Nouveaux détails sur l’affaire des 8 ressortissants koweïtiens à Marrakech
Commission d’enquête du ministère de la Justice, mineure victime et accusée, résultats inconnus de l’autopsie… Voici les nouveaux détails de l’affaire des ressortissants koweïtiens qui ont bénéficié de peines légères malgré la gravité des faits.
L’affaire a éclaté suite aux condamnations jugées légères dont ont écopé des ressortissants koweïtiens alors que le dossier porte sur des faits graves.
Contacté par nos soins, Omar Arbibe, président de la section Marrakech-Ménara de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH), qui s’est constituée partie civile dans cette affaire, nous a transmis des détails sur cette affaire qui a attiré l’attention du ministère de la Justice.
Notre interlocuteur met également en exergue différents éléments qui posent problème dans ce dossier, notamment l’absence de sept prévenus, qui n’ont effectivement assisté à aucune audience après avoir quitté le territoire national.
Enquête de l’inspection générale du ministère de la Justice
"Une commission du ministère de la Justice a été envoyée à la juridiction concernée, le jeudi 9 mai, dans le but d’enquêter sur cette affaire", nous fait savoir Omar Arbibe. L’association attend les résultats de cette enquête et assure qu’un procès en appel aura lieu, même si les demandes de la partie civile ont été rejetées en premier ressort.
Comme annoncé dans un précédent article publié par Médias24, les demandes de la famille de la défunte (Hayat H.) ont en effet été rejetées par le tribunal de première instance de Marrakech dans son jugement du 3 mai. Selon notre interlocuteur, ce rejet s’explique par le fait que le dossier ne porte pas sur la mort de la jeune femme de 21 ans.
Pourtant, la cause de la mort est toujours inconnue. "Une autopsie a été réalisée mais nous en ignorons les résultats", déplore Omar Arbibe.
N’ayant retenu aucun chef de poursuite relatif à la mort de Hayat H., le dossier s’est limité à des accusations allant de la "débauche" à la "consommation de drogue". La majorité de ces ressortissants koweïtiens ont obtenu des peines d’emprisonnement avec sursis. Un seul a été poursuivi puis condamné à sept mois de prison ferme pour "détournement de mineure" et "attentat à la pudeur sans violence". Le détail des condamnations est consultable ici.
Une affaire aux multiples anomalies
La mineure en question est âgée de 17 ans. Selon Omar Arbibe, elle faisait partie des personnes présentes dans la villa où est décédée Hayat H. Notre source indique qu’en plus d’être victime, elle est poursuivie pour "débauche". "Son cas est traité à part, par un juge des mineurs".
Autre anomalie relevée par l’AMDH : la condamnation d’une employée de la villa dans laquelle est décédée Hayat H. au lieu du gérant ou du propriétaire du complexe touristique. "Le gérant n’a même pas été entendu par la gendarmerie. Idem pour le gérant de la boîte de nuit où se trouvaient les prévenus avant de se rendre dans la villa. Celui-ci a été convoqué à deux reprises, en vain. Jusqu’à aujourd’hui, il n’a jamais été entendu", déplore Omar Arbibe.
Notre interlocuteur regrette également la qualification des faits retenue contre les prévenus. Pour lui, il s’agit d’une exploitation sexuelle, ce qui est un crime et non une qualification délictuelle.
De plus, "le dossier du décès n’est pas du tout passé devant le tribunal". Omar Arbibe estime qu’une re-qualification des faits en "trafic d’êtres humains" est plus judicieuse.
Enfin, le président de la section Marrakech-Ménara de l’AMDH déplore la récurrence de ces faits portant sur le "tourisme sexuel". Il rappelle l’affaire de viol sur mineure qui a éclaté il y a quatre ans. Elle impliquait également un ressortissant koweïtien et une mineure de Marrakech. Cette affaire, toujours en cours, a été marquée par la fuite à l’étranger de l’accusé qui bénéficiait de la liberté provisoire.
Omar Arbibe estime que la société civile et les mouvements féministes réagissent peu à ce type d’affaires. "Nous nous retrouvons seuls à batailler. Certains ne se réveillent que trop tard", conclut-il.
LIRE AUSSI
Marrakech. Prison avec sursis pour des Koweïtiens après le décès d’une Marocaine
À découvrir
à lire aussi
Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.
Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.
Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.
Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.
Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.
Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.