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ECONOMIE

Emploi. Les programmes et politiques actives du marché du travail passés au crible par le PCNS

Le marché du travail marocain est confronté à des défis persistants tels que le chômage élevé, l'inadéquation entre les compétences et les besoins du marché ainsi que la faible participation des jeunes et des femmes. En réponse, l'État a mis en place plusieurs programmes pour promouvoir l'emploi. Un rapport du Policy Center for the New South présente une analyse approfondie et des recommandations visant à optimiser ces programmes publics. Détails.

Emploi. Les programmes et politiques actives du marché du travail passés au crible par le PCNS
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Le 23 juin 2024 à 10h08 | Modifié 23 juin 2024 à 10h08

Le rapport "Politiques actives du marché du travail au Maroc : bilan des programmes phares, défis et pistes d’amélioration" offre une analyse exhaustive inédite des différents programmes et politiques actives du marché du travail (PAMT). Ce document dresse un état des lieux alarmant du marché du travail marocain, marqué par un taux de chômage inédit de 13,7% au premier trimestre 2024, le plus élevé depuis les années 2000, ainsi que par une destruction massive de l'emploi rural.

Face à ces défis, le rapport propose une série de recommandations visant à remédier aux dysfonctionnements du marché du travail. Ces recommandations, essentielles pour la revitalisation économique et sociale du pays, incluent notamment :

Extension et amélioration du ciblage des programmes

-Extension de la cible des programmes : pour maximiser l'impact, les programmes de l'ANAPEC doivent s'étendre au-delà des chômeurs diplômés pour inclure les jeunes en rupture de scolarité, les diplômés des petites villes, les chômeurs de longue durée, et les personnes en situation de handicap. Cette extension permettra de répondre aux besoins spécifiques de chaque groupe et d'améliorer l'efficacité des interventions.

-Amélioration du ciblage : il est essentiel d’affiner le ciblage des jeunes chômeurs en adaptant les programmes aux besoins spécifiques de chaque groupe. Par exemple, les jeunes en rupture de scolarité nécessitent des formations de base avant d’accéder à des formations spécialisées, et les personnes handicapées ont besoin de dispositifs d’accompagnement particuliers pour leur intégration professionnelle.

Collaboration et coordination interinstitutionnelle

-Coordination et complémentarité : mettre en place des dispositifs intégrés couvrant toutes les étapes de la création d'entreprise pour maximiser l'efficacité des interventions et éviter les redondances. Par exemple, un soutien intégré incluant formation, financement, mentorat et accès à des réseaux professionnels.

-Concertation avec les parties prenantes : impliquer toutes les parties prenantes, y compris les institutions, entreprises, associations, et bénéficiaires potentiels, dans la conception et l'implémentation des programmes actifs du marché du travail (PAMT) pour garantir qu'ils répondent aux besoins réels du marché et des bénéficiaires.

-Convergence des programmes : assurer une convergence des PAMT avec les autres programmes et politiques publiques pour maximiser leur impact. Par exemple, aligner les programmes de formation professionnelle avec les besoins des entreprises locales et intégrer les initiatives de soutien à l’entrepreneuriat aux politiques de développement économique régional.

Évaluation et adaptation continue

-Systématisation de l’évaluation : mettre en place une évaluation systématique des PAMT, de leur conception à leur implémentation, pour identifier les points forts et faibles et ajuster les programmes en conséquence. Utiliser des indicateurs de performance et des mécanismes de feedback réguliers pour adapter les programmes en fonction des résultats obtenus.

-Évaluation sectorielle : effectuer des évaluations spécifiques à chaque secteur économique pour adapter les programmes aux besoins et dynamiques propres de chaque secteur. Par exemple, adapter les programmes de formation aux besoins en compétences du secteur technologique ou agricole.

 Renforcement de la gouvernance et des capacités

-Renforcement des capacités : améliorer les compétences et qualifications des acteurs institutionnels et renforcer les capacités de l’ANAPEC en ressources humaines, systèmes d'information, et procédures. Par exemple, offrir des formations continues aux agents de l’ANAPEC et améliorer les infrastructures technologiques.

-Gouvernance et décentralisation : adapter la gouvernance des programmes pour favoriser la décentralisation et l'accès aux services pour les populations rurales. Par exemple, décentraliser les services vers les municipalités et bureaux locaux pour développer des actions spécifiques pour les communautés rurales.

Recours aux nouvelles technologies

-Intégration des nouvelles technologies : accélérer la mise en place de solutions technologiques pour optimiser les processus de recherche d’emploi, faciliter l’accès à la formation, et créer de nouveaux services. Par exemple, développer des plateformes en ligne pour offrir des cours à distance, des outils de matchmaking entre employeurs et demandeurs d’emploi, et des services de mentorat virtuel.

Optimisation des programmes spécifiques

-Adéquation formation-emploi : assurer que les formations offertes correspondent aux attentes et aux besoins du marché du travail en collaborant avec les universités et les entreprises. Par exemple, établir des partenariats pour offrir des stages et des formations pratiques.

-Surveillance des pratiques des entreprises : mettre en place des contrôles stricts pour surveiller les pratiques des entreprises et éviter la rotation excessive des stagiaires. Par exemple, effectuer des audits réguliers et instaurer des mécanismes de reporting transparents.

-Capitalisation sur les récents changements : consolider et promouvoir les améliorations récentes, comme la réduction de la durée du stage et la couverture médicale, pour renforcer l’attractivité des programmes.

Facilitation et appui à l'entrepreneuriat

-Renforcement de l’accompagnement post-création : améliorer l'accompagnement des entrepreneurs après la création de leur entreprise en offrant des services de mentorat, des réseaux de soutien, et des formations continues.

-Encouragement des projets prometteurs : mettre en place des concours de start-ups, des incubateurs, et des programmes de financement pour soutenir les jeunes entrepreneurs.

-Adaptation des dispositions législatives : simplifier les démarches et adapter les dispositions législatives pour faciliter la création d'entreprise, par exemple en proposant des processus d'enregistrement simplifiés et des exemptions fiscales temporaires.

-Mobilisation et diversification de l’appui financier : encourager les investissements privés et explorer de nouvelles sources de financement, comme les fonds de capital-risque et les programmes de microcrédit, pour offrir des options de financement diversifiées.

-Solutions pour les locaux et le foncier : proposer des solutions pour faciliter l’accès aux espaces de travail pour les jeunes entrepreneurs, par exemple en offrant des espaces de co-working subventionnés et des pépinières d'entreprises.

Amélioration de l’équité et de l'accessibilité

-Équité catégorielle et territoriale : étendre progressivement le programme "Taehil" aux non-diplômés et mettre en place des mesures d'appui à la mobilité pour garantir un accès équitable à la formation. Par exemple, introduire des bourses de mobilité et des dispositifs de formation décentralisés pour assurer l'égalité des opportunités.

-Solutions pour les locaux et le foncier : faciliter l’accès aux espaces de travail pour les jeunes entrepreneurs en offrant des espaces de co-working subventionnés, des pépinières d'entreprises, et des terrains à coût réduit pour soutenir les nouvelles entreprises.

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Le 23 juin 2024 à 10h08

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