Pétrole. L’OPEP+ prolonge les réductions de production jusqu’à 2025
En réponse à la baisse des prix et à la demande décroissante, les pays membres de l’OPEP+ ont décidé de prolonger les réductions de production pour garantir un prix du pétrole stable et rentable. Cette décision a été prise lors de la 37e réunion ministérielle de l’OPEP+, tenue à Vienne le 2 juin 2024. Détails.
Depuis le début du mois de mai 2024, le marché pétrolier a connu une certaine stabilité, se traduisant par une baisse des prix. Ceux-ci ont suivi une tendance baissière, atteignant, au moment de la rédaction de cet article (4 juin 2024), 77,41$ le baril, soit le prix le plus bas depuis février 2024.
Cette baisse est le résultat d’une certaine accalmie dans le conflit israélo-iranien et d’une demande en diminution, qui, normalement, devrait faire baisser les prix.
Pour stabiliser les prix et préserver leurs profits, les pays membres de l’OPEP+ ont donc décidé de prolonger les réductions de production, afin de garantir un prix rentable.
Actuellement, les membres de l’OPEP+ réduisent la production de 5,86 millions de barils par jour (bpj), soit environ 5,7% de la demande mondiale. Initialement, la réduction de 3,66 millions de bpj devait expirer fin 2024. Cependant, l’OPEP+ a décidé de prolonger cette réduction d’une année supplémentaire, jusqu’à la fin de 2025.
De plus, les réductions volontaires de 2,2 millions de bpj par huit membres, prévues pour expirer fin juin 2024, ont été prolongées de trois mois supplémentaires jusqu’à fin septembre 2024. Les pays ayant effectué des réductions volontaires de production sont l’Algérie, l’Irak, le Kazakhstan, le Koweït, Oman, la Russie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Le ministre saoudien de l’Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, a expliqué que ces décisions visaient à attendre une baisse des taux d’intérêt et une trajectoire de croissance économique plus stable. "Nous attendons une baisse des taux d’intérêt et une meilleure trajectoire en matière de croissance économique," a-t-il déclaré.
Un marché pétrolier incertain
Malgré ces efforts, le marché reste incertain. Le prince Abdulaziz a indiqué que l’OPEP+ pourrait ajuster ses réductions en fonction de la demande.
Les analystes avaient anticipé une prolongation des réductions volontaires en raison de la baisse des prix du pétrole et de la demande stagnante. Toutefois, l’absence de visibilité sur les orientations futures de la Réserve fédérale américaine (FED) et de la Banque centrale européenne (BCE) continue de peser sur le marché.
Depuis plusieurs mois, le marché pétrolier mondial est en proie à une instabilité persistante, exacerbée par une série de facteurs géopolitiques et économiques. Le conflit russo-ukrainien, les sanctions infligées à la Russie et les tensions croissantes au Moyen-Orient ont poussé les prix du pétrole à des sommets, dépassant les 90 dollars le baril.
Le marché pétrolier a subi une pression considérable en raison des attaques de drones ukrainiens contre des raffineries russes, perturbant la production et l’approvisionnement en pétrole. En parallèle, le conflit israélo-iranien a ajouté une couche de complexité, étant donné que l’Iran est l’un des dix premiers producteurs mondiaux de pétrole et le troisième au sein de l’OPEP en 2024, avec plus de 3,2 millions de barils par jour (bpj).
Les tensions dans le détroit d’Hormuz, crucial pour le transport mondial de pétrole, ont été exacerbées par les menaces des Houthis, perturbant davantage le commerce international. Cette instabilité dans une voie maritime stratégique a contribué à l’incertitude sur le marché.

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