img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

5G, portail des services publics et incitations pour les start-up : les détails de la stratégie Maroc Digital 2030

Un portail unique regroupant tous les services numériques pour en faciliter l'usage aux citoyens et aux entreprises, des incitations pour les start-up afin d'en créer davantage, une meilleure couverture Internet pour atteindre 5,6 millions de ménages ayant accès à la fibre optique en 2030, et l'introduction de la 5G pour couvrir 70% du territoire national à l'horizon 2030... Tels sont les principaux chantiers de la stratégie Maroc Digital 2030, mis en avant par Ghita Mezzour, ministre de la Transition numérique et de la réforme de l'administration.

5G, portail des services publics et incitations pour les start-up : les détails de la stratégie Maroc Digital 2030
Cérémonie de lancement de la stratégie Maroc Digital 2030.
Par
Le 25 septembre 2024 à 16h20 | Modifié 25 septembre 2024 à 17h43

Après le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, c'est au tour de la ministre de la Transition numérique et de la réforme de l'administration de détailler la stratégie Maroc Digital 2030.

Lors de sa présentation, ce mercredi 25 septembre, son discours a mis au centre de cette stratégie la jeunesse et l'amélioration des services aux citoyens et aux entreprises, à travers notamment la création d'emplois et la digitalisation des services publics.

Deux axes principaux

Comme annoncé précédemment par le gouvernement, la stratégie Maroc Digital 2030 s'articule autour de deux axes principaux. "Le Roi Mohammed VI a appelé à faire du numérique un levier de croissance économique et sociale dans notre pays", a expliqué Ghita Mezzour lors de son intervention, soulignant que "le numérique offre plusieurs opportunités d'investissement, d'emploi et de croissance pour les jeunes, dont l'Etat doit profiter".

"Les technologies sont aussi un outil important pour faciliter l'accès du citoyen et des entreprises aux services publics, et réduire les délais ainsi que les besoins de se déplacer (...). C'est donc dans ce sens que cette stratégie a été conçue", a ajouté la ministre de la Transition numérique.

"La stratégie Maroc Digital 2030 se décline en deux importants axes :

- Le premier a trait à la digitalisation des services publics pour mieux servir les citoyens et les entreprises. "Mieux servir" est donc notre boussole dans cette stratégie, le but ultime étant d'atteindre la satisfaction du citoyen et de l'entreprise, qu'ils n'aient plus à se déplacer, en leur offrant des services fluides et en réduisant les délais.

- Le second consiste à dynamiser l'économie numérique pour produire des solutions numériques marocaines innovantes, créer de la valeur et de l'emploi pour notre jeunesse dans les différentes régions du pays, notamment à travers l'outsourcing, l'export digital des start-up et la digitalisation du tissu économique marocain pour augmenter sa productivité et sa compétitivité".

"Les catalyseurs de cette stratégie sont d'abord les talents digitaux", insiste Ghita Mezzour. "Le digital est un domaine de savoir par excellence et, au Maroc, nous avons la chance d'avoir une jeunesse qui se distingue dans le monde du digital. Notre objectif aujourd'hui est d'en former davantage, et ce, dans différentes régions du pays, tout en maintenant la qualité de cette formation".

"Le cloud et la connectivité sont également des catalyseurs de cette stratégie. Dans celle-ci, on parle du digital le plus innovant dans les dernières technologies, notamment l'intelligence artificielle, la cybersécurité et la blockchain.... Toutes les technologies émergentes sont donc au centre de cette stratégie".

Lancement prochain d'un portail unifié pour les services publics

Ghita Mezzour a insisté sur "l'usage pour tous et par tous". "Le service du digital doit être être utilisé par tous les Marocains dans le milieu urbain comme dans le rural, et par tous les âges".

Dans le premier axe de cette stratégie, "il y a l'enjeu de l'amélioration du classement du Maroc au niveau mondial en termes de digitalisation, pour avoir une mesure externe de notre amélioration."

"Cette amélioration dans le classement mondial se traduit au niveau national par l'amélioration des services pour les citoyens et les entreprises, en réduisant les délais des parcours, lesquels doivent être simplifiés par l'usage du numérique. Aujourd'hui nous disposons de 600 services digitaux publics, dont 300 pour les citoyens, 200 pour les entreprises et 100 pour les administrations publiques. Certains sont excellents. Mais, parmi les objectifs de cette stratégie, il n'est pas seulement question de se doter de solutions numériques. C'est plutôt d'adopter une approche parcours sur ces solutions, depuis le moment où l'usager désire, par exemple, créer un projet d'investissement, jusqu'à l'obtention de toutes les autorisations nécessaires".

