img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
SOCIETE

FACT CHECKING. Y a-t-il réellement un recul du niveau de la mer au Maroc ?

Une dizaine de vidéos, largement diffusées sur les réseaux sociaux, prétendent depuis quelques jours qu'un tsunami pourrait déferler sur les côtes marocaines. Des images de reculs de la mer ont provoqué une vague d’inquiétude parmi les internautes, qu’en est-il réellement ?

FACT CHECKING. Y a-t-il réellement un recul du niveau de la mer au Maroc ?
Par
Le 27 juillet 2024 à 11h52 | Modifié 27 juillet 2024 à 12h21

Depuis près d'une semaine, de nombreuses vidéos ont largement relayé l'information selon laquelle un tsunami pourrait frapper les côtes marocaines. Ces vidéos s'appuient notamment sur les prédictions du prédicteur connu "Frank Hoogerbeets", annonçant un éventuel tsunami et des images montrant un recul du niveau de la mer sur une plage marocaine, un phénomène comparable à celui observé lors du tsunami de Java.

Bien que les prédictions du Néerlandais soient douteuses, elles ne concernaient pas le Maroc mais plutôt l'Égypte. Ces prédictions ont été formulées dans le contexte d'un séisme de magnitude 5,2 ayant frappé l’ile grecque de Crète le 21 juillet 2024 et ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux nettant l'accent sur la possibilité d’un Tsunami généré par ce séisme.

Si ce tremblement de terre en lui-même n'a pas entraîné de dégâts matériels ou humains, la prédiction de Frank Hoogerbeets a causé une panique généralisée et une prolifération de fake news dans plusieurs pays de l’Est de la mer Méditerranée, en particulier l’Egypte, la Libye, le Liban, la Syrie et la Palestine. Ci dessous, une vidéo montrant le recul de la mer au Sud de Sinaï en Egypt où les eaux sont retirées sur de grandes distances et des récifs coralliens sont apparus:

A cela s’ajoutent les rumeurs affirmant qu'un Tsunami frapperait les cotes méditerranéennes et que les autorités de l'Égypte, de la Libye et de la Tunisie, auraient ordonné la fermeture des plages. Des rumeurs dénuées de tout fondement.

FACT CHECKING. Y a-t-il réellement un recul du niveau de la mer au Maroc ?

Il est important de rappeler que des événements similaires se sont produits l’année dernière sans qu'aucun tsunami ne soit déclenché, ce qui tend à démentir ces rumeurs alarmistes et de confirmer l’impact du réchauffement climatique.

Après analyse, il s'avère que la majorité des vidéos partagées sur les réseaux sociaux marocains, illustrant un recul apparent du littoral d'une dizaine de mètres, ont été tournées dans des pays riverains de la Méditerranée orientale, tels que le Liban, l'Égypte et la Palestine. Les rares vidéos filmées sur les plages d'Oualidia, Asilah et de Saidia illustrent un phénomène naturel courant : la marée basse. Ces images ne révèlent aucune anomalie par rapport aux variations habituelles du niveau de la mer ou en les comparant avec ce qui se passe à l’Est de la méditerranée.

FACT CHECKING. Y a-t-il réellement un recul du niveau de la mer au Maroc ?
Marée basse normale dans la plage d'Asilah (source: réseaux sociaux)

Qu’est-ce qui se passe à l’Est de la mer Méditerranée ?

Les réseaux sociaux ont été inondés d'images montrant un recul inhabituel du littoral. En Égypte, ces images ont alimenté les craintes d'un éventuel tsunami pouvant frapper Alexandrie qui est la ville la plus proche de l'île grecque de Crète.

Les images ayant circulé sur les réseaux sociaux, montrant un recul inhabituel du littoral, ne peuvent être interprétées comme un signe précurseur de tsunami. La magnitude relativement faible du séisme en Crète, insuffisante pour déclencher un déplacement massif des fonds marins, exclut catégoriquement cette possibilité. Les tsunamis sont généralement associés à des séismes sous-marins de très forte magnitude, supérieure à 7 degrés sur l'échelle de Richter et se consomment automatiquement après le séisme et ne peut en aucun cas se prolonger sur plusieurs jours.

