoit le maintien des tarifs actuels. Le non-respect de cette clause sera assorti de sanctions.
Le responsable se montre également rassurant sur la vocation des futures SRM. Si ces entités seront érigées en "sociétés anonymes", c'est, entre autres raisons, pour leur faciliter l'accès au financement notamment via l'endettement. Il ne s'agit pas pour autant de "privatiser l'eau. Au contraire, elle permettra une gestion de ce secteur pour et par les Marocains", explique M. El Habti.
"Le projet vise à asseoir le pouvoir des collectivités sur ce service, qui demeure un service public", ajoute l'intervenant.
Des propos que l'on peut vérifier à la fois dans la structure capitalistique des SRM et leurs organes de direction. Contrairement aux gestionnaires délégués actuellement en place (Lydec, Redal etc.) dont les capitaux sont 100% privés, les sociétés régionales prévoient une participation obligatoire de l'Etat. Dans les faits, les SRM pilotes seront mêmes dotées de capitaux exclusivement publics.
Dans le cas de l'Oriental, le capital de la SRM sera réparti entre l'Etat (25%), le groupement des collectivités territoriales Asharq Distribution (40%), l'ONEE (25%) et la Région (10%).
Niveau gouvernance, l'assemblée générale comptera des représentants de la GCT, de l'Etat, de la région et de l'ONEE.
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