"Pour ce faire, nous allons créer un portail unifié, facile et fluide. Ce portail sera lancé prochainement et regroupera tous les services numériques déjà disponibles au Maroc, pour que le citoyen puisse les connaître et les utiliser. C'est l'un des projets phares de cette stratégie, visant à augmenter la satisfaction et l'utilisation".

"Tous les ministères travaillent de manière acharnée sur le numérique, notamment le nôtre, en collaboration avec l'ADD, pour fournir un accompagnement sur mesure du projet de digitalisation".

"Un service inclusif destiné à tous les Marocains"

"L'autre enjeu, c'est d'avoir un service inclusif. Il ne s'agit pas d'avoir des services digitaux uniquement pour une tranche de la population. Tout le monde doit en bénéficier, pour réduire la fracture existante".

"Il y a également des enjeux réglementaires importants qu'il faut renforcer. Aujourd'hui, lorsqu'on présente un document digital à une autre administration, il arrive qu'il ne soit pas reconnu. Nous devons alors renforcer le cadre juridique avec le soutien du Secrétariat général du gouvernement (SGG) pour que ces documents digitaux aient le même soubassement juridique que le reste des documents juridiques".

"Le parcours englobe aujourd'hui plusieurs administrations. Certaines sont digitalisées tandis que d'autres non. Les citoyens se retrouvent alors à faire des allers-retours entre les administrations. Là, il s'agit de digitaliser le tout. Il ne s'agit donc pas d'acheter une solution numérique, mais plutôt de prioriser les parcours et de réduire le nombre de documents demandés par les administrations à travers l'interopérabilité. C'est également important que les fonctionnaires soient convaincus de ces changements, et qu'ils accompagnent les usagers, pour davantage de satisfaction".

Renforcement de l'outsourcing et de la formation des jeunes dans le digital

"Le deuxième axe vise pour sa part à dynamiser l'économie numérique pour qu'on soit un pays producteur", poursuit Ghita Mezzour. "Nous avons la capacité de le faire et de créer de la valeur pour notre jeunesse. Toutes les entreprises au Maroc sont conscientes que les talents marocains n'ont rien à envier aux talents d'ailleurs. C'est donc notre force et le moteur de cette stratégie".

"Aujourd'hui, il y a plusieurs entreprises qui font du Maroc une plateforme pour créer les dernières solutions numériques. On est le 2e pays en outsourcing en Afrique. C'est un secteur de 18 milliards de DH, qui emploie 140.000 personnes. Il s'agit donc de renforcer l'outsourcing et de l'accélérer pour atteindre 40 MMDH à l'export, en créant 140.000 emplois supplémentaires".

"Par ailleurs, pour former davantage de jeunes, des programmes sont déjà lancés au niveau de toutes les régions marocaines. On se positionne sur des filières à haute valeur ajoutée. Lorsqu'on parle d'outsourcing, c'est vraiment les dernières technologies, telles que l'intelligence artificielle et la cybersécurité que nous ambitionnons de renforcer".

"Nous allons également mettre en place des incitations simples dans le cadre du numérique avec une prime à l'emploi, développer les infrastructures d'accueil des parcs nearshore dans tout le pays, et promouvoir la destination Maroc et les opportunités qu'elle crée dans le digital".

Augmentation du nombre de start-up et des lauréats dans le numérique

"L'économie numérique passe aussi par les start-up qui nous permettent d'avoir des solutions innovantes marocaines, créent des opportunités d'emploi, ainsi que de la valeur. On a des ambitions d'en augmenter le nombre, et que certaines lèvent plus de fonds pour créer deux licornes en 2030", a souligné la ministre de la Transition numérique, expliquant qu'une licorne "est une entreprise valorisée à un milliard de dollars".

"Nous avons aussi prévu un financement durant le cycle de vie des start-up, et un accompagnement de qualité, en attirant les incubateurs internationaux et en renforçant les incubateurs marocains".

"L'offre de financement destinée aux start-up se traduit par la mise en place d'un nouveau mécanisme : la bourse de vie", a expliqué la ministre. "Aujourd'hui au Maroc, certains cadres avancés dans leur carrière, avec une grande expérience et un carnet d'adresses important, veulent créer leurs start-up, mais ont peur. Pour les encourager à sauter le pas, nous allons leur donner une bourse de vie, équivalente à un pourcentage de leur salaire".

Par ailleurs, "nous allons également mettre en place un label PME TECH pour les PME marocaines qui produisent de la technologie, ce qui leur donnera accès à la préférence nationale pour qu'elles puissent accompagner le tissu marocain. Un outil d'évaluation sera aussi mis en place pour les TPME marocaines, en soutien de leurs projets digitaux".

