Avenir de l'agriculture et pénurie d'eau : voici les recommandations de l'IRES
Les recommandations des experts portent sur trois volets principaux, à savoir l'optimisation de la gouvernance, la garantie de la souveraineté alimentaire et le renforcement de la résilience et de la durabilité du secteur agricole. Détails.
Le rapport de l'IRES, portant sur l’avenir de l’agriculture et l’impact des politiques publiques face à la situation critique du capital hydrique au Maroc, n'a pas seulement pointé les dysfonctionnements, il a également formulé une panoplie de recommandations.
En voici les principales :
- Adopter une approche intégrée, systémique et une coordination opérationnelle à l'échelle nationale, régionale et locale en vue de favoriser le développement du secteur agricole, tout en tenant compte du contexte actuel de rareté de l’eau ;
- Favoriser l’arrimage du développement agricole au développement rural afin de soutenir la croissance du secteur agricole et de le préparer à affronter les rudes épreuves menaçant sa durabilité économique, sociale et environnementale ;
- Élaborer et mettre en œuvre une politique agricole inclusive, territorialisée, durable et résiliente, qui intègre et rétablit l'importance de la dimension socioéconomique dans l'élaboration des politiques agricoles ;
- Renforcer la protection des terres agricoles productives contre l'étalement urbain, dans le cadre des politiques d'aménagement du territoire ;
- Capitaliser sur les bonnes pratiques internationales en matière de gouvernance de l'eau ainsi que sur les innovations techniques et sociales : tirer profit, à titre d'exemple, des expériences de pays confrontés à des conditions similaires de sécheresse, comme l'Australie ou la Californie ;
- Promouvoir la participation et l'inclusion de toutes les parties prenantes lors de l'élaboration et de la validation de tout programme, plan ou stratégie de développement de l'agriculture ;
- Faire de la petite agriculture familiale le maillon essentiel de la politique alimentaire. Il convient, donc, d’accorder plus d’attention et de moyens à la petite agriculture familiale car elle représente le socle de la lutte contre l’insécurité alimentaire ;
- Réorienter le modèle agricole vers la satisfaction prioritaire des régimes et besoins alimentaires locaux et développer des filières agricoles à forte valeur ajoutée locale aussi bien au niveau économique que nutritionnel. Il s’agit d’un enjeu crucial pour réduire la dépendance et favoriser la durabilité alimentaire ;
- Renforcer les programmes d'adaptation au changement climatique moyennant les actions d’aménagement hydro-agricole et de gestion de l’irrigation, de conservation des eaux et des sols (collecte des eaux de ruissellement, lutte contre la pollution des eaux et des sols, lutte contre l’érosion, lutte contre l’ensablement et la désertification) et d’aménagements forestiers et pastoraux ;
- Faire de la sécurité semencière nationale une priorité stratégique, visant à réduire la dépendance à l'égard des variétés étrangères ;
- Stimuler les investissements dans l'industrie agroalimentaire, présentant un fort potentiel en termes d'emploi, de valorisation de l'eau, de productivité et de rentabilité économique ;
- Promouvoir l’agriculture climato-intelligente, en tant que fondement d’une agriculture résiliente au changement climatique.
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