À Marrakech, débats et réflexion sur l'avenir de la francophonie économique
La 4e édition de la Rencontre des entrepreneurs francophones s’est distinguée par des débats et propositions pour passer d’une francophonie culturelle à une francophonie économique créatrice de valeur ajoutée. Aperçu des moments forts de cette journée.
L’espace francophone, qui renvoie à un ensemble de pays partageant le français comme langue commune, fait face à plusieurs défis.
La construction de la francophonie économique, moins dynamique que la francophonie culturelle, constitue le premier challenge de la communauté des Etats francophones, qui pèsent près de 16% du PIB mondial et 20% du commerce mondial des marchandises.
La 4e édition de la Rencontre des entrepreneurs francophones (REF 2024) qui se tient à Marrakech du 29 au 31 mai, a été l'espace de débats visant à la fois l’identification des obstacles au dynamisme économique de l’espace francophone, et les leviers à activer pour faire de celui-ci une force économique et un accélérateur de développement.
La rencontre annuelle, qui a enregistré la participation de plus de 1.500 participants venus de 35 pays, a été rythmée par plusieurs panels axés sur des thématiques représentant à la fois autant de défis que d’opportunités pour les pays francophones.
Elles ont concerné, entre autres, la transition numérique et énergétique, le renforcement de la compétitivité et de la résilience des entreprises francophones, la francophonie économique, la logistique comme élément facilitateur des échanges commerciaux et l’investissement dans le capital humain.
Des pistes pour transformer l’essai "économique"
"Les pays de l’espace francophone disposent d’atouts remarquables et d’énormes complémentarités, autant en termes de ressources naturelles et énergétiques que de technologie, d’innovation et de capital humain", a affirmé le président de la CGEM, Chakib Alj, dont une partie de l'allocution, lors de l’évènement organisé par la CGEM et l’Alliance des patronats francophones (APF), a été axée sur des solutions permettant l’édification d’une francophonie économique robuste.
Le patron de la CGEM a suggéré la mise en place d’une plateforme exhaustive des opportunités d’affaires et d’investissements francophones, couplée à un mécanisme de financement francophone.
Les autres leviers identifiés par le président du patronat marocain concernent la fluidification des processus de visas, via la mise en place de fast-tracks pour les chefs d’entreprise au niveau des patronats, la construction de corridors maritimes et aériens pour faciliter les échanges commerciaux, ainsi que le développement de la connectivité économique et financière.
À cela s’ajoute l’adoption, de la part des pays francophones, de politiques de diversification de leur production et d’accélération industrielle, tout en profitant de l’énorme potentiel disponible en termes d’énergies renouvelables.
Par ailleurs, de l’avis de Patrick Martin, président du patronat français (MEDEF), interrogé par Médias24 en marge de la REF 2024, les PME ont un rôle déterminant à jouer dans le processus de l’édification de la francophonie économique, qui a encore du chemin à parcourir.
Comment renforcer la compétitivité des entreprises francophones
Les intervenants du panel relatif au renforcement de la compétitivité et de la résilience des entreprises francophones ont été unanimes sur le rôle crucial des gouvernements en matière de fiscalité propice à l’investissement privé.
"Les gouvernements dans l’espace francophone doivent investir massivement dans le capital humain et les infrastructures ; deux paramètres déterminants pour la compétitivité des entreprises francophones", souligne Karl Blackburn, président du Conseil du patronat du Québec et vice-président Amériques de l’APF.
Lors de son intervention, Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM, a pour sa part mis en avant le terreau favorable à l’investissement, bâti au Maroc au cours des vingt dernières années avec le concours des pouvoirs publics. Ce qui se traduit par la stabilité politique, économique et financière du Royaume qui, selon lui, a tiré profit de ses institutions fortes et des secteurs régulés, lesquels garantissent la protection des investissements.
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