Les catalyseurs pour atteindre ces objectifs sont les talents digitaux, selon Ghita Mezzour. "Jusqu'en 2022, on avait entre 13.000 et 14.000 lauréats dans le digital par an. Notre objectif à travers cette stratégie est de passer à 100.000 par an. C'est une croissance énorme. C'est pour cette raison qu'avec le ministère de l'Enseignement supérieur, nous avons doublé, pour la rentrée universitaire 2023, le nombre de places dans les 12 universités publiques marocaines présentes dans les différentes régions".

"Pour assurer la qualité de ces formations, le ministère a aussi renforcé sa capacité institutionnelle, en recrutant plus de professeurs. Nous allons également signer une convention pour soutenir des thèses de recherche dans les domaines du digital les plus innovants, afin de constituer les nouvelles vagues de professeurs qui accompagneront ces formations".

"Il y a également un projet de reconversion pour les gens disposant de licences en mathématiques et en physique, ainsi que des bootcamps qui sont mis en place, en plus d'écoles de codage, sur tout le territoire marocain. Par ailleurs, un effort continu est fourni pour s'assurer que ces formations répondent aux besoins du marché de l'emploi".

5G : 70% du territoire national couvert à l'horizon 2030

Selon Ghita Mezzour, "les autres catalyseurs sont le cloud, avec la création d'un cloud public et un autre souverain, qui sera destiné aux données sensibles des administrations, en plus de la connectivité, qui est l'un des projets les plus attendus par les Marocains. En ce qui concerne la fibre optique, on ambitionne de passer de 1,5 million de ménages couverts en 2022 à 5,6 millions en 2030".

Egalement, en termes de couverture Internet, "nous avons dans le cadre de cette stratégie un projet qui vise à couvrir les 1.800 localités actuellement mal desservies, avec le soutien de l'Etat". Sa mise en œuvre est prévue à l'horizon 2026.

Pour ce qui est de la 5G, "elle sera introduite pour atteindre 25% du territoire couvert d'ici 2026, contre 70% en 2030", conclut la ministre.

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 25 septembre 2024 à 16h20

à lire aussi

FZ Mansouri veut poursuivre Barlamane en justice
Quoi de neuf

Article : FZ Mansouri veut poursuivre Barlamane en justice

Mise en cause par barlamane.com pour une affaire foncière, la maire de Marrakech annonce qu'elle va poursuivre ce journal en ligne ainsi que tout journaliste qui relaierait ces "allégations non fondées".

Météo: les prévisions du dimanche 25 avril 2026
Les prévisions quotidiennes

Article : Météo: les prévisions du dimanche 25 avril 2026

Voici les prévisions météorologiques pour le dimanche 26 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie : - Formations brumeuses matinales et nocturnes […]

Sahara: De Mistura évoque un “véritable élan” qui relance l’espoir d’une issue au conflit
NATION

Article : Sahara: De Mistura évoque un “véritable élan” qui relance l’espoir d’une issue au conflit

Comme prévu par la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025, le conseil de sécurité de l'ONY s'est réuni à huis clos pour faire le point avec l'envoyé personnel et l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara, au sujet de l'avancement des efforts de paix.

Immobilier. Les nouveaux choix d'investissement en 2026 à Casablanca
Actu immobilier

Article : Immobilier. Les nouveaux choix d'investissement en 2026 à Casablanca

À Casablanca, le marché immobilier change de configuration. La raréfaction des petites surfaces et la hausse des prix pèsent sur le résidentiel, tandis que des segments comme la logistique et l'industriel offrent aujourd'hui des rendements plus élevés. Dans ce contexte, les arbitrages des investisseurs évoluent selon les budgets et les opportunités. Décryptage avec Asaad Sadqi, président de l'Association régionale des agences immobilières Casablanca-Settat.

Un milliard sans garantie de l'État : comment la région Casablanca-Settat a réussi son pari obligataire
ECONOMIE

Article : Un milliard sans garantie de l'État : comment la région Casablanca-Settat a réussi son pari obligataire

La région Casablanca-Settat vient de clôturer sa première levée obligataire, une opération inédite pour une région. La levée est d'un montant d'un milliard de dirhams sur le marché des capitaux, dont 400 millions apportés par la Banque européenne (BERD). Le président de la région, Abdellatif Maazouz, revient sur les coulisses de cette opération, ses fondements financiers et les projets qu'elle est appelée à financer.

Carreaux céramiques : ouverture d'une enquête antidumping sur les importations indiennes
Quoi de neuf

Article : Carreaux céramiques : ouverture d'une enquête antidumping sur les importations indiennes

Le Maroc ouvre une enquête antidumping sur les importations de carreaux céramiques en provenance d’Inde. À l’origine de cette procédure, les industriels marocains du secteur dénoncent des pratiques de dumping et une hausse soutenue des importations indiennes, jugées menaçantes pour la production nationale.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité