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ECONOMIE

Résilience de l'économie marocaine en 2023 en dépit d'un contexte défavorable (Office des changes)

Malgré les défis majeurs que le Maroc a dû affronter en 2023, l’économie nationale a démontré une résilience remarquable. Face à une conjoncture internationale en perpétuel changement, à une crise climatique persistante et aux séquelles du séisme d’Al-Haouz, le Royaume a su tirer parti de ses ressources et stratégies pour soutenir une croissance significative.

Résilience de l'économie marocaine en 2023 en dépit d'un contexte défavorable (Office des changes)
Port de Tanger Med.
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Le 6 août 2024 à 14h36 | Modifié 6 août 2024 à 15h19

L’année 2023 a marqué un tournant pour l’économie marocaine, qui a enregistré une croissance de 3,4%, une amélioration notable par rapport à la faible performance de 2022. Selon le dernier rapport annuel de l'Office des changes, cette progression est principalement due à la contribution positive du secteur tertiaire, en particulier des activités d’hébergement et de restauration, qui ont connu une expansion impressionnante de 23,5%. Ce dynamisme, bien que moindre comparé à la hausse spectaculaire de 68% en 2022, souligne l’importance de ce secteur dans la résilience globale de l’économie marocaine.

Le secteur primaire, malgré des conditions climatiques défavorables, a également affiché une performance positive avec une croissance de 1,6%, en contraste frappant avec le recul de 11,8% enregistré en 2022. Cette amélioration s’explique par la forte reprise dans la pêche et l’aquaculture, secteurs qui ont su rebondir après une année 2022 difficile, avec une croissance de 7% contre une contraction de 20,8% un an auparavant. Cependant, l’agriculture, composante clé de l’économie marocaine, n’a réalisé qu’une croissance modeste de 1,4%, mettant en lumière les défis persistants auxquels ce secteur doit faire face, notamment en matière d’adaptation aux aléas climatiques.

Pressions inflationnistes et défis budgétaires

L’année 2023 a été marquée par une diminution progressive des pressions inflationnistes, favorisée par une baisse des cours internationaux des matières premières. Après un pic inquiétant de 10,1% en février 2023, le taux d’inflation a reculé pour atteindre 3,4% en décembre. Toutefois, sur l’ensemble de l’année, l’inflation moyenne s’est établie à 6,1%, légèrement en dessous des 6,6% de l’année précédente. Cette modération relative masque des disparités importantes entre les produits alimentaires, dont l’inflation a continué d’augmenter, atteignant 12,5%, et les produits non alimentaires, dont l’inflation a diminué à 1,7%.

Sur le plan des finances publiques, le Maroc a réussi à réduire son déficit budgétaire, qui est passé de -5,4% du PIB en 2022 à -4,4% en 2023. Cette amélioration découle principalement de la progression des recettes ordinaires, qui ont surpassé les dépenses, malgré un contexte économique tendu. Les recettes fiscales ont augmenté de 5,6%, tandis que les recettes non fiscales ont enregistré une hausse plus marquée de 16,8%. Les dépenses ordinaires, bien qu’en hausse de 1,8%, sont restées relativement contenues.

Un marché du travail en difficulté

L’un des aspects les plus préoccupants de l’économie marocaine en 2023 est sans doute la situation du marché du travail. Le pays a enregistré une perte nette de 157.000 postes, une aggravation par rapport aux 24.000 emplois perdus en 2022. Cette dégradation est principalement due à une baisse significative des emplois en milieu rural, où 198.000 postes ont été détruits, en grande partie dans le secteur agricole, forestier et de la pêche. En revanche, le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) ainsi que celui des services ont créé respectivement 19.000 et 15.000 emplois.

Le taux de chômage a ainsi grimpé à 13% au niveau national, en hausse de deux points par rapport à l’année précédente. Cette situation est particulièrement critique en milieu urbain, où le chômage a atteint 16,8%.

Le secteur extérieur : une lueur d’espoir

En dépit des difficultés internes, le secteur extérieur du Maroc a enregistré des performances relativement positives en 2023, marquées par un allègement du déficit commercial et une amélioration des échanges de services. Le déficit du compte courant s’est réduit de manière significative, passant de -47,3 MMDH en 2022 à -9 MMDH. Cette évolution est attribuable à la baisse des importations (-2,9%), et à une légère augmentation des exportations (+0,4%).

Les recettes provenant des voyages, en particulier, ont connu une hausse de 8,4%, atteignant 104,7 MMDH, dépassant ainsi les niveaux prépandémiques. Par ailleurs, les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont continué de croître, augmentant de 4,1% pour atteindre 115,3 MMDH en 2023, soutenant ainsi la balance des paiements.

L’économie marocaine en 2023 dresse un tableau complexe, où les signes de résilience cohabitent avec des défis persistants. La croissance, bien que soutenue par le secteur tertiaire, reste fragile, particulièrement face aux défis climatiques et aux tensions sur le marché du travail. Les progrès réalisés en matière de réduction du déficit budgétaire et de stabilisation de l’inflation témoignent d’une gestion macroéconomique efficace, mais les pressions sociales, notamment le chômage, exigent des réformes structurelles approfondies pour garantir une croissance inclusive et durable.

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Le 6 août 2024 à 14h36

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