JO 2024. Maroc-États-Unis : les clés du match
L’équipe nationale olympique a l’occasion de réaliser un exploit historique ce vendredi 2 août (14 h) au Parc des Princes à Paris. Mais pour atteindre le dernier carré du tournoi de football des JO 2024, il faudra d’abord écarter les États-Unis en quart de finale. Bien que la sélection américaine possède la meilleure attaque du tournoi, elle reste vulnérable au milieu de terrain sur certaines phases de jeu.
Ce vendredi 2 août (14 h), le Maroc tentera de réaliser l'exploit inédit d'atteindre les demi-finales du tournoi de football des Jeux olympiques 2024. Cependant, Achraf Hakimi et ses coéquipiers auront fort à faire face aux États-Unis, sur la pelouse du Parc des Princes à Paris.
Le joueur du Paris Saint-Germain aura à cœur de briller dans son jardin. Il sera capitaine d’un onze classique, où l’on retrouvera Munir El Kajoui dans les cages. Grâce à ses parades décisives, le portier marocain a été l’un des artisans de la qualification du Maroc. Son expérience est tout aussi précieuse. Le nouveau gardien de la Renaissance Sportive de Berkane (RSB) commande de main de maître un quatuor défensif qui a peu de vécu.
Cet attelage composé d'Achraf Hakimi, de Oussama El Azzouzi (habituel milieu défensif), de Mehdi Boukamir (20 ans) et de Zakaria El Ouhadi (un droitier à gauche) a globalement donné satisfaction. Amir Richardson et Oussama Targhaline ne sont pas étrangers à la solidité défensive du onze national. Ils n’ont certes pas su maintenir l’équilibre du bloc équipe lors de la défaite face à l’Ukraine (2-1), mais leur capacité à annihiler les contres adverses a été prépondérante face à l’Argentine et à l’Irak.
Cette notion d’équilibre est primordiale car le Maroc aligne quatre joueurs à vocation offensive. Bilal El Khannouss a pour mission de maintenir le lien entre les milieux de terrain défensifs et les attaquants. Omniprésent dans la création, il est impliqué dans quasiment tous les buts inscrits par son équipe.
Sa capacité à apporter le surnombre sur les côtés est utile aux ailiers. Que ce soit Ilias Akhomach ou Abdessamad Ezzalzouli, ils bénéficient souvent d'une solution de passe grâce à Bilal El Khannouss. La présence du milieu de terrain leur permet également de se retrouver dans des situations de un contre un pour créer des déséquilibres, dont profite in fine Soufiane Rahimi.
Malgré une blessure à la cheville contractée face à l’Ukraine, l’avant-centre d’Al-Aïn (Émirats arabes unis) a serré les dents pour tenir sa place lors du dernier match, inscrivant au passage son quatrième but pour prendre seul la tête du classement des buteurs. Il sera donc encore plus attendu, aussi bien par les supporters que par les adversaires.
Si l’identité des onze joueurs sélectionnés par Tarik Sektioui fait peu de doute, l’incertitude demeure quant à leur capacité de récupération. En raison d’une préparation imparfaite, le sélectionneur a dû effectuer 13 remplacements en cours de match lors de la phase de groupes, afin de mieux gérer les formes disparates de ses hommes, qui disputeront leur quatrième rencontre en dix jours. Ce choix s’avère judicieux face à une sélection américaine dont les attaquants mettent à rude épreuve les défenses adverses.
Des qualités similaires mais des schémas de jeu différents
Le premier quart de finale des JO 2024 s’annonce prometteur. Il mettra aux prises deux équipes d’une grande qualité technique, mais qui exploitent cet atout de manière différente. La principale différence réside au moment de la récupération du ballon. D’un côté, le Maroc privilégie les redoublements de passes dans les petits espaces et les séquences de jeu construites.
De l’autre, les États-Unis favorisent la verticalité. La sélection américaine, qualifiée pour la compétition après avoir remporté le Championnat U-20 de la Concacaf 2022, compte sur des joueurs rapides, capables de se projeter rapidement dans le dos des défenses adverses.
Ce constat est corroboré par trois statistiques :
- 43% de possession en moyenne (15e du tournoi) ;
- 38 passes longues par match (6e) ;
- 10 hors jeu (2e).
Après un an et demi aux commandes des U-19 américains, Marko Mitrović a été promu à la tête de la sélection olympique en septembre 2023. Pour exploiter au mieux la vitesse de ses attaquants, le Serbe structure son équipe en 4-3-3, qui se transforme en 4-1-4-1 en phase défensive.
Ce schéma de jeu permet de maximiser le potentiel offensif des couloirs, avec deux ailiers très offensifs. Contrairement à d’autres équipes qui utilisent ce système pour la possession, la stratégie américaine privilégie les transitions rapides et verticales. La capacité du bloc marocain à éviter les situations de déséquilibre après une perte de balle sera cruciale.


Les latéraux devront être particulièrement vigilants, tant sur les passes en profondeur que sur les centres au second poteau. En phase de possession, les Lionceaux de l’Atlas devront se montrer habiles pour sortir du pressing américain en effectuant des passes vers l’avant. Lorsque le Maroc perd le ballon haut sur le terrain, les joueurs américains cherchent à le récupérer rapidement, mais se replient en bloc médian en cas d’échec.

Les Marocains devront trouver des solutions pour faire face au pressing adverse et tenter des contre-attaques avant que la défense américaine ne se restructure. Une première relance efficace peut permettre d’éliminer plusieurs joueurs américains. Par séquences, leur animation défensive repose sur un seul milieu reculé. Lorsque les milieux relayeurs sont plus haut, ce milieu défensif peut se retrouver démuni face aux grands espaces à couvrir.
Dans ce contexte, Soufiane Rahimi aura un rôle clé à jouer. Il devra varier ses actions offensives, en demandant le ballon dans les pieds ou en prenant la profondeur. Au-delà des aspects tactiques et physiques, le sort du match dépendra aussi de la détermination des Marocains à ne jamais lâcher et à croire en leurs chances jusqu’au bout.
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