Transport routier de marchandises. Le projet de décret régulant l’accès à la profession critiqué
La Coordination des syndicats du secteur du transport routier de marchandises, représentant une partie de la profession, rejette le projet de décret estimant qu'il n'apporte pas la régulation nécessaire au secteur mais complique les conditions d'exercice pour les opérateurs.
La Coordination des syndicats du secteur du transport routier de marchandises, qui regroupe les syndicats affiliés à la CDT, l’UGTM, l’UMT et l’UNTM, refuse certaines dispositions du nouveau projet de décret, relatif à l’accès à la profession, à son exercice et à son maintien dans sa forme actuelle.
Parmi les nouvelles conditions d’accès à la profession fixées par ce texte, figurent l’ajout d’une condition de local social, dans l’objectif de préserver les documents en relation avec l’activité de transport et de les présenter en cas de contrôle et la création d’un registre des professionnels chargés de l’administration permanente et effective de l’activité, ainsi que la fixation de leurs fonctions et de leurs responsabilités au sein de l’entreprise de transport.
Joint par nos soins, le secrétaire général de la Coordination des syndicats du secteur du transport routier de marchandises, Mustapha El Karkouri, affirme : "Ce texte, que nous rejetons intégralement, ne permettra pas une structuration effective de la profession, qui demeure libérale. Il n’aura malheureusement pas d’effets concrets sur le terrain."
Jugeant le marché saturé, la Coordination des syndicats du secteur du transport routier de marchandises appelle le ministère du Transport et de la logistique à retirer ce projet de décret, qui fixe de nouvelles règles d’accès à la profession.
Sont concernés les transporteurs routiers pour compte propre et les transporteurs de marchandises pour compte d’autrui.
Le nouveau texte désavantagera les anciens professionnels, estime Mustapha El Karkouri. "Ces nouvelles conditions défavoriseront un chauffeur opérant de longue date dans le secteur au profit par exemple d’un licencié en études islamiques", illustre-t-il.
"Impossible de gérer le contrôle routier"
Le nouveau projet de décret stipule aussi que la condition d’honorabilité peut être perdue par l’entreprise et la personne chargée de la gestion permanente et effective de l’activité de transport en cas de commission de certaines infractions liées au code de la route, ayant un impact direct sur la concurrence dans le secteur ou sur la sécurité routière, avec la définition des conditions nécessaires pour la récupérer selon les cas.
"L’exécution de cette opération est impossible sur le terrain. Les véhicules de transport routier des marchandises ne suivent pas un horaire fixe. Une entreprise de transport basée à Casablanca ne peut effectuer le suivi, par exemple, de chauffeurs mobilisés à destination de Laâyoune. C’est juste illogique", s’indigne Mustapha El Karkouri.
Les doléances des transporteurs routiers des marchandises ne s’arrêtent pas au nouveau projet de décret.
Dans son dernier communiqué, la Coordination souligne l’importance que le ministère de tutelle respecte scrupuleusement les accords en vigueur en matière de bordereau de fret. Cette dernière demande également d’accélérer la régularisation de la situation des camions dont le poids chargé est compris entre 3,5 et 19 tonnes, et d’appliquer la limitation légale de la surcharge des camions à la source.
La représentation syndicale déplore par ailleurs des problèmes spécifiques que rencontre la profession à Casablanca. Elle annonce avoir contacté les autorités compétentes et avoir veillé à solliciter chaque entité dans son domaine de compétence respectif.
"Parmi les problèmes que nous rencontrons à Casablanca figure la question du port de Casablanca. Les portes 4 et 6 ont en effet été fermées de manière inattendue, ce qui a perturbé notre trajet habituel", fait savoir Mustapha El Karkouri.
"Aucun retour pour le moment de la part du ministère"
La Coordination des syndicats du secteur du transport routier de marchandises appelle ainsi les responsables à intervenir "d’urgence" et à écouter les préoccupations des professionnels. Elle exhorte tous les professionnels à rester vigilants et à se préparer à mener toutes les formes de lutte "légitimes" pour défendre leurs revendications.
"Pour trouver des solutions, il faut d’abord qu’on s’assoit à la table du dialogue avec le ministère. Or, notre coordination ne s’est jamais mise d’accord sur ce texte. Nous n’avons pas signé de PV puisque les discussions ont été entamées avec d’autres représentations", nous précise le secrétaire général de la Coordination.
Le secteur du transport routier de marchandises souffre en effet d’une problématique de représentativité, tel que nous l’avions souligné dans un précédent article.

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