Tourisme : pourquoi les recettes touristiques vont baisser en 2024
Depuis juillet 2023, les recettes de voyages enregistrent une baisse constante avec 23,7 MMDH réalisés à fin mars 2024 contre 25 MMDH à la même période de l’année écoulée. Ce reflux, qui s’explique par la fin de l’effet post-Covid et la crise inflationniste dans les marchés européens, va générer une légère baisse des recettes par rapport à 2023.
D’après les derniers chiffres de l’Office des changes, les recettes de voyages se sont établies à 23,7 MMDH à fin mars 2024, contre 25 MMDH à fin mars 2023, soit un léger retrait de 5,1% qui, selon des sources fiables, aurait des causes conjoncturelles qui devraient durer jusqu’à la fin de l’année.
La fin de l’effet "revenge travel" en juin 2023
"Il n’y a aucune raison de s’alarmer", souligne la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor. Selon elle, le pic historique des recettes recensée en 2023 − 105 MMDH − s’explique simplement par un effet de rattrapage appelé "revenge travel", qui s’est produit entre 2022 et juin 2023.
Lors de la réouverture des frontières marocaines en février 2022, les marchés européens manifestaient une forte appétence pour les voyages et disposaient d’un important budget grâce aux économies réalisées pendant deux années de crise qui avaient empêché tout déplacement touristique à l’international.
"Les recettes atteindront les prévisions de la feuille de route malgré la baisse à venir"
"À partir de juillet dernier, les recettes de voyages ont commencé à décliner par rapport à 2022. Mais le plus important à retenir, c’est que les recettes actuelles marquent un retour à un niveau de dépenses plus attendu", précise Fatim-Zahra Ammor. Elle l’assure : le niveau de recettes prévues pour l’ensemble de l’année 2024 est en phase avec les objectifs tracés par la feuille de route sur la période 2023-2026.
Le volume des recettes devrait atteindre 101 MMDH à la fin de l’année en cours, puis 110 MMDH en 2025, avant de culminer à 120 MMDH à l’horizon 2026, précise encore la ministre, citant les dernières estimations actualisées de la feuille de route.
À l’appui de son optimisme, Fatim-Zahra Ammor affirme qu’en comparant 2024 à 2019, les arrivées du premier trimestre 2024 sont en progression de 32% et les recettes de 44%. Des chiffres qui, selon elle, laissent à penser que les objectifs de la feuille de route seront atteints.
"La spirale inflationniste a accéléré le retour à une croissance normale"
Une lecture que confirme un membre influent de la Confédération nationale du tourisme (CNT), qui évoque un retour à la normale après une période exceptionnelle de forte consommation.
"Si la profession s’attendait à ce que l’engouement touristique post-Covid des marchés européens pour le Maroc − qui a généré des recettes historiques en 2023 − finira par prendre fin en 2024, la spirale inflationniste mondiale qui a commencé après le début du conflit entre l’Ukraine et la Russie a accéléré le retour à une croissance normale, avec des touristes qui dépensent moins", souligne notre interlocuteur à la CNT. La hausse constante des arrivées devrait limiter la baisse des recettes, conclut-il.
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