img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
AGRICULTURE

L’amandier, une autre filière qui trinque à cause de la sécheresse

A l’image de plusieurs cultures arboricoles, l’amandier subit les effets néfastes de la sécheresse, en particulier dans les zones montagneuses. En revanche, l’impact des conditions climatiques est modéré dans d’autres bassins de production, notamment la région de Fès-Meknès, où la pénurie d’eau est moins prononcée.

L’amandier, une autre filière qui trinque à cause de la sécheresse
Chady Chaabi
Le 5 septembre 2024 à 10h30 | Modifié 5 septembre 2024 à 10h44

La stratégie agricole Génération Green mise sur les filières éco-responsables, dont l’amandier. Toutefois, la deuxième plus importante culture arboricole du pays par sa superficie (derrière l’olivier), n’est pas épargnée par la pénurie d’eau, en particulier dans les zones montagneuses. 

La superficie totale consacrée à la culture de l’amandier au Maroc est d’environ 230.000 hectares, générant une production supérieure à 170.000 tonnes d’amandes non décortiquées, selon les données de la FAO (2022). Ces chiffres positionnent le Maroc au 5e rang mondial des producteurs, derrière les États-Unis (1,8 million T), l’Australie (360.228 T), l'Espagne (245.990 T) et la Turquie (190.000 T). 

La production d’amandes au Maroc est dominée par les petites exploitations de moins de 1 hectare, représentant 80% des exploitations d’amandiers, y compris les variétés locales connues sous le nom de "Beldi". Ces variétés commencent généralement leur floraison au début du mois de février et nécessitent au moins 400 mm de précipitations annuelles pour garantir une production dans les vergers traditionnels situés en zones montagneuses.

Les plantations modernes d’amandiers se trouvent principalement dans les provinces de Fès, Meknès, Béni Mellal, Azilal, Marrakech, Safi et Essaouira. Selon la Direction régionale de l’agriculture de Fès-Meknès, la région (environ 100.000 hectares) a produit 93.835 tonnes d’amandes en 2023.

Les amandiers de la région Fès-Meknès relativement épargnés

Dans ce bassin de production, l’amandier continue de faire preuve d’une grande résilience. "Cet arbre est capable de résister à la sécheresse grâce à son système racinaire en pivot (une racine principale profonde qui s'enfonce verticalement dans le sol, permettant à l'arbre d'accéder à l'eau en profondeur et de s'ancrer solidement, ndlr)", explique Mustapha Mrhari à Médias24.

Le chef de division des filières de production agricole à la Direction régionale de l’agriculture de Fès-Meknès souligne également que la résistance de cette espèce fruitière varie "en fonction de son emplacement, notamment si l'amandier se trouve sur un versant exposé au soleil. Le type de sol a aussi son importance".

"Les zones bour sont généralement plus touchées par la sécheresse, reprend-il, mais dans la région de Fès-Meknès, les précipitations ont été favorables cette année, avec une moyenne de 300 mm, certaines zones ayant même reçu jusqu'à 500 mm. Par conséquent, les amandiers de la région ont été relativement épargnés par les effets de la sécheresse". 

Bien qu'il soit sensible aux gelées de fin d'hiver, l’amandier montre une bonne adaptation au froid hivernal. Cette capacité à s’acclimater aux conditions pédoclimatiques variées explique sa présence sur les flancs de montagnes, notamment dans la province d’Azilal. Cependant, comme les oliviers, les amandiers sont confrontés à la raréfaction des ressources hydriques, ce qui a eu un impact significatif lors de la floraison. 

Le rendement en baisse

La sécheresse peut en effet réduire la croissance des amandiers et diminuer le rendement des récoltes en limitant la disponibilité de l'eau nécessaire à leur développement. La région de l’Oriental, qui est la deuxième plus grande zone de production d’amande du Royaume, subit également des vagues de sécheresse successives. Ces conditions climatiques difficiles ont un impact notable sur les amandiers depuis quelques années.

Un article publié l’année dernière dans la revue "GéoMaghreb", rédigé par le Laboratoire de dynamique des milieux arides de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l'Université Mohammed Ier, à Oujda, dresse un bilan du Projet de développement de la filière de l'amandier dans la région de l’Oriental (PROFAO).

Initié par la précédente stratégie agricole nationale, le Plan Maroc Vert, le PROFAO a bénéficié à 2.631 agriculteurs. Des vergers d’amandiers d’une superficie totale de 6.000 ha ont été plantés et 3 grandes unités de valorisation ont été mises en place, avec une capacité de concassage de 700 à 1.000 kg/h.

Néanmoins, le contexte hydro-climatique défavorable a eu un effet considérable sur les amandiers plantés. Le rendement des arbres du projet a fluctué entre 0,3 et 9 kg par arbre, n'atteignant pas l'objectif d'une moyenne de 2 kg par arbre. Dès lors, l'amélioration des techniques d'irrigation est une nécessité pour minimiser l'impact de la sécheresse sur les cultures d’amandiers.

En outre, l’Institut national de recherche agronomique (INRA) recommande la sélection d'un porte-greffe autochtone d’amandier performant, capable de tolérer la sécheresse et de produire des rendements intéressants en culture pluviale. Le porte-greffe désigne la partie d’un arbre, dans ce cas de figure un amandier, sur laquelle une autre variété d’amandier est greffée. Ainsi, le porte-greffe aide à faire pousser d’autres amandiers de manière plus efficace et productive, en fournissant un soutien racinaire essentiel à la partie greffée.

Conjoncture amère pour les producteurs d’amandes douces

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Chady Chaabi
Le 5 septembre 2024 à 10h30

à lire aussi

La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka
Quoi de neuf

Article : La politique de l’eau, un enjeu de souveraineté nationale selon Nizar Baraka

Lors du MAP Town Hall organisé à Rabat, le ministre de l’Équipement et de l’Eau a détaillé cinq priorités : dessalement, interconnexions entre bassins, équité territoriale, préservation des ressources et valorisation de l’expertise marocaine à l’international.

Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance
TOURISME

Article : Tourisme : pourquoi l’objectif des 26 millions de visiteurs pourrait être atteint avec deux ans d’avance

Le tourisme marocain est en avance sur son propre calendrier. Alors que l’objectif officiel reste fixé à 26 millions de visiteurs en 2030, les performances récentes poussent déjà le secteur à préparer l’étape suivante : une nouvelle feuille de route pouvant viser 30 millions d’arrivées et près de 200 milliards de dirhams de recettes.

Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca
Quoi de neuf

Article : Formation continue : le CESE pointe un système trop complexe et trop concentré à Casablanca

En 2022, seuls 1.647 employeurs sur près de 315.000 cotisants ont bénéficié des contrats spéciaux de formation, selon le Conseil, qui recommande un fonds dédié, la digitalisation des démarches et un meilleur accès pour les TPME et les indépendants.

Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI termine en légère baisse le 3 juin 2026

L’indice principal s’est établi à 18.563,40 points, dans un volume d’échanges de 237,9 MDH sur le marché central, avec Managem, TGCC et Alliances parmi les valeurs les plus actives.

La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP
Mines

Article : La pyrite, vieux résidu minier devenu enjeu stratégique pour OCP

C’est l’histoire d’un minerai longtemps négligé qui revient au centre du jeu industriel. Alors que les prix du soufre atteignent des niveaux historiques, OCP prépare dès 2027 la récupération locale de pyrite et de pyrrhotite, avec Managem et d’autres acteurs miniers en toile de fond. Explications.

Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial
Quoi de neuf

Article : Après 17 ans, Lamia El Ghorfi quitte La Mamounia pour se consacrer à un projet familial

Après dix-sept années passées à La Mamounia, Lamia El Ghorfi a annoncé son départ de la Direction de la communication et des projets culturels. Elle indique vouloir se consacrer à un projet familial, tandis que son successeur sera dévoilé dans les prochains jours.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité