Astrazeneca : voici les raisons du retrait de la vente du vaccin anti-Covid (Dr Robert Cohen)
Le retrait du vaccin anti-Covid d’AstraZeneca est lié à la baisse de la demande au niveau international et à ses effets indésirables sur les jeunes, notamment face à l’évolution des vaccins ARN, nous explique le Dr Robert Cohen, expert international en vaccinologie.
Le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé ce mercredi 8 mai qu’il retirait de la vente son vaccin contre le Covid-19, Vaxzevria, l’un des premiers mis sur le marché pendant la pandémie, invoquant une chute de la demande.
Contacté par Médias24, le Dr Robert Cohen, expert international en vaccinologie et pédiatre infectiologue, rappelle qu’historiquement, AstraZeneca avait décidé de ne pas réaliser de bénéfices sur son vaccin anti-Covid dont la technologie a été développée par l’Université d’Oxford, afin d’en faire le vaccin le plus largement diffusé.

Pr Robert Cohen, expert international en vaccinologie
"Toutefois, au cours de l’année qui a suivi son lancement, on s’est aperçu qu’il provoquait chez les sujets jeunes plus d’effets indésirables que les vaccins ARN, en particulier des phénomènes de thromboses qui survenaient trois semaines après l’injection de la première ou deuxième dose", explique-t-il.
Au cours de la pandémie, les vaccins ARN ne pouvaient pas couvrir toute la demande à l’échelle internationale. "A ce moment-là, le rapport bénéfice-risque d’AstraZeneca restait excellent, en particulier chez les sujets âgés", précise le Dr Cohen.
Mais depuis 2020, "le virus a largement évolué. Nous en sommes actuellement à la quatrième génération de vaccins ARN, qui s’adaptent aux variants. De ce fait, il est plus difficile, voire impossible, pour AstraZeneca de s’adapter à l’évolution du virus du Covid par rapport aux vaccins ARN", poursuit l’expert.
Par ailleurs, il n’y a plus de problèmes de disponibilité du vaccin vu que l’on ne vaccine actuellement que les sujets à risques et les personnes âgées. Et il y a assez de vaccins ARN pour couvrir ce besoin dans le monde.
A noter que les vaccins ARN sont ceux de Pfizer et Moderna, qui "vont persister sur le marché", ajoute le professeur.
De son côté, le Dr Moulay Saïd Afif, président d’Infovac-Maroc et membre du comité de vaccination anti-Covid, explique à Médias24 que les effets secondaires provoqués par le vaccin d’AstraZeneca, notamment la thrombose, concernent principalement les personnes âgées de moins de 55 ans et touchent un cas sur un million de vaccinés.

Dr Moulay Saïd Afif, président d’Infovac-Maroc, avec le Pr Bara Ndiaye,
doyen de la Faculté de médecine et de pharmacie de Dakar.
"Au Maroc, la direction de la pharmacovigilance n’a détecté aucun cas d’effets secondaires liés à l’injection du vaccin AstraZeneca. De plus, le vaccin qui a été le plus utilisé est celui de Sinopharm (80% des personnes vaccinées), suivi de Pfizer, AstraZeneca et Johnson", conclut-il.
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