L’or s’envole à 2.688 $ l’once, les réserves de Bank Al-Maghrib atteignent 2,1 milliards de dollars
Alors que les incertitudes économiques s'accumulent, l'or enregistre une nouvelle flambée historique. Porté par des tensions géopolitiques, la baisse des taux d'intérêt et l'approche des élections américaines, le précieux métal s'impose comme une incontournable valeur refuge, affichant une progression de 30% en moins d'un an. Les perspectives à long terme s'annoncent tout aussi optimistes, certains analystes anticipant le seuil des 3.000 dollars l'once dans les douze mois à venir.
Le cours de l’or connaît une nouvelle flambée spectaculaire, poursuivant une tendance haussière qui semble loin de s’essouffler. Le 17 octobre 2024, le prix de l’or a atteint un niveau record de 2.688 dollars l’once, établissant un nouveau sommet historique. Jamais auparavant ce seuil n’avait été franchi.
L'année 2024 a marqué une période particulièrement dynamique pour le marché de l’or, qui a pulvérisé six fois ses records historiques au cours des derniers mois. Cette hausse soutenue témoigne d’une demande robuste et persistante, alimentée par des facteurs conjoncturels qui ne semblent pas près de disparaître, laissant présager de futures augmentations.
Les tensions géopolitiques, les taux d’intérêt et l’incertitude électorale américaine propulsent l’or de 30% en 2024
Plusieurs éléments contribuent à cette ascension vertigineuse, parmi lesquels :
- Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, où se concentrent six des dix principaux producteurs de pétrole (Iran, Irak, Koweït, Qatar, Émirats arabes unis et Arabie saoudite), jouent un rôle clé. Toute instabilité dans cette région critique menace l'offre mondiale de pétrole, ce qui pourrait entraîner une flambée des prix de l'énergie. Par effet domino, cela risquerait de déclencher une vague d’inflation globale. Pour se prémunir contre ces incertitudes, investisseurs et ménages se tournent massivement vers l’or, valeur refuge par excellence, exacerbant ainsi la pression haussière sur son prix.
- La baisse des taux d’intérêt par la FED et la BCE, ainsi que leur forward guidance sur d’autres baisses dans les réunions prochaines, ce qui crée une sorte de hot money drainée vers un actif alternatif, et bingo, c’est l’or.
- L’implication accrue des banques centrales dans l’achat de l'or constitue un autre facteur crucial de cette montée en puissance. Depuis le début de l’année 2024, ces institutions ont procédé à des acquisitions massives, ce qui a renforcé la demande et soutenu la hausse des prix.
- Les élections américaines : à moins de trois semaines du scrutin, la course serrée entre Donald Trump et Kamala Harris renforce la prudence sur les marchés financiers, poussant de nombreux investisseurs vers des actifs refuges comme l’or.
Les réserves en or de Bank Al-Maghrib gagnent 484,5 millions de dollars en valeur
D’après le rapport annuel 2023 de Bank Al-Maghrib, les réserves d’or détenues par la Banque centrale marocaine sont restées stables à 22,12 tonnes, soit 780.260 onces (1 tonne = 35.273,94 onces), stockées à la fois au Maroc et auprès de dépositaires étrangers.
Le cours de l’or, qui s’établissait à 2.067 dollars l’once au 2 janvier 2024, a bondi à 2.688 dollars au 17 octobre, marquant une augmentation spectaculaire de 621 dollars par once, soit un gain de 30% en seulement dix mois. À ce prix, la valeur totale des réserves d’or du Maroc s’élève désormais à 2,1 milliards de dollars, générant ainsi un profit de 484,5 millions de dollars.
Depuis 2006, alors que l’or se négociait entre 500 et 600 dollars l’once, la valeur des réserves marocaines s’est appréciée de 1,6 milliard de dollars, soit une augmentation impressionnante de 348%.
Contrairement à la majorité des actifs financiers, l’or, en tant que métal précieux à forte valeur intrinsèque, a rarement connu des baisses prolongées. Ses fluctuations, bien que parfois à la baisse, s’inscrivent dans des cycles essentiellement haussiers sur le long terme.
Ainsi, l’or ne se limite pas à protéger l’épargne contre l’inflation : il offre également des rendements attractifs. Depuis le début de l'année 2024, sur une période de dix mois, le rendement est de 30%, une performance impossible dans d'autres classes d’actifs.
Vers un seuil de 3.000 dollars ?
Le contexte actuel favorise particulièrement une nouvelle progression des prix, aussi bien pour l’or que pour l’argent. La performance de l’or à court terme sera largement influencée par plusieurs indicateurs économiques majeurs, tels que la publication des ventes au détail et de la production industrielle américaines pour septembre. De plus, les rapports hebdomadaires sur les demandes d’allocations chômage seront scrutés de près par les investisseurs.
Des résultats économiques décevants pourraient alimenter les attentes d'une nouvelle baisse des taux par la Fed, renforçant ainsi la dynamique haussière de l’or. Par ailleurs, les déclarations des responsables de la Fed concernant l’évolution des taux d’intérêt seront également surveillées, car elles pourraient donner des signaux cruciaux pour les marchés.
Cependant, plusieurs obstacles pourraient freiner cette hausse. La montée des rendements des obligations du Trésor américain et le renforcement du dollar exercent une pression baissière sur l’or. Un dollar plus fort réduit généralement l’attrait des actifs libellés en dollars, comme l’or, pour les investisseurs étrangers, créant ainsi un vent contraire pour de nouveaux gains sur le marché de l’or.
À court terme, l’or semble entrer dans une phase de consolidation, où les prix pourraient stagner ou légèrement corriger. Toutefois, les perspectives à long terme restent résolument haussières. Si les données économiques continuent de décevoir et que les banques centrales maintiennent leur politique monétaire accommodante, le prix des 3.000 dollars l’once pourrait devenir une réalité.
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