Fès : le conseil de la ville est quasiment à l'arrêt, entre élus confrontés à la justice et difficultés de budget
Situation budgétaire difficile pour la ville de Fès dont le conseil communal peine à élaborer un budget visé par la Wilaya. L’implication de certains élus dans des affaires judiciaires complique la situation.
“La commune est quasiment à l’arrêt”, déplore Mohamed Khyi, président du groupe PJD au sein du conseil communal de Fès. Pour lui, de multiples raisons expliquent cette situation. Parmi elles, la mauvaise gestion de certains élus prouvée par les affaires judiciaires dans lesquelles ils sont impliqués.
Notre interlocuteur n’y va pas de main morte. Il incrimine le président du conseil communal, Abdeslam Bekkali, pour la situation dont “souffre” la ville de Fès dont l’entretien des espaces verts et les services de propreté ont reculé.
“Il suffit de faire un tour en ville pour apercevoir les ordures dans les rues sombres qui plus est, en raison des pannes au niveau de l’éclairage public. Les marchés sont en plein chaos. La ville souffre mais il n’y a pas de budget alloué aux équipements. Pour la deuxième année consécutive, les budgets proposés ont été refusés par l’autorité administrative. Seules des dépenses ont été accordées par la Wilaya, sur la base du budget de 2022”, explique-t-on de même source.
Pour rappel, le budget de la ville de Fès n’a pas été visé par le ministère de l’Intérieur en 2023. La commune de Fès a alors reçu un budget établi par le wali sous forme d’arrêté. Elle n’était pas en mesure d’engager des dépenses d’investissement qui concernent des équipements communaux tels que la voirie, les espaces verts, l’éclairage public etc.
Selon Mohamed Khiyi, “la part de TVA perçue par la commune est de 7 MMDH, complètement versée dans les dépenses obligatoires ; à savoir l’exécution des jugements, le paiement des factures d’eau et d’électricité, ainsi que les créances de la SDL chargée de l’entretien de la propreté”.
Pour notre interlocuteur, l’une des causes de cette situation n’est autre que la mauvaise gestion financière des élus “tombés pour corruption, ainsi que ceux encore poursuivis”.
De plus, il accuse “le président d'être le responsable des problèmes liés aux dossiers de développements de la ville, avec les élus qui n’ont aucune compétence et aucun encadrement politique”.
Contacté par nos soins, le président du conseil communal de Fès, Abdeslam Bekkali, n’a pas donné suite à nos sollicitations à l’heure où nous écrivions ces lignes. Rappelons qu’il a été innocenté par la section financière de la Cour d’appel de Fès, dans une affaire de dissipation de deniers publics. Son adjoint, Abdelkader Boussairi, aux côtés d’autres accusés, a été condamné à cinq ans de prison ferme.
LIRE AUSSI :
5 ans de prison ferme pour Abdelkader Boussairi (ex-parlementaire et adjoint du maire de Fès)
à lire aussi
Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.
Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.
Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.
Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.
Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.