À quelles cultures les pluies printanières bénéficieront-elles ?
Toute goutte de pluie est la bienvenue dans le contexte de sécheresse qui sévit au Maroc. L’ingénieur agronome Abdelmoumen Guennouni estime que les récentes pluies printanières sont profitables à l’ensemble des cultures encore en place, y compris aux céréales et aux légumineuses.
Les précipitations ont fait leur retour en ce mois de mars pour le plus grand bonheur des Marocains. Au début du mois, de fortes pluies orageuses s’étaient abattues sur le Nord, atteignant jusqu’à 110 mm dans la province de Chefchaouen.
Depuis la mi-mars, des pluies éparses, couplées à des chutes de neige et à des vents forts, sont observées. Jusqu’à 33 mm ont été relevés par la Direction générale de la météorologie (DGM) le lundi 25 mars. Les précipitations sont toujours au menu des prochains jours, d’après les prévisions de la DGM.
Quelles sont les cultures qui pourraient bénéficier des dernières pluies printanières ? C’est la question que nous avons posée à l’ingénieur agronome Abdelmoumen Guennouni. Ce dernier estime que ces précipitations profiteront à l’ensemble des cultures qui tiennent debout.
Céréales et légumineuses également bénéficiaires
"Toutes les cultures encore en place vont profiter de ces précipitations, y compris les céréales et les légumineuses, là où elles ont poussé. Le bénéfice dépendra évidemment du niveau des pluies et de l’état de la culture en question. Les pluies profiteront même aux cultures irriguées, aussi bien quantitativement (nombre de mm) que qualitativement (réduction de la salinité). Les cultures sous serre, elles, ne sont pas directement concernées", explique Abdelmoumen Guennouni.
Il y a quelques années, les pluies abondantes caractérisaient les mois de décembre, janvier et février. Aujourd’hui, il semble que ces précipitations se déplacent graduellement de l'hiver vers le printemps. Nos cultures s’acclimateront-elles à cette nouvelle donne ?
Seules les cultures non hybrides sont propices à l’adaptation
Pour Abdelmoumen Guennouni, une étude à long terme s’impose pour vérifier cette hypothèse : "Nous n’avons pas assez de recul pour confirmer le déplacement, au Maroc, des pluies vers le printemps. Il faudrait une étude poussée sur le long terme pour tirer des conclusions".
"Certes, les plantes s’adaptent naturellement et progressivement aux conditions environnementales. Or, la majorité des cultures étant des variétés hybrides sélectionnées dans des conditions particulières et se renouvelant à chaque campagne, celles-ci n’ont pas le temps de s’adapter".
"Les autres cultures, notamment les cultures non hybrides, peuvent s’adapter, mais à condition de revenir chaque année et sur le long terme. Des conditions qui ne sont malheureusement pas réunies dans la pratique agricole marocaine. Même à l’échelle mondiale, on n’utilise presque plus les semences paysannes − ce que nous appelons variétés fixées − qui se transmettent entre agriculteurs et reviennent fréquemment dans les mêmes lieux de production", souligne Abdelmoumen Guennouni.
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