Foot Maroc-Angola. Le début d’une nouvelle séquence pour l'équipe nationale
Une défense à remodeler, un nouveau capitaine à désigner, l’intégration de Brahim Diaz… la rencontre entre le Maroc et l’Angola est bien plus qu’un match amical. Programmé ce vendredi 22 mars sur la pelouse du stade Adrar à Agadir (22 h), ce rendez-vous marque le lancement d’une nouvelle dynamique positive.
Une révolution est en marche au sein de l'équipe nationale. C’est en substance ce qu’à déclaré le sélectionneur, Walid Regragui, à l’occasion de la conférence de presse précédant la rencontre entre le Maroc et l’Angola, diffusée sur Arryadia (vidéo ci-dessous), et dont le coup d’envoi sera donné ce vendredi 22 mars au stade Adrar, à Agadir.
L’intention du technicien marocain de redonner un nouvel élan à l’équipe nationale émanait déjà de la liste des 24 joueurs convoqués pour cette fenêtre internationale, qui se refermera face à la Mauritanie, le mardi 26 mars. Guidé par le besoin de rajeunir l’effectif et d'insuffler une nouvelle dynamique positive, Walid Regragui a choisi de se passer de plusieurs cadres, notamment Romain Saïss, dont le brassard de capitaine reviendra certainement à Hakim Ziyech.
Une volonté de rajeunissement assumée et expliquée par le sélectionneur, lors de la conférence de presse qui s’est tenue le jeudi 21 mars, à Agadir. "J’ai rencontré Saïss en Arabie saoudite pour lui annoncer qu’il ne serait pas sélectionné, mais qu’il aurait la possibilité de revenir en équipe nationale. Ce n’était pas une sanction individuelle. Mais je lui ai dit que j’avais besoin de tenter de nouvelles associations en défense, avec des jeunes comme Abdel Abqar et Chadi Riad".
La nécessité d’apporter du sang frais ne concerne pas uniquement la défense. Le milieu de terrain est lui aussi concerné. La présence de Brahim Diaz, qui a eu pour effet d'éjecter Amine Harit du groupe, aura forcément un impact sur l’animation offensive de l’équipe nationale. L’opposition face à l'Angola, dernier quart finaliste de la Coupe d’Afrique des nations 2023, aura des airs de laboratoire expérimental et en dira long sur les intentions du sélectionneur national, dont les préoccupations sont multiples.
Fini les faux pieds en défense centrale
La pénurie d’arrières latéraux gauches dont souffre l’équipe nationale ne risque pas de chambouler la hiérarchie instaurée par Walid Regragui sur le flanc gauche de l’arrière garde marocaine. Le droitier Noussair Mazraoui est absent pour cause de blessure. Mais dans l’esprit du sélectionneur, il restera la première option, devant Yahya Attiat Allah.
L’ancien joueur du Wydad de Casablanca, aujourd’hui pensionnaire du championnat russe, sous les couleurs du FK Sotchi, a donc de fortes chances d’être titularisé, au même titre que son pendant côté droit, Achraf Hakimi. La charnière centrale sera composée "de joueurs alignés à leur poste de prédilection, a assuré Walid Regragui.
"Nous avons quelques soucis en termes de relance", reprend-il. "En faisant jouer un gaucher, défenseur droit, et un droitier, arrière gauche, cela crée un déséquilibre défensif et dans la relance. Donc, nous allons essayer de mettre chaque joueur à son poste". Partant de ce principe, Abdel Abqar et Achraf Dari sont en concurrence pour occuper l’axe droit de la défense centrale, alors que Chadi Riad et Nayef Aguerd se disputent l’axe gauche.
Un choix judicieux qui donnera plus de latitude aux défenseurs centraux marocains, en vue d'avancer balle au pied, gagner en précision et trouver de nouvelles lignes de passe en profondeur. Parce que jusqu'à présent, les circuits de transmission à partir de l'arrière-garde étaient prévisibles et donc faciles à contrer. "Brahim nous a donné sa parole dès qu'il a signé au Real Madrid" (Walid Regragui)
La convocation de Brahim Diaz, Eliesse Ben Seghir et Soufiane Rahimi cadre parfaitement avec l’obligation de faire peser sur les défenses adverses un danger davantage protéiforme. Au passage, la présence du premier nommé a tardé à se préciser, malgré un lien entretenu par le sélectionneur depuis plusieurs mois.
"Ce n’est pas que Brahim Diaz ne voulait pas choisir le Maroc. Mais au début de nos échanges, il avait un transfert important à régler, du Milan AC vers le Real Madrid", a confié Walid Regragui. "Et pour ne pas vous mentir, quand un joueur choisit de représenter une sélection africaine, lors d’une saison où une Coupe d’Afrique des nations est programmée, cela peut rendre les choses difficiles pour lui. Mais dès qu’il a signé au Real Madrid, Brahim nous a donné sa parole", a-t-il ajouté.
Parole tenue par le milieu offensif madrilène, pour le plus grand bonheur de son sélectionneur et des supporters marocains. Et son apport sera précieux. Que ce soit face à l’Angola ou à la Mauritanie, le Maroc sera opposé à des équipes qui ne font pas de la possession du ballon une obsession. Et cela ne risque pas de changer de sitôt.
Or, sous Regragui, l'équipe nationale a souvent éprouvé des difficultés face à ce genre d'adversaire. Sur les quatre défaites subies par le technicien marocain à la tête de l’équipe nationale, trois l’ont été alors que le Maroc affichait un pourcentage de possession plus élevé que ses adversaires. La difficulté réside dans la grande densité des joueurs adverses sur une portion très réduite du terrain.
Les équipes ne défendent pas à 5, mais à 7, 8 ou 9 joueurs regroupés et proches de leur surface de réparation. L’espace est par conséquent extrêmement réduit, et l’accès à la surface de réparation restreint. Sachant que ces phases de jeu font des fois perdre à l'équipe nationale sa structure, cela facilite la transition adverse.
Plus justes et remuants dans les 30 mètres adverses
Invité lors d’une émission sur un média espagnol, Luis Enrique, coach d'Achraf Hakimi au Paris Saint-Germain, a exposé les clés pour déverrouiller les défenses hermétiques en bloc bas. "Les solutions sont de rester calme, jouer juste et être bien positionné pour attaquer via des projections vers l’avant, des combinaisons intérieures et des mouvements aux abords de la surface de réparation”.
"Toutefois, je tiens à préciser que ce n’est pas le système qui importe, mais l’intensité et l’agressivité mises par les joueurs pour l’animer", a-t-il poursuivi. Dès lors, un changement de système de la part de Walid Regragui n’est certes pas à écarter, mais il ne représentera pas un remède miracle.
Dans l’optique de casser le plafond de verre du bloc bas auquel se heurtent trop souvent les Lions de l’Atlas, une attaque composée de Hakim Ziyech, Brahim Diaz et Soufiane Rahimi, en soutien d'Ayoub El Kaabi, qui marche actuellement sur l’eau, se caractérise par une variété de profils rarement vue en équipe nationale.
À la clairvoyance et la qualité de passe de Hakim Ziyech, s'additionnent la justesse technique et la faculté d’élimination de Brahim Diaz dans les petits espaces. Le Madrilène sera également utile en naviguant dans les half spaces, en vue de créer de l’incertitude dans l’esprit du latéral et du central adverses.
On peut en dire autant d'Eliesse Ben Seghir, dont l'entraîneur autrichien à l’AS Monaco, Adi Hütter, ne cesse de louer les qualités d’élimination et de vitesse. Soufiane Rahimi, meilleur buteur de la Champions League asiatique (8 buts) avec Al Ain (EAU), possède quant à lui un profil assez rare en équipe nationale. Celui d’avaleur d’espace, précis dans les tirs hors de la surface de réparation.
La capacité de l’ex du Raja à répéter les courses et à sans cesse attaquer l’espace entre la défense et le gardien, aussi réduit soit-il, va servir les intérêts de l’équipe nationale en semant le trouble en face. Cela dit, "il faudra du temps aux nouveaux joueurs pour s’intégrer au collectif et créer des automatismes et des affinités techniques. C’est justement l'intérêt de ces deux matchs amicaux", a conclu le sélectionneur national. Premier test, ce soir vendredi face à l’Angola.
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