La région Casablanca-Settat s'apprête à lancer un emprunt obligataire d'un milliard de dirhams
Casablanca-Settat est la deuxième région à recourir au marché des capitaux pour lever des fonds. Elle se prépare à lancer un emprunt obligataire d'un millard de dirhams.
Avec un plan de développement régional ambitieux, la région Casablanca-Settat lance un appel d’offres dans le cadre d'un accompagnement afin de recourir au marché des capitaux pour une opération d’emprunt obligataire.
La mission consistera en l’étude et l’assistance à la préparation et au placement d’un emprunt obligataire pour le Conseil de la région Casablanca-Settat, d’un montant d’un milliard de dirhams. Et ce, sur une durée de dix ans.
C'est la deuxième région à se tourner vers ce mode de financement après celle du Souss-Massa qui a déjà eu recours à ce levier.
La région Souss-Massa a ouvert la voie
L’expérience de la Commune d'Agadir dans ce domaine est édifiante puisqu'elle a été la première à s'y aventurer. Elle a levé 1 MMDH en l’espace d’une année ; entre le moment où la décision a été prise et celui où la levée a été effectuée.
"C’est dans l’optique de diversifier les sources de financement que le bureau du conseil communal a pris l’initiative de faire appel au marché des capitaux pour répondre aux besoins de financement en 2022", nous expliquait El Bachir Benhmed, vice-président chargé du Budget et Financement à la commune d’Agadir en mai dernier dans le cadre "M24 Tour" dans la région Souss-Massa.
Sollicité pour un retour d’expérience, El Bachir Benhmed explique que ce n’était “ni compliqué ni facile. Par contre, c’est laborieux”. Il indique que c’est surtout en raison de l’ensemble d’étapes par lesquelles il fallait passer, notamment pour convaincre les parties intéressées.
Retour d'expérience
Il s’agit, d’abord, du conseil qu’il fallait convaincre pour obtenir le feu vert pour avoir recours au marché des capitaux. Mais aussi des ministères de l’Intérieur et des Finances, les investisseurs potentiels afin qu’ils puissent souscrire à l’émission obligataire et, enfin, le “gendarme du marché des capitaux ; l’AMMC”.
“Les investisseurs sur le marché de capitaux n’ont pas l’habitude de suivre les collectivités territoriales, surtout qu’ils ne sont pas très alertes quant à l’évaluation des risques qu’ils peuvent porter sur une commune. Il fallait les convaincre de venir souscrire”, soulève El Bachir Benhmed.
En tout cas, pour réaliser cette opération, le vice-président chargé du Budget et du Financement à la commune d’Agadir, indique qu’il a fallu un accompagnement par un cabinet-conseil. Dans le cas d’espèce, c’est un groupement de banques d’affaires qui s’en est chargé. Il a assuré l’accompagnement pour la “structuration de l’opération”.
La période à laquelle cette opération a été lancée a apporté son lot de difficultés puisque la guerre russo-ukrainienne a impacté la situation du marché. Ce qui a engendré une situation de doute qui s’est finalement soldée par un résultat fructueux ; à savoir la levée d’un milliard de dirhams.
El Bachir Benhmed précise que c’est une levée en deux tranches. La première porte sur 600 MDH sur sept ans, avec des investisseurs nationaux. La deuxième porte sur 400 MDH sur dix ans, avec un investisseurs international, qui est la banque européenne de reconstruction et de développement.
“Ce qui est très intéressant dans cette opération c’est qu’en définitive, on a levé les fonds à des conditions extrêmement et un taux fixe qui permet à la commune d’avoir de la visibilité notamment sur la charge d’intérêt”, a affirmé El Bachir Benhmed.
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