FACT CHECKING. Y a-t-il réellement un recul du niveau de la mer au Maroc ?

En revanche, il est plus probable que ce phénomène soit lié à une intensification des marées basses, favorisée par l'établissement d'anticyclones générant des hautes pressions atmosphériques. Également, le réchauffement climatique, en intensifiant les sécheresses, réduit les débits des fleuves, ce qui diminue les apports d'eau douce en Méditerranée, une mer semi-fermée dont le renouvellement dépend en grande partie du flux à travers le détroit de Gibraltar.

Y a-t-il réellement un recul du niveau de la mer au Maroc ?

L'analyse des données marégraphiques ne révèle aucune anomalie significative concernant une baisse du niveau de la mer au Maroc y compris El Jadida.

En principe, les variations du niveau de la mer sont principalement liées aux cycles lunisolaires. Lors des mortes-eaux, c'est-à-dire lorsque la Lune forme un angle droit avec la Terre et le Soleil, l'amplitude des marées est généralement plus faible (période du premier et derniers quartiers de la lune).

À l'inverse, les vives-eaux, coïncidant avec les phases de nouvelle lune et de pleine lune, sont caractérisées par des marées d'amplitude plus importante. Ces variations peuvent rarement dépasser les dizaines de centimètres. Sur le plan astronomique, la semaine en question correspond au dernier quartiers de la lune et qui est responsable des périodes de mortes-eaux après la formation de la lune compléte.

FACT CHECKING. Y a-t-il réellement un recul du niveau de la mer au Maroc ?
Enregistrement du marégraphe du port de Jarf Lasfar, le 24 juillet 2024.

Coïncidant avec l'installation de signalisation de route d’évacuation en cas de tsunami à El Jadida, de nombreuses rumeurs infondées se sont propagées sur les réseaux sociaux. L'absence d'information préalable de la part des autorités concernant ces travaux a contribué à alimenter l'inquiétude et la confusion au sein de la population, créant un terrain fertile pour la diffusion de fausses nouvelles.

FACT CHECKING. Y a-t-il réellement un recul du niveau de la mer au Maroc ?
Signalisation des itinéraires d'évacuation en cas de tsunami à El Jadida.

Ce projet de création de route d’évacuation entre dans le cadre du projet Coastwave visant à améliorer la résilience de la ville d’El Jadida contre les risques de Tsunami et qui sera la seconde ville africaine après la ville d'Alexandrie labellisée "Tsunami Ready".  Il s’agit d’un projet initié par l’UNESCO et mené au Maroc par l’Université Abou Chouaib Doukkali. A terme, un plan d’évacuation en cas de Tsunami sera opérationnel avec des exercices périodiques et qui pourront tester son efficacité.

Pourquoi est-il important de comprendre le risque de Tsunami

Le dernier tsunami ayant significativement impacté les côtes marocaines remonte à 1755, suite au puissant séisme de Lisbonne. Le risque de voir se produire un tsunami n'est pas uniformément réparti à la surface du globe. Bien que le Maroc ne soit pas à l'abri de tels événements, la fréquence et l'intensité potentielles des tsunamis y sont généralement moindres que dans les régions de l'Asie de l'Est, où l’activité sismique fréquente et violente augmente la probabilité de tsunamis plus dévastateurs.

En cas de tsunami, une réponse organisée de la société est importante pour limiter l'ampleur des dégâts humains et matériels. Le projet pilote d'El Jadida illustre l'importance d'une approche multidimensionnelle, combinant des actions de sensibilisation auprès de la population, la mise en place de plans d'évacuation efficaces et le développement de systèmes d'alerte précoce performants. Cette approche globale vise à renforcer la résilience des communautés côtières face aux risques naturels.

Un autre combat à mener est celui contre la désinformation. Il est urgent de lutter contre la propagation de fausses informations qui, en plus de semer le doute et la confusion, exacerbent le stress et l'anxiété ressentis par une population déjà éprouvée par le séisme d'Al Haouz.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 27 juillet 2024 à 11h52

à lire aussi

Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
BUSINESS

Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca

Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.

Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Mines

Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère

Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.

Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Quoi de neuf

Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage

Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.

Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
DIPLOMATIE

Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes

Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.

En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Quoi de neuf

Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises

Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.

Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
POLITIQUE

Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD

C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité